F1 - Quel est le vrai déficit du V6 Renault ?

Christian Horner et Cyril Abiteboul ne sont pas d'accord sur le niveau du moteur Renault. Les discussions pour 2019 se poursuivent.
Red Bull met souvent l'accent sur son manque de puissance pour
expliquer son retard sur Mercedes et Ferrari. Mais quelle est
l'ampleur de ce retard ? L'équipe n'est pas du même avis que
Renault, son motoriste. Christian Horner est satisfait des
nouveautés apportées à Montréal mais il estime que le retard reste
important en qualifications.
« Nous avons fait de gros progrès mais il nous en faut
plus, » a déclaré le patron de Red Bull Racing à Franck
Montagny dans Formula One sur Canal +. « Il en faut toujours
plus ! Notre faiblesse est le samedi après-midi. Si on pouvait
faire un peu mieux en qualifications, nous pourrions gagner plus de
courses. »
Il juge le retard important : « Le samedi, parfois c’est une
demi-seconde. En course, avec les progrès effectués, c’est très
bien. Il faut vraiment se concentrer sur les
qualifications. »
Abiteboul n’est « vraiment pas d’accord »
Interrogé à son tour, Cyril Abiteboul, le directeur général de
Renault, a préféré rire lorsque Franck Montagny lui a fait part de
l’estimation de Christian Horner.
« On n’est vraiment pas d’accord, » a-t-il commenté
(vidéo). « Pas une demi-seconde. D’ailleurs, ce
n’est pas ce qui les séparait (des leaders, en qualifications). Il
y avait 0,17 je crois, (...) à la pole. Je sais qu’ils sont
extrêmement fiers de leur châssis, mais c’est faux. C’est juste
faux. »
Abiteboul chiffre à « 10 ou 15 kW, maximum » le retard en
qualifications, soit une vingtaine de chevaux : « Cela a tout
de même un impact. C’est ce dont on a parlé, plutôt deux
dixièmes. »
Renault est proche en rythme de course et le groupe propulseur va
encore évoluer : « En course, on est quasiment à parité avec
la référence, » souligne Abiteboul. « Et on ne va pas
s’arrêter là. On a une grosse évolution qui arrive avec le spec C,
qui sera une plus grosse évolution que le spec B. II y a encore
beaucoup de choses. On sait, en même temps, que Mercedes va arriver
avec un nouveau moteur qu’ils n’ont pas pu introduire (à Montréal)
donc on reste calme. C’est une course contre beaucoup de monde et
des gens très performants. »
« En mode qualifs, (...) on commence à comprendre des choses.
On travaille sur des programmes. Cela va prendre un petit peu de
temps mais je ne suis absolument pas d’accord avec le 0,5sec ou
0,6sec de Christian. »
« Mais on n’est jamais d’accord sur la mesure de la
performance. Un jour, il en parlera avec quelqu’un d’autre que
Renault et ce jour là va approcher, parce qu’il va falloir qu’ils
prennent une décision, et on ne va pas attendre
éternellement. »
Renault ne veut plus attendre longtemps
Renault attend en effet une décision de Red Bull pour son moteur
en 2019. L’équipe veut continuer ses évaluations entre le V6 français et celui
de Honda au Paul Ricard, mais Abiteboul s’impatiente.
« La réponse approche, » promet-t-il. « Red Bull
(...) a encore parlé d’une date. Ca change tout le temps. Ce devait
être ici (à Montréal), après au Grand Prix de France, maintenant au
Grand Prix d’Autriche. »
« Ce ne sera pas au Grand Prix d’Autriche. Au Grand Prix
d’Autriche, il n’y aura plus d’offre disponible, ce sera
directement avec Honda qu’il faudra en parler. Je ne veux pas
donner une date butoir parce que ce n’est pas le genre de la
maison. On travaille ensemble depuis 12 ans. Mais on ne pourra plus
garantir l’offre que l’on a faite au delà de quelques jours. Il
faut qu’ils prennent leur décision et ils ont toutes les
informations maintenant pour décider. »














