Koenigsegg CC850 : une hypercar d'exception contrainte de retourner à l'atelier

Publié le 7 novembre 2026 à 07:00
Koenigsegg CC850

Une Koenigsegg CC850 fait l'objet d'un rappel après un incident inquiétant aux États-Unis. Derrière ce bug se cache un enjeu bien plus vaste.

La Koenigsegg CC850, hypercar suédoise de tous les fantasmes, n'échappe pas à une réalité très terre à terre. Vendue environ 3,6 millions de dollars, soit près de 3,3 millions d'euros, cette série ultra limitée doit repasser par l'atelier pour un souci de frein de stationnement électrique aux États-Unis.

Koenigsegg CC850, 1 385 ch et une série de seulement 70 exemplaires

Tout est parti d'un incident le 12 octobre 2026 : une CC850 s'est mise à rouler alors que son conducteur venait de descendre, moteur tournant et marche arrière enclenchée. L'autorité américaine NHTSA a été saisie, et Koenigsegg Automotive AB a choisi de lancer un rappel volontaire pour les sept voitures livrées outre‑Atlantique, soit 10 % de la production mondiale. Derrière ce rappel très ciblé, il y a une véritable pièce de collection. Présentée à la Monterey Car Week 2022, la Koenigsegg CC850 reprend le V8 5,0 litres biturbo de la Jesko, jusqu'à 1 385 ch à l'E85 pour environ 1 385 kg. Sa boîte Lightspeed à 9 rapports, baptisée Engage Shift System, peut se piloter comme une vraie manuelle à grille avec pédale d’embrayage ou comme une automatique, un rare mélange de nostalgie et de haute technologie. Koenigsegg Automotive AB avait prévu 50 exemplaires, rapidement portés à 70 face à la demande. Les sept voitures concernées par la campagne américaine représentent donc à elles seules une voiture sur dix. Produites entre le 28 septembre 2025 et le 2 août 2026, elles sont visées par la campagne NHTSA 26V694000. Aucun blessé n'a été signalé, mais le risque de déplacement involontaire suffit à justifier une action officielle.

Un frein de stationnement qui lâche en marche arrière

Le scénario qui inquiète les autorités est très précis. La CC850 est à l'arrêt, moteur en marche, marche arrière engagée. Le conducteur actionne le frein de stationnement électrique, sort du véhicule, puis la supercar commence à reculer si elle se trouve en pente. Les tests internes ont montré que, dans cette configuration, le frein ne reste serré que tant que l’on garde le bouton appuyé ; dès qu’on le relâche, la voiture peut se mettre en mouvement. Koenigsegg a ouvert une enquête dès le 12 octobre, mené une semaine de tests jusqu’au 19, puis décidé le 21 octobre 2026 de déposer un rappel auprès de la NHTSA. Les lettres d’information aux propriétaires doivent partir à partir du 29 octobre. Le remède tient en une mise à jour logicielle OTA du module de frein de stationnement, gratuite, installable à distance ou dans un point de service agréé. En attendant, mieux vaut éviter de laisser la voiture moteur allumé, en marche arrière, en comptant uniquement sur le frein de parking.
Détail troublant : la CC850 respecte les normes de freinage FMVSS 135 aux États‑Unis et UN R13‑H en Europe. Ces textes vérifient la capacité d’un frein de stationnement à retenir une voiture immobile sur une pente, frein déjà serré. Le cas d’une voiture en marche arrière, moteur tournant, où le logiciel libère le frein quand on lâche le bouton, n’entre tout simplement pas dans ces essais. La défaillance ne vient pas de la puissance de freinage, mais de la logique qui pilote l’ensemble.

Ce rappel minuscule par le nombre, mais très visible, illustre la nouvelle réalité des hypercars : des machines mécaniquement extrêmes, devenues aussi des produits logiciels qui se corrigent par mise à jour. Koenigsegg choisit de traiter le sujet ouvertement, y compris pour seulement sept clients très privilégiés. Pour toute CC850, y compris hors États‑Unis, le plus simple reste de vérifier avec un numéro de série si le correctif lié à la campagne 26V694000 a bien été appliqué, auprès du réseau Koenigsegg ou via les bases de données officielles.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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