McMurtry Automotive célèbre dix ans d’ingénierie hors normes
McMurtry Automotive fête dix ans d’ingénierie radicale avec la Spéirling PURE. Reste à voir jusqu’où cette mini-usine poussera encore les lois de la physique.
Dans les collines des Cotswolds, une petite structure bouscule les géants de l’auto : McMurtry Automotive. Pour ses dix ans, la marque britannique met en avant sa fan‑car électrique McMurtry Spéirling PURE, une hypercar de piste capable de rivaliser avec les meilleures monoplaces.
McMurtry Spéirling PURE : dix ans pour passer du croquis au record
En une décennie, la petite équipe est passée du prototype bricolé en atelier aux records absolus : course de côte de Goodwood en 39,081 secondes, tour le plus rapide du circuit de l’émission Top Gear, et même roulage quelques secondes au plafond. L’anniversaire s’accompagne d’un film souvenir, mais surtout de l’ouverture d’une usine dédiée et des premières Spéirling PURE prêtes pour des clients. L’aventure démarre en 2015, quand Sir David McMurtry propose à l’ingénieur de Formule 1 Thomas Yates de créer une nouvelle marque centrée sur la performance pure. McMurtry Automotive naît en 2016 avec six ingénieurs et un premier prototype, le D01 : 660 kg, 400 ch, 40 kWh et un comportement de superbike sur quatre roues. Brillant sur le plan technique, beaucoup moins sur le plan commercial. Le tournant vient quand Sir David lance, en pleine discussion technique, un conseil resté célèbre : "Ah, il suffit de l’aspirer au sol !". L’équipe ressort alors l’idée des fan-cars des années 1970, comme les Chaparral 2J et Brabham BT46B, et la réinvente avec une architecture 100 % électrique. Entre 2018 et 2021, ce travail accouche du prototype Spéirling, qui se fait remarquer en compétition avant de servir de base à la Spéirling PURE dévoilée en 2026.
Une fan-car électrique qui réinvente la performance sur circuit
Ce qui distingue la Spéirling PURE, c’est son
système breveté de Downforce-on-Demand : deux
ventilateurs aspirent l’air sous la voiture, qui se retrouve
littéralement plaquée au sol. L’auto génère ainsi jusqu’à 2 000 kg
d’appui dès l’arrêt, encaisse 3 g en virage comme au freinage et
catapulte de 0 à 100km/h en 1,55 seconde. Une batterie de 100 kWh
alimente un moteur arrière de 1 000 ch, dans une
coque carbone fermée à un seul siège. Malgré ces chiffres, la
Spéirling PURE reste très compacte, avec environ 1
350 kg sur la balance et un empattement de 2,20 m.
McMurtry prévoit 100 exemplaires, facturés autour
de 995 000 livres pièce, soit environ 1,15 million d’euros hors
taxes. Sur piste, la voiture roule 40 à 50 km à rythme de prototype
LMP2 avant une recharge de 20 à 95 % en 20 à 60 minutes. Le concept
se veut presque "clé en main" : une
journée circuit est gérable avec un pilote et un ami un peu
technicien, sans équipe de course complète.
À l’origine, il y a le parcours d’ingénieur de Sir David
McMurtry. Chez Rolls-Royce, il travaille sur
les moteurs du Concorde et invente une sonde de
mesure ultra précise. Ses outils de métrologie finissent par
équiper une grande partie de l’industrie
mondiale.
Autour de la Spéirling PURE, McMurtry réunit 100 personnes, plus de 20 brevets et de nombreux kilomètres d’essais : "Les dix prochaines années seront encore plus excitantes...", annonce Thomas Yates, alors que l’usine de Wotton-under-Edge monte en puissance.














