Ferrari F40 EVO : un V12 de 800 ch et un bras de fer juridique avec Maranello ?
Cette Ferrari F40 EVO artisanale de StanceWorks affole les puristes. Son créateur assure pourtant rester hors de portée des avocats de Maranello, en jouant avec la frontière de la contrefaçon.
Sur YouTube, un châssis tubulaire nu, des panneaux de F40 et un énorme V12 posé au milieu : la création de Mike Burroughs, fondateur de StanceWorks, fascine les fans de Ferrari. Son projet, baptisé Ferrari F40 EVO, part d’une carrosserie authentique de F40 greffée à un V12 de 812 Superfast pour donner une hypercar artisanal unique. Mais derrière le rêve d’ingénieur, une question revient sans cesse...
Ferrari F40 EVO : une vraie peau de F40, mais pas "une Ferrari"
Depuis des mois, les commentaires répètent la
même angoisse : "Ferrari va te tomber dessus, non ?",
résume-t-il. Dans son dernier épisode, l’Américain
répond frontalement et explique pourquoi il pense dormir
tranquille. Selon lui, si Maranello devait réagir,
le courrier d’avocat serait déjà arrivé. Reste à comprendre comment
il joue avec l’image de Ferrari sans franchir, justement, la ligne
rouge.
Son auto réunit de vrais panneaux de F40, un châssis
tubulaire maison et un V12 F140 d’812 Superfast
donné pour environ 800 ch. L’habitacle restera celui d’une
voiture de course, sans luxe ni climatisation, une
machine brutale. Burroughs assure construire une
F40 dans l’esprit, pas une Ferrari sortie d’usine.
Il prend un risque : il appelle sa voiture "F40", car elle en
reprend la silhouette et les proportions.
Pour se justifier, il cite le cas des Protofab Mustang en
compétition historique, où personne ne s’amuse à dire qu’une auto
tubulaire "n’est pas une Mustang". On l’identifie pour ce qu’elle
représente. Selon lui, l’hommage devient
contrefaçon seulement quand commence l’usurpation de
marque or ici ce n'est pas le cas.
Ce que Ferrari surveille vraiment : le "branding", pas les préparations
Dans sa vidéo, Burroughs rappelle que Ferrari
se préoccupe moins des préparations extrêmes que
de ce qu’il appelle le "branding" : les emblèmes, l’usage du nom,
l’exploitation de l’identité de la marque. Il évoque une autre
affaire, où le problème n’était pas la personnalisation en soi mais
l’image renvoyée par cette Ferrari recopiée. C’est là qu’il place
sa ligne de défense.
Sur sa F40 EVO, aucun cheval cabré, aucun logo Ferrari, aucun lettrage officiel. Il insiste sur le
fait qu'il ne présente pas sa création comme "une Ferrari" au sens
légal ou commercial, mais comme sa propre interprétation de
la F40, montrée sur YouTube. Tant qu’il reste dans ce
cadre, il estime que la marque ne peut pas
l’accuser sérieusement de contrefaçon Ferrari.
La firme italienne mène une lutte active contre les fausses
Ferrari et les produits dérivés copiés, allant jusqu’à
faire détruire des répliques et à récompenser les signalements.
Burroughs sait avec qui il joue. Il répète que si
Ferrari devait réagir, ce serait déjà fait, et
mise sur le fait que sa voiture reste un exemplaire unique,
présenté comme un projet personnel, sans badges ni
fiche commerciale Ferrari.
Son discours rejoint les grands principes du droit des marques : le risque naît quand le public peut confondre un projet artisanal avec un modèle officiel. Ici, Burroughs joue sur la silhouette et le mythe, pas sur le nom Ferrari comme argument de vente. Il le précise, ce n’est pas un avis d’avocat, seulement sa façon de tracer la frontière entre passion, hommage appuyé et faux bon pour la broyeuse de Maranello.



























