Renault Mégane R.S (2004-2008) : que vaut-elle sur le marché de l’occasion ?
C’est à partir de la deuxième génération de Mégane que Renault Sport a pu exprimer tout son talent. Un très bon choix… à condition d’éviter les exemplaires modifiés.
Cette Mégane fait figure de haut de gamme sportif chez Renault. Dessinée par Patrick Le Quément, elle emprunte beaucoup au monde de l’architecture avec son design structuré pour le moins clivant, en rupture avec les rondeurs de la première mouture.
Renault Mégane R.S. : équipée du 4 cylindres 2.0 F4RT
La poupe étonne le plus, en héritant de quelque « gimmicks »
inaugurés sur l’Avantime, avec des feux venant
déborder sur le dessus du hayon, ce dernier adoptant une lunette
quasi verticale, légèrement bombée.
Si la carrosserie 3 portes apparaît encore plus singulière de
profil avec la découpe en arche de sa surface vitrée, Renault
laisse le choix avec la 5 portes, peu répandue. Sous le capot, on
retrouve le 4 cylindres 2.0 F4RT, un bloc
dont la fiabilité n’est plus à prouver.
Dès 2005, la série limitée Trophy obtient
un châssis sport plus affûté. Et en 2006, elle monte encore le
curseur en gagnant 5 ch à travers la déclinaison F1 Team R26 (230
ch), dotée pour la première fois d’un châssis cup plus rigide et
d’un différentiel à glissement limité. Une version « collector »
qui a séduit 3 700 clients à l’époque.
Mais l’apothéose survient en octobre 2008 avec l’introduction de
la radicale R26.R, allégée de 100 kg grâce à
la suppression de la banquette arrière et à l’adoption de
nombreuses pièces en carbone, comme le capot.
Cette version R.S. R26.R taillée pour la
piste (arceau, baquets avec harnais 6 points…), produite à
seulement 126 exemplaires, peut atteindre quelque 48 000 € avec un
faible kilométrage. Heureusement, dans l’immense majorité, cette
Mégane R.S. s’affiche en moyenne à 20 000 € pour un modèle de 2007
avec moins de 130 000 km.
La carrosserie et la structure
Si cette Mégane R.S. a été proposée en
berline 5 portes, c’est surtout en 3 portes qu’on la croise. Son
style clivant est curieusement magnifié par un kit carrosserie qui
lui va à ravir. Construite majoritairement en acier, excepté les
ailes avant et les boucliers qui sont en composite, elle bénéficie
d’ajustages soignés.
Mais avec le temps, la brillance des
peintures peut s’altérer sur les modèles négligés dormant
dehors. À noter que le Jaune Sirius, spécifique aux
R.S., est assez prisé des amateurs.
Enfin, la R26.R dispose de nombreux
éléments exclusifs en carbone, comme le capot avant. Une pièce qui
a tendance à chauffer à cause de la proximité du moteur,
entraînant des réactions du vernis (cloques), et qui est
devenue indisponible en neuf.
L'intérieur
La Mégane R.S. reprend l’aménagement de
la Mégane de deuxième génération, et ce n’est
clairement pas son point fort. La finition, très plastique, est
légère. L’ensemble adopte les sièges baquets enveloppants, dont le
bourrelet extérieur a tendance à s’user côté conducteur.
Les séries limitées Trophy, mais aussi
F1 Team R26 et R26.R
apportent un vrai « plus » en qualité perçue grâce aux nombreuses
pièces spécifiques badgées, renforçant l’exclusivité du modèle.
À l’usage, certaines commandes en plastique peuvent rendre l’âme,
et il n’est pas rare qu’une vitre électrique reste bloquée dans la
portière. L’électronique embarquée ne pose pas de problème
particulier, excepté le calculateur moteur en cas de
reprogrammation.
Le moteur
Cette première Mégane R.S. hérite
d’un 4 cylindres 2.0 F4RT à 16 soupapes et turbo
retravaillé en profondeur par Renault Sport. On a
désormais assez de recul pour dire que ce bloc est fiable, à
condition de le laisser d’origine et de suivre les préconisations
d’entretien.
