Après les records, la chute : la "meilleure voiture électrique chinoise" tombe à 45 ventes en un mois

Publié le 3 février 2026 à 19:06
Le YU7 GT devrait reprendre des codes du SU7 Ultra

Présentée comme la berline électrique chinoise ultime, la Xiaomi SU7 Ultra a affolé les compteurs avant de s'effondrer à 45 ventes en décembre 2025. Entre prix délirant, polémiques et accidents, cette chute interroge alors que Xiaomi prépare son arrivée en Europe.

En quelques mois, ce qui était présenté comme la "meilleure voiture électrique chinoise au monde" a changé de visage. Berline vedette de Xiaomi, la SU7 Ultra alignait records de vitesse, carnet de commandes plein et files d’attente dans les concessions. Aujourd’hui, ce modèle vitrine se retrouve quasiment boudé par les clients chinois.

Car derrière le vernis technologique, les chiffres se sont effondrés. Lancée fin février 2025 comme version la plus radicale de la Xiaomi SU7, concurrente annoncée de la Tesla Model 3, l’Ultra est passée de milliers d’exemplaires écoulés chaque mois à une poignée seulement en décembre. Une chute qui interpelle tout le secteur.

De la Xiaomi SU7 Ultra triomphante aux premiers signes de fatigue

Au lancement, la berline électrique de Xiaomi paraissait imbattable. Avec ses trois moteurs de 1 548 ch, un 0 à 100 km/h annoncé en 1,98 seconde et 350 km/h en pointe, la Xiaomi SU7 Ultra a signé en juin environ 7 min 04 au Nürburgring, record pour une berline électrique.

Commercialisée à partir du 27 février 2025, la voiture a immédiatement trouvé son public. En mars, il s’est vendu environ 3 100 exemplaires, puis entre 2 000 et 3 000 unités chaque mois jusqu’en août. Le tarif, lui, donnait déjà le ton : 529 900 yuans, soit autour de 65 000 €, quand la SU7 standard et le SUV YU7 démarrent vers 30 000 €.

Une dégringolade des ventes jusqu’à 45 voitures en décembre

À partir de septembre, la courbe s’est retournée brutalement. Ce mois-là, seules 488 SU7 Ultra ont été écoulées, puis 130 en octobre et 80 en novembre, avant de toucher un plancher historique en décembre 2025 avec seulement 45 voitures vendues. Sur l’année, le modèle dépasse tout de même les 10 000 exemplaires, objectif initial fixé par Lei Jun, le patron de Xiaomi.

La chute ne s’explique pas par un désamour pour la marque dans son ensemble, mais par un cocktail explosif autour de l’Ultra. Son prix très élevé l’isole d’un marché chinois devenu ultra concurrentiel. Des accusations de publicité trompeuse sur un capot purement décoratif facturé environ 5 500 €, des critiques sur des acomptes obligatoires jugés trop lourds, puis plusieurs accidents médiatisés avec portes difficiles à ouvrir ou conduite autonome mise en cause ont érodé la confiance.

Un échec de vitrine, mais une stratégie Xiaomi qui reste offensive

Pendant que l’Ultra cale, le reste de la gamme porte Xiaomi Auto. En décembre 2025, la Xiaomi SU7 standard a atteint 11 123 ventes et la YU7 a dépassé 39 000 unités. Sur l’année, Xiaomi a livré plus de 411 000 voitures et vise 550 000 ventes en 2026.

Le constructeur prépare déjà son arrivée en Europe en 2027 avec les SU7 et YU7, beaucoup plus abordables que l’Ultra facturée 529 900 yuans, soit près de 65 000 €. Pour les conducteurs français, l’enjeu sera moins la puissance que la confiance dans la sécurité.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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