Ce 4 cylindres pourrait bien faire trembler la 911 GT3 RS
En pleine ère électrique, Boreham Motorworks sort le Boreham TEN-K, un 4 cylindres 2,1 l. Ce bloc ultraléger promet une expérience mécanique radicale que peu de sportives osent encore approcher...
Un petit bloc de 2,1 litres qui prend 10 000 tr/min, sans turbo, tout en pesant à peine 85kg : sur le papier, cette fiche technique fait davantage penser à une mécanique de course qu'à un moteur pour voiture de route. Le régime annoncé tutoie le domaine de la compétition, là où la plupart des sportives modernes coupent bien avant ce cap symbolique.
Moteur Boreham TEN-K : dépasse-t-il la 911 GT3 RS ?
Derrière ce projet se trouve Boreham Motorworks, jeune structure
britannique qui relance la mythique Ford Escort Mk1
RS, avec l'aval officiel de Ford, équipée
d'un moteur maison baptisé Boreham TEN-K. Ce
quatre cylindres atmosphérique vient d'entrer dans
une phase de tests en véhicule, avec une
promesse simple : offrir une expérience
mécanique que l'on ne croise presque plus sur
route ouverte.
Conçu en interne pour la version RS de l'Escort
Mk1, le moteur Boreham TEN-K est un
quatre cylindres en ligne de 2,1 litres alimenté
uniquement par l'air ambiant.
Boreham Motorworks annonce 324ch à 10 000 tr/min,
ce qui donne plus de 157ch par litre. Autrement dit, ce petit
bloc atteint une puissance
spécifique supérieure à celle du six
cylindres 4,0 litres de la Porsche 911 GT3 RS, créditée de
525ch, soit un peu plus de 131ch par litre et une
zone rouge fixée à 9 000 tr/min. Boreham
Motorworks promet en prime pour son 2,1 litres
"une réponse à l'accélérateur tranchante comme un couteau et un
déploiement de puissance linéaire".
Pour atteindre ces chiffres impressionnants, le
Boreham TEN-K s'appuie sur une
architecture très moderne. Il adopte une culasse à
16 soupapes, un double arbre à cames en tête
entraîné par courroie. Le
constructeur met aussi en avant "une géométrie
de port inspirée de la Formule 1", associée à une
électronique moteur développée en
interne afin d'obtenir une réponse à
l'accélérateur particulièrement spontanée. Sur le
banc, le bloc est déjà décrit comme dépassant les
attentes, la société expliquant
qu'il "dépasse les objectifs de développement en matière de
performance".
Moteur Boreham TEN-K : un quatre cylindres de 85 kg
L'autre facette clé de ce moteur
Boreham TEN-K tient à son poids très
contenu : seulement 85kg, un chiffre
inhabituel pour un bloc routier
de cette cylindrée. Boreham Motorworks a travaillé
systématiquement l'allègement, avec un
vilebrequin et des bielles forgés
allégés, un réservoir d'huile de carter sec et un
couvercle d'arbre à cames usinés dans l'aluminium.
D'autres éléments structurels sont réalisés via une
technologie de moulage par impression 3D à parois
minces. Cette approche, selon la marque,
"permet un bloc moteur sculpté, formé de près autour des
composants internes". L'ensemble autorise un carter
moteur aux parois très fines qui
enveloppe au plus près les organes en
mouvement.
La mise au point de ce quatre cylindres est
supervisée par Simon Goodliff, directeur technique
du groupe DRVN Automotive, et Laine
Martin, responsable de la division
Powertrain, qui cumulent plus de trente ans
d'expérience dans le développement de groupes
motopropulseurs chez Ford. Après six mois de passages au banc et de
travail de calibration, le moteur a été installé
dans la Ford Escort Mk1 RS
modernisée, couplé à un essieu arrière inédit
: "Le Boreham TEN-K est le résultat du travail inlassable
de notre équipe de développement moteur", explique
Iain Muir, directeur général de
DRVN Automotive, à nos confrères de chez Auto
Motor und Sport.
Au-delà des chiffres spectaculaires, le Boreham TEN-K marque surtout le retour d’une philosophie mécanique que l’on croyait perdue : celle d’un moteur léger, atmosphérique, rageur et conçu pour l’émotion pure.


