La course au développement vue par Renault
Nouveautés, évolutions, développements – appelez-les comme vous
voulez, ces mots sont synonymes de performance en F1. La course au
développement en dehors du circuit est donc tout aussi féroce que
la bataille en piste. En fait, l’intensité et le rythme de
développement ont fait boule de neige ces dernières années et les
équipes sont à présent forcées de maintenir une cadence soutenue
tout au long de la saison dans ce domaine afin de rester
compétitives.
En 2009, McLaren a obtenu un gain de 2,5sec entre le début de la
saison et le GP de Hongrie. Chez Renault, les nouveautés apportées
à la R30 depuis la première course de l'année ont déjà permis de
gagner une seconde.
"Ces dernières années, les équipes ont réalisé que la course au
développement durant la saison était tout aussi importante que le
design d’une nouvelle voiture" confirme le Directeur Technique de
l'équipe française, James Allison. "Dans le fond, la voiture
bénéficie d’un nouveau package à chaque course. La taille de
celui-ci correspond à ce qui aurait été greffé sur une monoplace
toutes les trois ou quatre courses voilà quelques années. Toutes
les équipes ont adopté cette approche."
"Il nous faut donc maintenir un rythme élevé tout au long de
l’année. Cela veut dire qu’on travaille plus dur et dans des délais
qui auraient été inimaginables il y a peu. Par exemple, nous
utiliserons à Valence la huitième version 2010 de notre aileron
avant et nous n’en sommes qu’à la neuvième course."
Comment cette nouvelle vague de développement intensif s’est-elle
installée ? Le règlement technique modifié l’an passé est un
facteur indéniable. Bien qu’introduites voilà 18 mois, ces règles
sont encore suffisamment jeunes pour permettre de trouver des gains
d’une semaine à l’autre, surtout en soufflerie. De plus, la
spécification technique des moteurs étant figée, la plupart des
gains sont réalisés par l’équipe châssis.
"Toutes les voitures de la grille étant modifiées à une cadence
incroyable, nous sommes obligés d’apporter la moindre nouveauté sur
la monoplace dès qu’elle est trouvée au lieu de la conserver et de
construire un package conséquent" explique Allison. "Dès que l’on
trouve une source de gain au chronomètre et que cette solution
n’est pas greffée sur la voiture rapidement, chaque seconde qui
passe nous fait perdre en compétitivité sur la piste."
Concevoir et produire ces développements, c’est le travail des
membres de l’usine – les héros des coulisses qui travaillent dur
sur la Renault R30 depuis novembre dernier. « La charge de travail
est ressentie à tous les niveaux au sein de l’équipe » confirme
Allison. « L’usine est sous une pression permanente afin de fournir
les nouvelles pièces et l’équipe de course prend ensuite le relais
sur le circuit. La réponse de l’usine face aux challenges est
toujours fantastique, mais il y a une limite que l’on peut
franchir. Il faut donc bien étalonner nos demandes et trouver le
bon équilibre afin de maintenir un rythme de développement modèle
sans surcharger Enstone. »
Cette nouvelle ère de productivité technique a coïncidé avec la
réduction significative des essais privés. Au lieu de tourner à
Barcelone toutes les deux semaines, l’équipe dépend à présent
d’outils qui vont recréer le circuit à l’usine.
"Le centre de simulation numérique (CFD) et la soufflerie sont bien
sûr très utiles pour prédire la manière dont nos packages
aérodynamiques vont fonctionner sur le circuit" confirme James
Allison. "Ces outils évaluent les gains qui vont se matérialiser
sur le circuit, avec une marge d’erreur inférieure à 0.5% de
l’appui total de la voiture. En ce qui concerne les pièces
mécaniques, nous comptons également sur des logiciels de
simulation."
"Nous procédons ensuite à des validations physiques sur notre banc
d’essais, qui peut soumettre des composants à des contraintes
semblables à celles de la piste pour s’assurer qu’ils conviennent à
l’environnement de la F1. Ces outils nous permettent de nous rendre
au circuit en toute confiance, en sachant que nos dernières pièces
sont fiables et que le résultat sera conforme aux attentes."
D’ici peu, Renault va également devoir absorber la tâche du design
de la voiture 2011 en tandem avec le développement de la voiture
actuelle. « Au long de la saison, le pourcentage de ressources
allouées à la nouvelle voiture augmentera aux dépends de la voiture
actuelle. », conclut Allison. "C’est toujours un choix difficile
que de décider du taux d’investissement pour le futur, mais nous
avons commencé à travailler sur le châssis 2011 dès le mois de
janvier et nous avons en même temps réussi à maintenir un rythme de
développement très élevé sur la voiture 2010. Ceci est à porter au
crédit de tous les membres du Renault F1 Team."
D'après un communiqué de presse Renault F1 Team.