Pour une simple révision avec vidange et changement des filtres, à
faire tous les 20 000 km, comptez 399 € dans le réseau. Tous les
60 000 km, il faudra remplacer les
bougies, pour 169 €. La plus grosse
intervention concerne le changement de la courroie
de distribution, à faire tous les cinq ans dans la limite de 120
000 km.
Une opération facturée 1 740 €, dans le réseau, avec la pompe à
eau. Comme sur tous les moteurs turbo, il convient de respecter les
temps de chauffe et de refroidissement à chaque
usage intensif.
Le seul souci rencontré a trait au calculateur moteur qui peut se
montrer défaillant en cas de reprogrammation. Une pièce difficile à
réparer, qui vaut environ 800 €.
La transmission
Cette Mégane R.S. utilise exclusivement une excellente boîte manuelle à 6 rapports, très bien guidée et étagée (façon « 5+1 » pour abaisser la consommation et le niveau sonore sur les parcours autoroutiers). Cette boîte est fiable, et sa seule faiblesse concerne une pièce d’usure incontournable, l’embrayage, qui peut tenir largement plus de 100 000 km. Tant mieux, car cet élément n’est pas donné : comptez 2 147 € dans le réseau, main‑d’œuvre comprise.
Les trains roulants
Malgré quelques remontées de couple dans le volant, la
Mégane R.S. offre un comportement d’une
redoutable efficacité pour une traction. En contrepartie, elle a
tendance à user rapidement ses pneus (615 €
par train en Michelin 18”), mais aussi ses freins Brembo.
Pour un ensemble disques avant et plaquettes,
prévoyez 735 € avec la main‑d’œuvre, dont 335 € pour les
seules plaquettes. Les amortisseurs sont chers – 1
558 € pour le jeu avant et 718 € pour l’arrière –, mais ils peuvent
supporter plus de 150 000 km.
Au‑delà de ces frais, sachez que certaines pièces commencent à
manquer, comme les triangles de suspension,
spécifiques aux R.S. Il en va de même des
porte‑pivots, qui s’usent avec le temps. Les rotules se
trouvent encore au détail, mais comptez 1 600 € avec la
main‑d’œuvre pour un seul côté.
Renault Mégane R.S : quels sont les coûts d’entretien ?
Abordable à l’achat, cette Mégane R.S. l’est un peu moins en entretien, notamment à cause des pneumatiques qui ont tendance à s’user rapidement. Pour parcourir 10 000 km, comptez 1 700 € environ.

Renault Mégane R.S : les tarifs en occasion
Entre un modèle de base en berline dépassant les 130 000
km proposé à 11 000 € et une plus rare F1 Team
R26 de 230 ch 3 portes de kilométrage comparable, il
existe déjà une différence notable de 8 000 €
environ. Reste « le cas » R26.R, un collector,
souvent peu kilométré il est vrai, qui s’affiche encore à plus de
45 000 € !
Le choix du spécialiste
« Cette première Mégane R.S. est un modèle bien
né, et sa fiabilité est éprouvée. En revanche,
on rencontre souvent des problèmes mécaniques
sur les exemplaires qui ont été modifiés pour gagner
en performances. Je recommande de vraiment sélectionner une
voiture restée conforme à l’origine. Cette génération commençant à
être déjà un peu âgée, certaines pièces viennent à manquer,
comme les porte‑pivots par exemple. Enfin, à titre
personnel, j’ai une nette préférence pour la R26.R,
un vrai kart homologué pour la route. »
Guillaume Le Roux, spécialiste Renault Sport –
Alpine (tél. : 01.39.07.12.50)
Le choix de sport auto
À moins d’être juste en budget, on évitera une berline 5
portes de base (225 ch), pour préférer la version 3
portes. Si la R26.R est la plus désirable, le
meilleur compromis prix-plaisir-exclusivité reste une F1 Team R26,
dotée du différentiel et de 230 ch.
Certaines Renault sportives sont devenues
mythiques, et il y a fort à parier que cette première
Mégane siglée « R.S. » connaisse une
trajectoire ascendante. Un statut enviable et justifié pour cette
compacte attachante, qui concernera surtout les versions les
plus exclusives, en coupé.














