Essai - Maserati MCPura Cielo (2026) : tous charmes déployés (+ images)

Publié le 13 mars 2026 à 10:00
Essai - Maserati MCPura Cielo (2026) : tous charmes déployés 

Changement de nom, chirurgie esthétique de détail et poursuite d’une même philosophie : le très grand tourisme plus que la performance à tout prix. Avec la MCPura Cielo, Maserati offre son interprétation de la sportive de voyage, avec toit escamotable, tous charmes déployés.

Autant l’avouer : Maserati fait partie des marques qui déclenchent en moi un mélange de désir et d’approbation. Bref, un préjugé favorable, c’est-à-dire le pire ennemi pour un essayeur censé aborder chaque nouveau modèle sans favoritisme.
La venue de la MC20, il y a déjà cinq ans, a ravivé les souvenirs du temps où se disputait régulièrement le tournoi de Modène, entre Lamborghini, Ferrari et Maserati ; j’étais lecteur passionné de Sport Auto et, entre la spectaculaire Countach, la majestueuse Testarossa et la subtile Bora, si belle et si différente, ma préférence allait déjà à la Maserati.
Quant à ce nom de Pura Cielo, il se veut l’enseigne de la pureté technique, de la pureté de performances, de la pureté de sensations, nous allons voir ce qu’il en est. Eh bien, après les premiers kilomètres à bord, la piste du souvenir de la Bora, maintes fois essayée depuis mes premières amours par magazine interposé, me paraît bien plus intéressante.
Que la Pura soit performante, ce ne sera une surprise pour personne. Qu’elle offre une façon bien à elle de partager la vie avec une GT découvrable, c’est peut-être ce sur quoi la marque devrait davantage insister.

Maserati MCPura Cielo : vraiment nouvelle ?

On reconnaît la MCPura d’une MC20 par de timides retouches de style. La face avant est plus acérée, la poupe entièrement revue dans l’esprit de la version GT2 Stradale, avec des échappements à présent séparés, et le profil est modifié par un dessin des jupes qui favoriserait l’écoulement de l’air et contribuerait à la déportance.
Comme la MC20, restée trop rare avec environ 4 000 exemplaires vendus, ne nous a pas usé les yeux, il n’est pas commode de distinguer les deux générations ; en plus du logo MCPura apposé sur le flanc, le signe le plus clair sera la bouche plus avancée, rappelant les GranTurismo.
Pour le reste, le trait initial garde son élégance, l’ouverture des portières en élytre apportant au dessin plutôt sobre une touche d’exotisme. L’habitacle change plus nettement. Le volant est différent, avec un méplat dans sa partie haute et le bouton de démarrage intégré.
On ne se souvient pas que l’autre ait manqué de quoi que ce soit, mais en tout cas, celui-ci offre une bonne préhension et les très longues palettes de la boîte huit construisent un vrai confort de conduite. Maserati mise beaucoup sur l’atmosphère de bord, finition soignée et priorité donnée à l’Alcantara par rapport au cuir.
On peut doser sur option les garnitures carbone, à l’intérieur tout autant qu’à l’extérieur. L’informatique de bord évolue aussi, avec deux écrans, l’un en guise de tableau de bord, l’autre au centre, tactile, pour les trop nombreux menus de confort.
Heureusement, le choix du mode de conduite demeure à disposition via une grosse molette sur la console. Cinq menus au total, les plus radicaux, Sport et Corsa, ne différant que par le recul des seuils des aides électroniques pour le premier ou leur ablation totale pour le second.

