Quand les freins ont la fièvre
Lorsque l’interdiction de ravitailler en course a été annoncée
pour 2010, une des principales préoccupations des ingénieurs a été
de retoucher le système de freinage des monoplaces pour assurer un
fonctionnement optimal sur la durée de la course : un réservoir
plein d’essence ajoute à peu près 150 kg au poids de la voiture et
requiert en effet davantage d’énergie à la décélération.
Au soir du Grand Prix de Bahreïn, Renault était satisfaite de
n’avoir rencontré aucun problème dans ce secteur. Le Chef Ingénieur
de l'équipe française, Alan Permane, expliquait même que l’usure
des freins sur la R30 avait été plus faible qu’avec la R29 en 2009.
« Les gars de l’usine ont fait un travail fantastique avec les
solutions retenues, » disait-il. « La course a été quasiment facile
pour les freins de la R30. »
Comment le pari relevé a-t-il été possible? Tout d’abord en opérant
des changements sur les disques de freins, même si le règlement n’a
pas changé et impose toujours une épaisseur d’un maximum de 28mm.
Un programme de développement de matériau a été mis en place avec
pour objectif d’améliorer la longévité et de permettre aux freins
d’être performants sur la distance de la course. Cette performance
dépend du système de refroidissement, comme nous l’explique Nick
Chester, responsable des systèmes de performance :
« Nous avons effectué un travail de simulation important afin de
comprendre les contraintes accrues qui allaient s’exercer sur les
freins cette saison. Cela a confirmé qu’ils nécessiteraient 10%
d’énergie supplémentaire pour ralentir les monoplaces. Ce constat
nous a donné une idée des demandes en refroidissement pour nos
écopes de freins. But : maintenir nos disques à une température
raisonnable. »
Bien contrôler la température des disques, en effet, est
déterminant dans la gestion des freins car leur usure est
déterminée par la température. Cette relation, cependant, est
non-linéaire : les taux d’usure augmentent de manière quasi
exponentielle une fois que la température des disques dépasse
600°C. La température de ces disques, grâce aux écopes de freins,
doit rester comprise entre 500°C et 600°C en course.
« Le travail accompli sur les écopes de freins a été très important
cette année, » explique Chester. « Nos designs ont été réalisés
principalement par le CFD (Computational Fluid Dynamics), notre
centre de simulation numérique. Davantage d’air passe dans le
système par rapport à l’an dernier. Ce n’est pas uniquement
l’entrée de l’écope qui est importante, mais la voie par laquelle
l’air passe autour du moyeu, du disque et la sortie, qui détermine
la masse d’air dans le système et l’efficacité du refroidissement.
Les résultats positifs de Bahreïn suggèrent que nous sommes bien
préparés pour tous les circuits cette année. »
Tout comme chaque partie de la voiture, les écopes de freins sont
constamment sous surveillance car elles ont un impact significatif
sur la performance aérodynamique de la voiture. « Nous planifions
des développements supplémentaires tout au long de l’année, » dit
Nick. « Certains circuits ne sont pas aussi exigeants sur les
freins et vont nous permettre d’être moins concentrés sur le
refroidissement pour que les écopes puissent jouer un rôle plus
important sur les appuis de la voiture. »
Communiqué de presse Renault F1 Team.














