Essai - Cupra Formentor VZ5 (2026) : le genre de folie qui devient rare...

Publié le 20 mars 2026 à 10:00
Mis à jour le 20 mars 2026 à 11:10
Essai - Cupra Formentor VZ5 (2026) : le genre de folie qui devient rare...

Encore récente, la marque Cupra a besoin de se faire connaître. C’est pourquoi elle persiste à proposer le 5 cylindres Audi dans son Formentor VZ5 restylé, malgré les foudres d’un malus français délirant. Ce genre de folie devient si rare qu’on en oublie presque qu’il s’agit d’un SUV.

Les constructeurs en quête d’image sont parfois ceux qui nous réjouissent le plus. C’est pour exister face à Mercedes et BMW qu’Audi inventa le Quattro et sa Groupe B du même nom au début des années 1980. Un fauve qui était animé par un 5 cylindres turbo dont les envolées sonores à base de feulements enragés et de soupapes de décharge en folie restent encore dans bien des mémoires.
Quarante ans plus tard, l’histoire s’est répétée chez Cupra, qui a eu l’idée de glisser en 2023 l’héritier de ce moteur mythique sous le capot du Formentor, son premier modèle original non dérivé d’une Seat. Une façon de proclamer que sa vocation sportive n’était pas qu’une posture.
Quelques mois après le restylage en 2025 de ce SUV aux lignes très travaillées, l’espagnol ne retourne pas sa veste et relance à nouveau cette version début 2026 sur notre marché, comme si la passion n’avait que faire des 80 000 € de malus dont elle est désormais affublée… Sa limite de production fixée à 4 000 unités ne risque pas de frustrer les concessionnaires français de la marque.

Cupra Formentor VZ5 : inchangé

La démarche ne manque donc pas de panache mais, me direz-vous, le Formentor demeure un indécrottable SUV, dont le marché est déjà plus que saturé. Les temps ne sont pourtant plus à jouer les bégueules : on ne peut ignorer les rares lueurs de passion lorsqu’elles s’illuminent. D’autant que dans cette grande famille d’empesés, le Formentor ferait plutôt figure d’éléphanteau : beaucoup plus bas que la moyenne de ses congénères L avec 1,51 m de haut, il profite d’un centre de gravité plus favorable et sa masse reste inférieure à 1 800 kg, ce qui passerait presque pour un exploit dans notre folle époque.
Hormis le 5 cylindres de 390 ch et sa transmission intégrale, sa fiche technique, totalement inchangée depuis 2023, coche quelques bonnes cases, à commencer par le montage de série d’un différentiel à vectorisation de couple à l’arrière, évidemment chipé chez Audi. Il reçoit également d’office l’amortissement piloté DCC, lequel propose une amplitude de réglages impressionnante, de même qu’un freinage assuré par des étriers six pistons mordant des disques de 375 mm.
Les lettres de créance portées par le VZ5 sont décidément toujours aussi sérieuses. A son volant, on retrouve rapidement ses marques, d’autant que les évolutions tiennent du détail : un nouvel écran central plus gros et un tout nouveau système multimédia fort bien pensé. On peut goûter ou détester la couleur cuivre omniprésente, signature de la marque, mais on est bien à bord d’un produit du groupe Volkswagen « grande époque », quand la qualité d’assemblage et de finition était une valeur cardinale du groupe.
On retrouve également les baquets très soignés, qui garantissent un maintien impeccable. Le volant reprend les deux boutons de démarrage et de mode de conduite placés à l’intérieur de la jante, un pastiche de Ferrari dont on aurait peut-être pu se passer. Il est temps cependant d’allumer le 2.5 TFSI, qui s’ébroue avec son enthousiasme habituel, que les filtres à particules ne sont pas parvenus à totalement étouffer.
Rien n’a changé depuis 2003 : les chiffres de puissance et de couple sont rigoureusement identiques et le passage aux dernières normes semble avoir été réalisé sans douleur. A la première accélération, sa bande-son évoque toujours aussi efficacement le Groupe B, et sa manière de libérer sa puissance reste jubilatoire.
Bien sûr, il développe un maximum de couple sur toute sa plage d’utilisation, mais sa réponse n’est, Dieu merci, pas linéaire ; son turbo délivre toujours ce jouissif petit coup de pied aux fesses à mi-régime et sa rage de monter jusqu’à 7 000 tr/mn demeure intacte. Un vrai joyau, et ce n’est pas parce que nous l’avons maintes fois fait rugir que nous ne continuerons pas à le célébrer : face aux 4 cylindres suralimentés qui règnent partout, y compris dans la gamme Cupra, la richesse des sensations qu’il propose apparaît tout simplement sans comparaison.

