BMW dévoile une innovation pour sauver les boîtes manuelles des conducteurs inexpérimentés
BMW a breveté en Allemagne une boîte manuelle capable de bloquer les rétrogradages les plus dangereux. Jusqu’où ce filet de sécurité pourra-t-il protéger les moteurs des conducteurs les moins aguerris ?
Rétrograder trop bas en pleine accélération, entendre le moteur hurler puis se taire : ce scénario hante bien des amateurs de boîte de vitesses manuelle. Sur des sportives puissantes, une seule erreur de levier peut suffire à détruire la mécanique et à laisser une facture à plusieurs milliers d’euros... BMW, l’un des derniers constructeurs premium à proposer encore des boîtes manuelles, travaille sur une parade très concrète. Un brevet BMW, déposé auprès de l’office allemand des brevets en 2022, décrit une transmission capable de bloquer les rétrogradages destructeurs, en particulier lors d’un fameux "money shift". De quoi s’agit-il exactement, et comment cela peut-il aider les conducteurs les moins aguerris ?
Le "money shift", erreur qui coûte très cher
Dans le vocabulaire anglo-saxon, le terme money
shift désigne un passage de rapport raté où le conducteur
engage par erreur un rapport inférieur au lieu du rapport supérieur
suivant, par exemple seconde au lieu de quatrième en pleine charge,
une fausse manœuvre qui peut provoquer un sur-régime brutal. Cela
peut fortement endommager le moteur, aussi bien que la boîte que
l’embrayage.
BMW vise précisément à éliminer ce risque. Le
constructeur rappelle que ses dernières sportives
à trois pédales : M2, M3, M4, bientôt privées du
roadster Z4, s’adressent à
des passionnés, mais pas forcément à des experts du talon-pointe.
Les rumeurs estiment que la boîte manuelle a chez BMW "les jours
comptés jusqu’en 2030", ce qui renforce l’intérêt d’un système qui
protège une technologie en fin de carrière...
Une boîte manuelle qui verrouille les mauvais rapports
Le brevet décrit une unité de verrouillage qui
traverse toutes les grilles de rapports, sur le modèle du verrou
déjà utilisé pour empêcher le passage involontaire de la marche
arrière. Concrètement, des capteurs détectent le rapport
sélectionné et la vitesse de rotation du vilebrequin, voire la
vitesse de l’axe moteur ou du véhicule. Le calculateur décide alors
si le rétrogradage demandé maintiendra le moteur dans une zone sûre
; dans le cas contraire, le levier est physiquement empêché
d’entrer dans la grille concernée.
Le système reprend donc l’idée d’un "reverse lockout"
appliqué à tous les rapports, en temps réel. Il
s’inscrit dans la continuité d’un précédent brevet de 2012, où BMW
avait imaginé une boîte manuelle à 7 ou 8 rapports utilisant un
fluide magnétorhéologique ou électrorhéologique pour interdire
certains rapports au-delà d’une certaine vitesse. Ce nouveau
dispositif pourrait totalement être "licencié à d’autres
constructeurs", moyennant redevances. Sur la route comme sur
circuit, ce verrouillage intelligent agit comme un garde-fou contre
les erreurs de jugement, en particulier lors d’une conduite
sportive où la sélection de rapport se fait vite. Le système ne
remplace ni l’apprentissage de la pédale d’embrayage ni la bonne
anticipation, mais il limite le risque de sur-régime catastrophique
lors d’un rétrogradage trop ambitieux.
BMW n’a pas annoncé de modèle de série équipé de cette boîte pour l’instant. Les futures générations de M2, M3 et M4, déjà en développement, apparaissent toutefois comme des candidates naturelles à cette protection mécanique, qui pourrait rendre la boîte manuelle moins intimidante pour un public plus large tout en prolongeant la vie de ce type de transmission...


