Cette Datsun 280Z toute rouillée cache un V12 Mercedes dément
Partie d’une Datsun 280Z dénichée aux États‑Unis, l’histoire de ce swap V12 Mercedes dépasse le simple délire de garage.
Cette vieille Datsun oubliée dort dans un garage américain, entourée d’outils et de morceaux de métal. Puis le moteur démarre. Sous ce capot cabossé a pris place un énorme V12 Mercedes venu d’une Mercedes SL600. Un bloc 6,0 litres tout alu qui développe environ 394 ch et 570 Nm de couple. Les Datsun 240Z, 260Z et 280Z ont été produites à près d’un demi‑million d’exemplaires, dont 90 % vendus aux Etats‑Unis, de quoi en faire des bases idéales.
Une Datsun 280Z devenue laboratoire mécanique
Au départ, deux ingénieurs américains, Michael Tung et Jordan Easter, tombent sur ce moteur de limousine vendu 600 $ (environ 550 €) à la casse. Ils l’achètent presque sur un coup de tête, avec l’idée de l’installer dans une voiture légère pour une course de côte, l’Empire Hill Climb. La vieille Datsun 280Z, trouvée bon marché, devient rapidement la candidate idéale.
L’auto reste visuellement dans son jus : peinture marbrée, pare‑chocs piqués, habitacle simplifié. Les propriétaires assument ce contraste entre carrosserie fatiguée et mécanique de supercar. L’important se passe sous la tôle. A l’origine, la 280Z reçoit un six‑cylindres en ligne en fonte. Le nouveau bloc, lui, est en aluminium et affiche un poids très proche, ce qui préserve l’équilibre de la voiture.
Un V12 Mercedes M120 sous le capot de la Datsun
Le cœur de l’engin, le moteur M120, vient des grandes berlines et coupés haut de gamme Mercedes des années 90, ainsi que du roadster SL600. Ce V12 de 6,0 litres développe environ 394 ch et 570 Nm dans sa configuration d’origine. On le retrouve aussi, dans une version retravaillée, au cœur de la supercar Pagani Zonda. Dans la petite Datsun, cette réserve de puissance change complètement la donne.
Dans son usage d’origine, ce V12 est associé à une boîte automatique douce. Ici, il est relié à une boîte manuelle Tremec T56 Magnum à six rapports, adaptée grâce à un volant moteur et à des pièces usinées sur mesure. Le carter d’huile a été revu pour passer au‑dessus du train avant, et le freinage modernisé avec des disques arrière inspirés de Nissan 240SX et 300ZX.
Un son de Formule 1 et un swap inimaginable en France
Le dernier chantier en date concerne l’échappement. Les collecteurs ont été refaits avec des longueurs de tubes égales, comme sur une monoplace, afin que les douze cylindres respirent au même rythme. Résultat : le V12 ne grogne plus comme une limousine, il hurle dans les tours avec un timbre évoquant une Formule 1 ou certaines Zonda. Les vidéos publiées sur la chaîne YouTube TungTied font le reste.

Pour un passionné français, un tel montage resterait presque forcément cantonné à la piste, tant une greffe de V12 de près de 400 ch sur une ancienne homologuée route serait compliquée (pour ne pas dire impossible) à faire accepter. Aux Etats‑Unis, cette liberté technique donne naissance à des hybrides improbables. Cette Datsun 280Z au V12 Mercedes illustre cette envie de mélanger patine, ingénierie maison et bande‑son de supercar.














