Cette supercar en bois de 700 ch ne dépasse pas 50 km/h : la vraie raison fait froid dans le dos

Publié le 17 mars 2026 à 09:00
supercar bois

700 ch, une carrosserie vernie et 90 % de bois : la supercar en bois Splinter semble irréelle. Comment ce prototype américain entend repousser les limites des matériaux autos ?

Une voiture de sport basse, large, moteur V8 en position centrale, allure de concept-car… sauf qu’ici, la surface lisse que l’on croit en carbone est du bois verni. La Splinter ressemble à une maquette géante échappée d’un atelier d’ébéniste, mais il s’agit bien d’une vraie auto capable de rouler.

Derrière cette supercar en bois, on trouve l’Américain Joe Harmon, designer et passionné de menuiserie. Parti d’un projet de fin d’études à la North Carolina State University, il a poussé l’idée jusqu’à construire un prototype unique, quasiment intégralement en bois, avec un V8 chevillé au centre. Une idée folle qui cache un message très sérieux.

Splinter, la supercar en bois née sur un campus américain

Joe Harmon s’est inspiré de l’avion en bois de la Seconde Guerre mondiale de Havilland Mosquito, surnommé "Wooden Wonder". Pendant des années, avec une petite équipe, il a façonné un châssis monocoque en lamellé‑collé, moulé dans des gabarits sur mesure. Au total, les sources évoquent près de 20 000 heures de travail étalées sur presque une décennie.

Environ 90 % de la voiture utilise une vingtaine d’essences différentes (bouleau, érable, frêne, noyer…). Le châssis, une grande partie des triangles de suspension, la carrosserie, l’habitacle et même les centres de roues sont en composites de bois. Concrètement, on retrouve ce matériau dans :

  • la structure principale et le plancher,
  • les panneaux de carrosserie façonnés à partir de placage tissé,
  • les sièges, le volant, le levier de vitesses et plusieurs commandes.

Une vraie fiche technique de supercar pour Splinter

Au milieu de cette coque organique siège un V8 Chevrolet LS7 de 7,0 litres, en position centrale arrière, accouplé à une boîte manuelle à six rapports de type T56. Joe Harmon a expliqué avoir utilisé "des pièces de CTS-V pour relier le LS (moteur) à la T56 (boîte de vitesses)", a-t-il précisé à Jalopnik. La puissance annoncée tourne autour de 690 horsepower, soit près de 700 ch.

Malgré son poids contenu à environ 2 600 lb, soit autour de 1 360 kg, la voiture reste traitée avec une prudence extrême. Le bois peut s’enflammer à partir d’environ 540 °F, alors que l’échappement peut grimper bien plus haut. Pour limiter le risque, les culasses ont été montées "à l’envers" afin que les gaz brûlants s’échappent vers le haut, loin du châssis, et de larges aérations évacuent la chaleur. Dans les faits, Joe Harmon n’a jamais dépassé environ 30 mph, soit 50 km/h.

Pourquoi construire une supercar en bois aujourd’hui

L’objectif de Splinter n’était pas de lancer une production de voitures en bois, mais de montrer ce que ce matériau peut encaisser. Des tests indépendants ont mis en avant un rapport résistance/poids qui rivalise, parfois, avec l’acier. Certaines équipes de recherche modifient même la structure du bois grâce à des traitements chimiques et à la compression pour le rendre encore plus robuste.

Le projet met aussi en avant le caractère renouvelable du bois. L’acier ou l’aluminium peuvent se recycler, mais exigent extraction minière et procédés lourds avant d’arriver en usine, alors que les arbres se replantent et se récoltent en cycle continu. Splinter reste un démonstrateur unique, à mi-chemin entre sculpture roulante et laboratoire d’ingénierie, qui pousse simplement à regarder différemment les matériaux des voitures de demain.

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