Ferrari F40 EVO : un V12 de 800 ch et un bras de fer juridique avec Maranello ?

Publié le 21 février 2026 à 11:00
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Cette Ferrari F40 EVO artisanale de StanceWorks affole les puristes. Son créateur assure pourtant rester hors de portée des avocats de Maranello, en jouant avec la frontière de la contrefaçon.

Sur YouTube, un châssis tubulaire nu, des panneaux de F40 et un énorme V12 posé au milieu : la création de Mike Burroughs, fondateur de StanceWorks, fascine les fans de Ferrari. Son projet, baptisé Ferrari F40 EVO, part d’une carrosserie authentique de F40 greffée à un V12 de 812 Superfast pour donner une hypercar artisanal unique. Mais derrière le rêve d’ingénieur, une question revient sans cesse...

Ferrari F40 EVO : une vraie peau de F40, mais pas "une Ferrari"

Depuis des mois, les commentaires répètent la même angoisse : "Ferrari va te tomber dessus, non ?", résume-t-il. Dans son dernier épisode, l’Américain répond frontalement et explique pourquoi il pense dormir tranquille. Selon lui, si Maranello devait réagir, le courrier d’avocat serait déjà arrivé. Reste à comprendre comment il joue avec l’image de Ferrari sans franchir, justement, la ligne rouge.
Son auto réunit de vrais panneaux de F40, un châssis tubulaire maison et un V12 F140 d’812 Superfast donné pour environ 800 ch. L’habitacle restera celui d’une voiture de course, sans luxe ni climatisation, une machine brutale. Burroughs assure construire une F40 dans l’esprit, pas une Ferrari sortie d’usine. Il prend un risque : il appelle sa voiture "F40", car elle en reprend la silhouette et les proportions.
Pour se justifier, il cite le cas des Protofab Mustang en compétition historique, où personne ne s’amuse à dire qu’une auto tubulaire "n’est pas une Mustang". On l’identifie pour ce qu’elle représente. Selon lui, l’hommage devient contrefaçon seulement quand commence l’usurpation de marque or ici ce n'est pas le cas.

Ce que Ferrari surveille vraiment : le "branding", pas les préparations

Dans sa vidéo, Burroughs rappelle que Ferrari se préoccupe moins des préparations extrêmes que de ce qu’il appelle le "branding" : les emblèmes, l’usage du nom, l’exploitation de l’identité de la marque. Il évoque une autre affaire, où le problème n’était pas la personnalisation en soi mais l’image renvoyée par cette Ferrari recopiée. C’est là qu’il place sa ligne de défense.
Sur sa F40 EVO, aucun cheval cabré, aucun logo Ferrari, aucun lettrage officiel. Il insiste sur le fait qu'il ne présente pas sa création comme "une Ferrari" au sens légal ou commercial, mais comme sa propre interprétation de la F40, montrée sur YouTube. Tant qu’il reste dans ce cadre, il estime que la marque ne peut pas l’accuser sérieusement de contrefaçon Ferrari.
La firme italienne mène une lutte active contre les fausses Ferrari et les produits dérivés copiés, allant jusqu’à faire détruire des répliques et à récompenser les signalements. Burroughs sait avec qui il joue. Il répète que si Ferrari devait réagir, ce serait déjà fait, et mise sur le fait que sa voiture reste un exemplaire unique, présenté comme un projet personnel, sans badges ni fiche commerciale Ferrari.

Son discours rejoint les grands principes du droit des marques : le risque naît quand le public peut confondre un projet artisanal avec un modèle officiel. Ici, Burroughs joue sur la silhouette et le mythe, pas sur le nom Ferrari comme argument de vente. Il le précise, ce n’est pas un avis d’avocat, seulement sa façon de tracer la frontière entre passion, hommage appuyé et faux bon pour la broyeuse de Maranello.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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