Rétromobile 2026 : au cœur de l’exposition "l’âge d’or des rallyes"
Des berlinettes légères aux monstres du Groupe B, Rétromobile 2026 célèbre les décennies les plus spectaculaires du rallye mondial à travers une exposition aussi historique qu’émotionnelle. Sport Auto vous y emmène.
À l’occasion de son 50e anniversaire, le salon parisien,
Retromobile, consacre une grande exposition à la période la
plus intense et la plus marquante du rallye moderne.
Installée dans le pavillon 7.2, l’exposition « L’âge d’or des
rallyes » replonge les visiteurs dans près de 30 ans d’évolution
technique et humaine, des années 60 aux années 90.
Organisée avec la Fondation Gino Macaluso, elle rassemble des
modèles qui ont façonné la discipline : Peugeot 205 Turbo
16 Evolution 2, Audi Quattro Gr.4 ou encore Lancia Delta
HF Integrale Evoluzione "Safari".
Des années 60 à la naissance du WRC : le rallye devient un sport mondial
Les années 60 marquent une rupture. Le rallye
passe d’épreuves d’endurance semi-amateurs à un véritable terrain
d’expérimentation pour les constructeurs. Les pilotes se
professionnalisent, les équipes s’organisent et les voitures
deviennent plus spécialisées.
L’Alpine A110
multiplie les succès, notamment dans la Coupe des Alpes et au
Monte-Carlo. En 1973, la FIA crée le Championnat du monde des
rallyes (WRC) pour les constructeurs. Alpine/Renault
remporte la première couronne avec l’A110 1800.
Rapidement, Lancia reprend le flambeau avec la Stratos, première
voiture conçue uniquement pour le rallye. Son V6
Ferrari Dino, sa silhouette courte et large signée Bertone et sa
motricité exceptionnelle en font une référence.
Entre 1974 et 1976, elle domine le WRC et marque durablement
l’imaginaire collectif...
Groupe B, transmission intégrale et course à la puissance
À la fin des années 70, la FIA prépare une
nouvelle réglementation. Deux philosophies émergent : le
Groupe A, basé sur des voitures dérivées de la
série, et le Groupe B, beaucoup plus permissif. Homologation
limitée à 200 exemplaires, liberté technique quasi
totale : la porte est ouverte à une explosion de créativité… et de
performances.
La révolution vient d’Audi. En 1981, la Quattro
démontre l’avantage décisif de la transmission
intégrale en rallye. Une transmission qui marquera
considérablement l'avenir de la marque pour ses modèles de
série.
Cependant, jugée trop lourde au départ, elle remporte pourtant le
rallye de Suède et change définitivement la
discipline. Michèle Mouton entre dans l’histoire en devenant la
première femme victorieuse en WRC.
Le Groupe B, officiellement lancé en 1982, donne naissance à des
machines devenues mythiques : Lancia 037, dernière propulsion
titrée, Peugeot 205 T16 développée sous
la direction de Jean Todt, Audi Sport Quattro, puis la redoutable
Lancia Delta S4 à double suralimentation. Les puissances dépassent
largement les 400 ch pour des voitures de moins d’une tonne.
Les vitesses atteintes sur route ouverte deviennent vertigineuses.
Mais cette démesure a un prix. Les accidents mortels d’Attilio
Bettega en 1985 puis d’Henri Toivonen et Sergio Cresto en 1986,
ainsi que le drame du Portugal impliquant des spectateurs,
précipitent la fin du Groupe B.
La FIA met un terme à la catégorie dès la fin de la saison 1986. Le
rallye entre alors dans l’ère du Groupe A, plus
encadrée mais toujours spectaculaire, avec de nouvelles icônes :
Lancia Delta
Integrale, Subaru Impreza et Toyota Celica GT-4. Les
années 90 voient émerger des figures comme Carlos Sainz, Tommi
Mäkinen ou Colin McRae, assurant la transition vers le rallye
moderne.
À Retromobile 2026, ces voitures ne seront pas seulement exposées comme des objets de musée : elles raconteront une époque où innovation technique, courage des équipages et prise de risques ont porté le rallye à son paroxysme. Courez vous émerveiller devant ces modèles chargées en histoire du passé. Le salon fermera ses portes le 1er février à 19h, et offre donc une chance rare d’approcher ces légendes de près, de ressentir ce que fut vraiment l’âge d’or du rallye...