Cupra Formentor VZ5 : pardonné

Tout SUV qu’il est, le Formentor a déjà le mérite de ne pas édulcorer cette personnalité extravertie, mais plutôt de l’accompagner avec beaucoup d’à-propos. Certes, il ne maîtrise pas totalement ses mouvements de caisse, surtout si on ne règle pas la suspension pilotée au maximum de sa dureté, et on l’imagine bien mal à son aise sur une piste de circuit.
Mais dans les enchaînements de virages serrés de l’arrière-pays catalan, le bougre nous a filé une sacrée banane. Le différentiel Sport Quattro limite le sous-virage, et le freinage se montre à la hauteur des événements. Il met en confiance le moins doué des pilotes du dimanche grâce à des qualités non mesurables en chiffres : le caractère communicatif de son châssis et un véritable équilibre, qui permettent de réapprendre l’ABC du transfert de charge. C’est l’avantage d’une auto qui prend encore un peu de roulis et de gîte.
Le VZ5 offre même à ceux qui aiment le spectacle un mode Drift qui consomme très efficacement la gomme des pneus arrière. Il est aussi, rappelons-le, un client très sérieux devant le chronomètre. Nous avions mesuré 4’’1 au 0 à 100 km/h et 22’’8 au kilomètre D.A. en 2023 et rien ne laisse penser que le bestiau ait perdu de sa verve depuis.
Bref, il fait si bien mentir son espèce qu’on lui pardonne presque le manque de ressenti de sa direction et sa boîte DSG un brin caricaturale dans sa gestion, molle en mode Normal et un peu trop énervée en Cupra. Et pour ne rien gâcher, il conserve les qualités qu’on attend de ce type de format, à savoir un coffre logeable, une habitabilité correcte et un confort somme toute très acceptable.

L'avis de Camille Pinet : 4/5

Comme les autres copains de Sport Auto, les SUV, ce n’est pas mon truc. Et pourtant, j’ai passé un très bon moment au volant du VZ5. La mélodie du 5 cylindres n’est sans doute pas pour rien dans le plaisir qu’il m’a fait vivre.

Cupra Formentor VZ5 : fiche technique

  • Moteur : 5 en ligne, turbo, 20 S
  • Cylindrée : 2 480 cm 3
  • Puissance maxi : 390 ch à 5 700 tr/mn
  • Couple maxi : 48,9 mkg à 2 250 tr/mn
  • Transmission : intégrale, 7 rapports à double embrayage
  • Antipatinage/autobloquant : de série, déconnectable/central
  • L - l - h : 4 484 - 1 852 - 1 505 mm
  • Empattement : 2 681 mm
  • Pneus AV & AR : 255/35 R 20
  • Réservoir : 55 l
  • Poids annoncé : 1 701 kg
  • Répartition AV/AR : 58/42 %
  • Prix de base : 78 785 €
  • Prix des options/malus : NC/80 000 €
  • Prix du modèle essayé : 158 785 € (hors options et malus compris)
  • V. max. : 280 km/h
  • 0 à 100 km/h : 4’’2

Retrouvez notre essai du Cupra Formentor VZ5 dans le Sport Auto n°769 du 30/01/2026.

Nos marques populaires Voir tout

Sport Auto