ADUO : pourquoi le moteur de Mercedes F1 n'est pas le meilleur en 2026...

Publié le 16 juin 2026 à 14:00
Mis à jour le 16 juin 2026 à 15:57
ADUO : pourquoi le moteur de Mercedes F1 ne serait pas le meilleur en 2026...

Sport Auto vous explique les implications du classement ADUO produit par la FIA selon lequel le bloc-moteur de Mercedes-AMG ne serait pas le plus puissant de la grille F1 2026...

Commençons par revoir ensemble le concept de base : ADUO.

Moteurs F1 : qu’est-ce que l’ADUO ?

Cet acronyme que l'on doit au règlement technique de la FIA signifie Additional Development and Upgrade Opportunities, soit les "Opportunités supplémentaires de développement et de mise à niveau". Il s'agit d'un mécanisme permettant aux constructeurs de faire évoluer leur groupe-propulseur homologué au cours d’une saison ou de la suivante.
Au cours de périodes définies de chaque saison complète entre 2026 et 2030, la FIA surveillera les performances de la partie moteur à combustion interne (ICE) des blocs fournis par chaque motoriste à ses équipes clientes et calculera un indice de performance. Ce calcul repose sur plusieurs facteurs, notamment le couple à l’arbre d’entrée, le régime moteur, la puissance du MGU-K et un coefficient de pondération tenant compte de la sensibilité du temps au tour à la puissance sur les tours mesurés.
Dès le départ, il a été convenu entre la FIA et les motoristes que certains facteurs susceptibles d’affecter les performances de l’ICE, comme les températures des fluides, l’aérodynamique externe et d’autres variables similaires, seraient pris en compte dans les mesures effectuées sur la voiture et qu’aucune méthode de correction ne serait appliquée.
De même, comme l’évaluation ADUO se concentre exclusivement sur l’ICE, elle n’est pas représentative de la performance globale du groupe propulseur, puisque le système ERS joue un rôle essentiel dans la puissance totale délivrée. Un motoriste dont l’ICE accuse un retard d’au moins 2 % par rapport au meilleur ICE se verra accorder l’ADUO.

ADUO : est-ce une BoP déguisée ?

La question peut se poser : s'agit d'un mécanisme visant à mettre tout le monde sur un pie d'égalité artificiel, à l'image de la BoP appliquée depuis des années en WEC, parfois au grand dam des puristes ? "L’ADUO n’est pas une sorte de mécanisme d’équilibrage des performances", clarifie Nikolas Tombazis, directeur des monoplaces à la FIA.
"Une équipe ou un constructeur ne bénéficiera pas soudainement d’un débit de carburant supérieur ou d’un ballast différent. Il s’agit en réalité d’un mécanisme d’assouplissement du plafond budgétaire : un motoriste répondant aux critères ADUO pendant une période d’évaluation se voit offrir la possibilité de développer son moteur grâce à un ajustement à la baisse de certaines contraintes.
Cela ne veut pas dire qu’il faut minimiser son importance, mais un constructeur devra malgré tout produire le meilleur moteur pour gagner. Ce n’est pas une solution miracle et ce n’est pas comme si la FIA distribuait des avantages gratuits à ceux qui sont en retard ; cela leur donne simplement davantage de marge pour développer leur groupe propulseur dans le cadre fixé par le règlement technique."

ADUO : quelles évolutions les constructeurs peuvent-ils apporter et sur quelle périodes ?

Bien que l’ICE soit l’élément servant de référence pour l’attribution de l’ADUO, les évolutions autorisées comprennent notamment certains éléments de l’ICE, le système d’échappement moteur, le turbocompresseur et la wastegate/soupape de décharge, les composants électriques et capteurs montés sur l’ICE ou l’échappement, l’ERS (ainsi que ses systèmes de refroidissement associés), le MGU-K, l’électronique de contrôle du véhicule, ainsi que certaines fonctions hydrauliques, les fluides et le ballast.
Comme défini par l’article E4.1.1.t du règlement de la F1, tout constructeur accusant un retard compris entre 2 % et 4 % bénéficiera d’une allocation pouvant atteindre 3 millions de dollars américains. Entre 4 % et 6 %, cette allocation pourra atteindre 4,65 millions de dollars. Entre 6 % et 8 %, elle pourra atteindre 6,35 millions. Entre 8 % et 10 %, elle pourra atteindre 8 millions.
Pour les constructeurs accusant un déficit de 10 % ou plus, une allocation pouvant atteindre 11 millions de dollars est prévue pour chaque période ADUO. En 2026, première année d'une nouvelle ère réglementaire, les constructeurs auront aussi la possibilité d’anticiper jusqu’à 8 millions de dollars de plafond budgétaire provenant de périodes futures afin de soutenir leur développement.
Ces périodes sont au nombre de trois : courses 1 à 6, 7 à 12 et 13 à 18. Vu que la première période a été amputée de deux épreuves compte-tenu de la situation géopolitique conflictuelle au Moyen-Orient, la FIA précise que les cinq premières courses de la saison ont été prises en compte, à savoir Australie, Chine, Japon, Miami et Canada.
Un constructeur dont l’indice de performance ICE est inférieur d’au moins 2 % mais de moins de 4 % à celui du meilleur ICE sera autorisé à effectuer une évolution d’homologation supplémentaire au cours de la saison, ainsi qu’une autre lors de la saison suivante. Les motoristes dont l’indice de performance ICE est inférieur d’au moins 4 % à celui du meilleur ICE seront autorisés à effectuer deux évolutions en plus au cours de la saison en cours, et deux autres lors de la saison suivante. Les motoristes qui n’auront pas obtenu l’ADUO après les deux premières périodes d’une saison ne pourront plus y prétendre à l’issue de la dernière période de cette même saison.

ADUO : quel premier classement en début de saison 2026 ?

Une premier calcul a donc été dévoilé dans la foulée du Grand Prix du Canada, avec une surprise de taille : la référence du plateau n'est pas, comme attendu, le bloc-moteur de Mercedes-AMG mais bien celui de Red Bull Powertrains. L'écurie au taureau se retrouve donc sans possibilité supplémentaire de développement en 2026 : un cadeau au goût quelque peu empoisonné, donc...
En deuxième position, on retrouve Mercedes dont le V6 accuse un retard supérieur à 2 % sur les performances du bloc de Milton Keynes et obtient un droit de développement en plus cette saison et la prochaine. Pour FerrariAudi et Honda (qui équipe Aston Martin), le déficit s'avère donc supérieur à 4 % avec, à la clé, deux opportunités de développement pour 2026 et deux autres pour 2027.
Rappelons que deux nouvelles évaluations sont prévues cette saison, après les Grands Prix de Hongrie et du Mexique. Elles détermineront quelles opportunités de développement seront encore accordées en vue de 2027, façonnant toujours plus la lutte technique entre Red Bull, Mercedes, Ferrari, Audi et Honda.

Source : FIA

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À propos de l’auteur
Guillaume Alvarez
Guillaume Alvarez
Rédacteur-Editeur pour Sport Auto, l'Auto-Journal et F1i. Je partage mon temps entre l'écriture, le reportage et les circuits, la plume et le micro portés par la passion de l'automobile et de la compétition, du Karting à la Formule 1, en noir et blanc comme en couleurs.
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