Citroën les a fait tester par ses clients avant d’en détruire une partie : cette M35 a survécu

Publié le 13 août 2026 à 18:00
Citroën les a fait tester par ses clients avant d’en détruire une partie : cette M35 a survécu

Citroën comptait fabriquer 500 M35, mais seulement 267 ont vu le jour. L’exemplaire n°124 s’apprête aujourd’hui à passer sous le marteau sans prix de réserve.

Posée sur ses petites roues, avec sa silhouette de coupé atypique et ses ailes marquées "prototype Citroën M35 n°124", cette Citroën intrigue au premier regard. Il s’agit d’une Citroën M35 de 1970, expérimentale, animée par un moteur rotatif Wankel. L’exemplaire n°124 est aujourd’hui confié à Broad Arrow Auctions pour une vente aux enchères très attendue.

Conçue comme laboratoire roulant, la M35 devait d’abord servir à tester discrètement le Wankel sur route. Citroën visait 500 voitures, mais n’en a produit qu’environ 267, confiées à des clients sélectionnés pour un programme d’essai. Savoir qu’un exemplaire numéroté réapparaît sur le marché, sans prix de réserve annoncé, suffit à affoler les amateurs de curiosités françaises.

Citroën M35 : le drôle de coupé né pour le moteur Wankel

Derrière son air d’Ami 8 recoupée, la M35 reçoit une carrosserie spécifique dessinée et assemblée par Heuliez. Deux portes, quatre places, dont deux arrière plutôt symboliques, un long hayon et surtout la suspension hydropneumatique Citroën lui donnent des allures de mini‑DS. Freins à disque à l’avant et direction légère complètent ce cocktail très atypique pour un si petit gabarit.

Sous le capot prend place un bloc Comotor à rotor unique de 995 cm³, développé par la coentreprise créée par Citroën et NSU autour de la technologie Wankel. Ce moteur rotatif développe environ 49 ch et permet d’atteindre près de 144 km/h. La puissance passe par une boîte manuelle à quatre rapports, avec une montée en régime très fluide, typique du Wankel.

Un programme M35 réservé à des clients cobayes triés sur le volet

La M35 n’a jamais été un modèle de catalogue. Citroën la confiait à quelques clients passionnés, chargés de rouler beaucoup et de servir de cobayes. Leur mission était de parcourir environ 30 000 km par an et de remonter leurs remarques au réseau. En échange, la marque assurait un entretien privilégié du moteur rotatif, avec garantie spécifique et voiture de remplacement en cas de panne longue.

Pour rappeler ce rôle d’éprouvette, beaucoup de M35 portaient sur la carrosserie une mention indiquant qu’elles étaient en essai de longue durée chez un client Citroën. La fiabilité perfectible du Wankel, sa consommation et la complexité d’entretien ont rapidement inquiété le constructeur. À la fin du programme, Citroën a proposé aux propriétaires de conserver leur voiture ou de la restituer. Les exemplaires rendus ont été détruits, ne laissant survivre qu’une petite fraction de ces prototypes.

La M35 n°124, de la campagne française au musée Mullin puis à Broad Arrow

L’exemplaire mis en vente, numéroté 124, a d’abord roulé en France chez son premier client testeur, avant restauration puis passage dans une collection privée à Lyon. Au milieu des années 2000, le collectionneur américain Peter Mullin, grand amateur de Citroën, l’achète et l’importe en Californie. La M35 rejoint alors le Mullin Automotive Museum à Oxnard, où elle côtoie d’autres icônes françaises pendant plusieurs années.

À la dispersion de la collection de Peter Mullin, la M35 n°124 rejoint son actuel propriétaire. Ce dernier la confie aujourd’hui à Broad Arrow Auctions. La voiture n’affiche que 18 704 km au compteur, un chiffre étonnamment faible pour un prototype d’essai. Elle sera proposée sans prix de réserve le 14 août. Elle est estimée entre 26 000 et 35 000 €. Ce montant est en phase avec son pedigree d’usine et de musée.

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