"C'est de la Formule E " : que pensent les pilotes des F1 2026 après Melbourne ?
Entre avis positifs et critiques sévères, Sport Auto prend le pouls du comportement des nouvelles monoplaces de F1 2026 après le Grand Prix d'Australie.
Le premier Grand Prix de la saison 2026 bouclé, qu'ont pensé les pilotes de la grille 2026 de leurs nouvelles monoplaces en course ?
Russell : "Les gens sont toujours très rapides à critiquer"
Il convient évidemment de remettre les déclarations
suivantes dans le contexte du Grand Prix
d'Australie, où une première hiérarchie au sortir des
essais hivernaux a commencé à se dessiner. Mais le
circuit semi-urbain de l'Albert Park étant l'un
des plus atypiques d'une saison qui ne fait que commencer, il est
prématuré de tirer trop de conclusions sur base de l'action
proposée en piste à Melbourne. Même si les
autorités sportives envisageraient d'éventuels changements entre les
Grands Prix de Chine et du Japon.
Commençons par un zeste de positivité émanant du camp de...
Mercedes-AMG. "Les gens sont toujours très
rapides à critiquer", a déclaré George
Russell à l'issue de sa sixième victoire en
F1. "Nous devrions laisser un peu de temps à ces
règles. Quand certains pilotes avaient les meilleures voitures et
peu de dégradation des pneus, tout le monde disait que la course
était mauvaise.
Maintenant que les pilotes ne sont pas
parfaitement à l’aise, beaucoup disent que la course était
incroyable. On ne peut pas tout avoir. Attendons quelques courses
avant de juger."
Sachant que le Britannique tient
peut-être entre les mains la nouvelle référence du
plateau, entendre un avis contraire eut été étonnant. Son
compatriote Lewis Hamilton se montrait également
positif après avoir, sans succès, chassé son équipier
Charles Leclerc pour le gain de la troisième place. Le
septuple Champion du monde a passé un bon dimanche au volant de la
SF-26 : "Personnellement, j’ai adoré ! La course était
vraiment fun à piloter et la voiture aussi. Devant moi il y avait
de beaux duels. Depuis ma position, j’ai trouvé ça
génial."
Bien que sur le podium après avoir mené
les débats grâce à un départ canon, le Monégasque se
montrait plus mesuré dans son analyse, admettant
que la manière de concevoir le pilotage d'une F1 a pour de
bon évolué. "Cela va clairement changer la façon dont
on aborde les dépassements", explique le tout jeune marié. "Avant,
il s’agissait surtout de freiner le plus tard possible. Désormais,
il faut réfléchir plusieurs coups à l’avance, parce que chaque
activation du 'boost' se paie très cher au tour suivant."
Bearman : "C'est de la Formule E"
Le moins que l'on puisse écrire, c'est que plusieurs des
artistes du volant ne guère enchantés par ce qu'ils ont entre les
mains pour 2026. Max Verstappen puis
Lando Norris s'étaient montrés les
plus vocaux lors des essais préliminaires. Seule
McLaren en course ce dimanche après la sortie prématurée de
Piastri, le Britannique n'en démordait pas après sa
cinquième place.
"On va finir par avoir un gros accident", prévient le
Champion du monde en titre. "On attend simplement que quelque
chose tourne très mal. Selon ce que font les autres, il peut y
avoir 30, 40 ou 50 km/h de différence. Si quelqu’un percute une
autre voiture à cette vitesse, vous allez décoller, vous allez
passer au-dessus des barrières et vous allez vous faire très
mal."
Auteur d'une très belle prestation récompensée par
une septième place, Ollie Bearman (Haas) se
montrait tout autant peu emballé par la nouvelle gestion
d'énergie : "c’est un peu ridicule, pour être honnête.
Avoir un tel delta avec un bouton, puis perdre autant dans la ligne
droite suivante. C’est aussi très non linéaire : ce que vous gagnez
sur la ligne droite où vous utilisez le 'boost' représente à peine
un quart de ce que vous perdez sur la suivante. À moins de
terminer la manœuvre dès la sortie du virage et de commencer
directement à récupérer de l’énergie, la voiture derrière va vous
repasser au tour suivant. Ce n’est pas de la course, c’est de la
Formule E."
Pérez : "Une F1 très différente de celle que j’ai connue"
"C’est pénible, parce qu’on ne peut pas vraiment
faire grand-chose en tant que pilotes", regrette de son
côté Esteban Ocon (Haas), qui a manqué de peu la
10ème place après une lutte serrée avec Pierre Gasly
(Alpine). "Si vous utilisez le 'boost' et que vous ne
dépassez pas – ou même si vous dépassez – vous redevenez vulnérable
dans la ligne droite suivante. L’autre va simplement vous
repasser. Ça m’est arrivé trois fois avec Pierre et deux fois avec
Bortoleto. J’ai dépassé et je me suis fait redoubler aussitôt.
C’est très frustrant. On a l’impression que la façon de courir est
très artificielle."
"C’est très difficile de
comprendre ce qui se passe", peste le revenant
Sergio Perez. "Parfois un simple lever de pied change
beaucoup plus que prévu. J’arrivais parfois 30 km/h plus vite dans
le virage 3 juste à cause d’un lever différent ou d’une remise de
gaz différente. Honnêtement, certaines choses je ne les comprends
pas. C’est une F1 très différente de celle que j’ai
connue. C’est clairement beaucoup moins amusant. Ce n’est pas aussi
plaisant qu’avant en termes de course."
"Mon plus gros souci sur la course, c’était le premier
tour", analyse Carlos Sainz dont
l'entame de saison avec Williams a été tempérée par une
FW48 encore loin du compte. "Avec le 'mode
ligne droite' activé dans la grande ligne droite, c’était très
limite. C’était vraiment dangereux et très difficile de contrôler
la voiture dans l’aspiration.
Quand on se bat avec une
autre voiture, ce n’est pas si mal en ligne droite pure. Mais quand
il y a un peu de courbe et que les deux voitures utilisent ce mode,
ça devient vraiment limite. À mon avis, on ne devrait pas avoir
besoin d’aérodynamique active pour faire la course. Le SLM
est un pansement sur le problème du moteur."
Sources : The-Race, F1i