Maserati MCPura Cielo : voyageuse

Non, la MCPura (ajoutez « Cielo » pour le cabriolet) n’est pas une nouvelle voiture, c’est un restylage de la MC20 du même nom, et si vous êtes l’heureux possesseur du modèle précédent, inutile de recasser votre tirelire pour obtenir le dernier dixième.
D’ailleurs, les motoristes n’ont pas été priés par le marketing d’ajouter l’habituelle poignée de chevaux, plus ou moins théorique, mais qui frustre subtilement le propriétaire de « l’ancienne », celle qui fait « seulement » x chevaux.
Le chiffre reste le même, 630 ch, au même régime de 7 500 tr/mn, très beau générique qui suffit à notre admiration quand on lit la fiche technique. Ce V6 Nettuno n’a pas de défaut, le couple est partout, la progressivité parfaite, l’afflux de puissance réjouit le pied droit.
Il offre quelques caractéristiques propres à faire rêver l’amateur sensible au romantisme mécanique, avec sa très originale pré-chambre de combustion, sa double injection et ses douze bougies. La lubrification se fait par un rassurant système à carter sec, toujours garant d’une meilleure fiabilité.
Un bémol ? Oui : un caractère trop lisse, justement, car Maserati nous avait habitués à des moteurs plus communicatifs. Le châssis, sur les très petites routes italiennes où la voiture nous était confiée, près de Carrare, s’avère précis et vif, autant qu’on en rêve… ou plus exactement autant qu’on aurait osé en rêver si l’on n’avait pas déjà conduit par ailleurs des cabriolets encore plus aigus.
De l’architecture à moteur central, la MCPura Cielo tire l’équilibre, la relative compacité, l’ambiance. Mais cette agilité presque brutale des voitures manifestement plus destinées aux track days, la MCPura Cielo s’en prive délibérément, en n’adoptant pas les suspensions plus fermes de la GT2 Stradale, ce qui aurait sans doute satisfait les essayeurs d’un jour mais certainement compromis le confort de voyage. Et même modifié l’attitude de conduite.
Telle qu’elle est, c’est-à-dire un peu raffermie tout de même par rapport à la précédente version, la Cielo privilégie le rythme au chrono, mais franchement, le compromis retenu nous a séduits. Il laisse même entrevoir des pertes d’adhérence assez précoces des larges roues arrière, pourtant bien chaussées par Bridgestone.
A propos de voyage, le cabriolet dispose de deux coffres, 50 litres à l’avant, soit une valise-cabine et deux manteaux, et 100 litres à l’arrière. Mais si vous voulez apporter un petit pot de beurre à votre mère-grand, garez-le exclusivement à l’avant ! À l’arrière, la proximité du calorifuge de 630 ch peut carrément vous cuire un ordinateur, expérience hélas vécue.

L'avis de Robert Puyal : 4/5

La Cielo reste ce qu’elle était, une excellente grand tourisme découvrable, très vigoureuse et toujours confortable. La dernière pointe d’acuité sportive, elle décide de l’échanger contre une bienveillance et une sûreté de chaque instant, ce qui est une très belle formule du plaisir de conduire.

Maserati MCPura Cielo : sa fiche technique

  • Moteur : V6, biturbo, 24 S
  • Cylindrée : 3 000 cm3
  • Puissance maxi : 630 ch à 7 500 tr/mn
  • Couple maxi : 74 mkg à 3 000 tr/mn
  • Transmission : roues AR, 8 rapports à double embrayage
  • Antipatinage/autobloquant : de série déconnectable/piloté, en option
  • Poids annoncé : 1 560 kg à sec
  • L - l - h : 4 667 - 1 965 - 1 214  mm
  • Empattement : 2 700 mm
  • Pneus AV & AR : 245/35 R 20 & 305/30 R 20
  • Réservoir : 60 l
  • Prix de base : 263 550 €
  • Prix des options/malus : 145 740/80 000 €
  • Prix du modèle essayé : 489 290 € (malus compris)
  • V. max. : 325 km/h
  • 0 à 100 km/h : 2’’9

Retrouvez notre essai de la Maserati MCPura Cielo dans le Sport Auto n°769 du 30/01/2026.

Nos marques populaires Voir tout

Sport Auto