"C'est de la Formule E " : que pensent les pilotes des F1 2026 après Melbourne ?

Publié le 9 mars 2026 à 16:30
Nouvelles F1 2026 : qu'en pensent vraiment les pilotes après Melbourne ?

Entre avis positifs et critiques sévères, Sport Auto prend le pouls du comportement des nouvelles monoplaces de F1 2026 après le Grand Prix d'Australie.

Le premier Grand Prix de la saison 2026 bouclé, qu'ont pensé les pilotes de la grille 2026 de leurs nouvelles monoplaces en course ?

Russell : "Les gens sont toujours très rapides à critiquer"

Il convient évidemment de remettre les déclarations suivantes dans le contexte du Grand Prix d'Australie, où une première hiérarchie au sortir des essais hivernaux a commencé à se dessiner. Mais le circuit semi-urbain de l'Albert Park étant l'un des plus atypiques d'une saison qui ne fait que commencer, il est prématuré de tirer trop de conclusions sur base de l'action proposée en piste à Melbourne. Même si les autorités sportives envisageraient d'éventuels changements entre les Grands Prix de Chine et du Japon.
Commençons par un zeste de positivité émanant du camp de... Mercedes-AMG. "Les gens sont toujours très rapides à critiquer", a déclaré George Russell à l'issue de sa sixième victoire en F1. "Nous devrions laisser un peu de temps à ces règles. Quand certains pilotes avaient les meilleures voitures et peu de dégradation des pneus, tout le monde disait que la course était mauvaise.
Maintenant que les pilotes ne sont pas parfaitement à l’aise, beaucoup disent que la course était incroyable. On ne peut pas tout avoir. Attendons quelques courses avant de juger."
Sachant que le Britannique tient peut-être entre les mains la nouvelle référence du plateau, entendre un avis contraire eut été étonnant. Son compatriote Lewis Hamilton se montrait également positif après avoir, sans succès, chassé son équipier Charles Leclerc pour le gain de la troisième place. Le septuple Champion du monde a passé un bon dimanche au volant de la SF-26 : "Personnellement, j’ai adoré ! La course était vraiment fun à piloter et la voiture aussi. Devant moi il y avait de beaux duels. Depuis ma position, j’ai trouvé ça génial."
Bien que sur le podium après avoir mené les débats grâce à un départ canon, le Monégasque se montrait plus mesuré dans son analyse, admettant que la manière de concevoir le pilotage d'une F1 a pour de bon évolué. "Cela va clairement changer la façon dont on aborde les dépassements", explique le tout jeune marié. "Avant, il s’agissait surtout de freiner le plus tard possible. Désormais, il faut réfléchir plusieurs coups à l’avance, parce que chaque activation du 'boost' se paie très cher au tour suivant."

Bearman : "C'est de la Formule E"

Le moins que l'on puisse écrire, c'est que plusieurs des artistes du volant ne guère enchantés par ce qu'ils ont entre les mains pour 2026. Max Verstappen puis Lando Norris s'étaient montrés les plus vocaux lors des essais préliminaires. Seule McLaren en course ce dimanche après la sortie prématurée de Piastri, le Britannique n'en démordait pas après sa cinquième place.
"On va finir par avoir un gros accident", prévient le Champion du monde en titre. "On attend simplement que quelque chose tourne très mal. Selon ce que font les autres, il peut y avoir 30, 40 ou 50 km/h de différence. Si quelqu’un percute une autre voiture à cette vitesse, vous allez décoller, vous allez passer au-dessus des barrières et vous allez vous faire très mal."
Auteur d'une très belle prestation récompensée par une septième place, Ollie Bearman (Haas) se montrait tout autant peu emballé par la nouvelle gestion d'énergie : "c’est un peu ridicule, pour être honnête. Avoir un tel delta avec un bouton, puis perdre autant dans la ligne droite suivante. C’est aussi très non linéaire : ce que vous gagnez sur la ligne droite où vous utilisez le 'boost' représente à peine un quart de ce que vous perdez sur la suivante. À moins de terminer la manœuvre dès la sortie du virage et de commencer directement à récupérer de l’énergie, la voiture derrière va vous repasser au tour suivant. Ce n’est pas de la course, c’est de la Formule E."

Pérez : "Une F1 très différente de celle que j’ai connue"

"C’est pénible, parce qu’on ne peut pas vraiment faire grand-chose en tant que pilotes", regrette de son côté Esteban Ocon (Haas), qui a manqué de peu la 10ème place après une lutte serrée avec Pierre Gasly (Alpine). "Si vous utilisez le 'boost' et que vous ne dépassez pas – ou même si vous dépassez – vous redevenez vulnérable dans la ligne droite suivante. L’autre va simplement vous repasser. Ça m’est arrivé trois fois avec Pierre et deux fois avec Bortoleto. J’ai dépassé et je me suis fait redoubler aussitôt. C’est très frustrant. On a l’impression que la façon de courir est très artificielle."
"C’est très difficile de comprendre ce qui se passe", peste le revenant Sergio Perez. "Parfois un simple lever de pied change beaucoup plus que prévu. J’arrivais parfois 30 km/h plus vite dans le virage 3 juste à cause d’un lever différent ou d’une remise de gaz différente. Honnêtement, certaines choses je ne les comprends pas. C’est une F1 très différente de celle que j’ai connue. C’est clairement beaucoup moins amusant. Ce n’est pas aussi plaisant qu’avant en termes de course."

"Mon plus gros souci sur la course, c’était le premier tour", analyse Carlos Sainz dont l'entame de saison avec Williams a été tempérée par une FW48 encore loin du compte. "Avec le 'mode ligne droite' activé dans la grande ligne droite, c’était très limite. C’était vraiment dangereux et très difficile de contrôler la voiture dans l’aspiration.
Quand on se bat avec une autre voiture, ce n’est pas si mal en ligne droite pure. Mais quand il y a un peu de courbe et que les deux voitures utilisent ce mode, ça devient vraiment limite. À mon avis, on ne devrait pas avoir besoin d’aérodynamique active pour faire la course. Le SLM est un pansement sur le problème du moteur."

Sources : The-Race, F1i

Nos marques populaires Voir tout

À propos de l’auteur
Guillaume Alvarez
Guillaume Alvarez
Rédacteur-Editeur pour Sport Auto, l'Auto-Journal et F1i. Je partage mon temps entre l'écriture, le reportage et les circuits, la plume et le micro portés par la passion de l'automobile et de la compétition, du Karting à la Formule 1, en noir et blanc comme en couleurs.
Ses derniers articles
Sport Auto