Stirling Moss, Tommi Mäkinen, Dale Earnhardt : quand trois pilotes deviennent indissociables de leur voiture

Publié le 20 août 2026 à 18:00
Stirling Moss, Tommi Mäkinen, Dale Earnhardt : quand trois pilotes deviennent indissociables de leur voiture

Certaines voitures restent aussi célèbres que ceux qui les pilotaient. La Mercedes 300 SLR de Moss, la Lancer Evolution de Mäkinen et la Chevrolet n°3 d’Earnhardt en sont trois exemples spectaculaires.

Parfois, les pilotes de légende et leurs voitures mythiques finissent par se confondre. On prononce un nom, et aussitôt une silhouette surgit : une barquette argentée marquée 722, une berline japonaise rouge et blanche qui dérive dans les forêts, un coupé noir qui hante les ovales américains. Stirling Moss, Tommi Mäkinen et Dale Earnhardt Sr. ont créé ce genre d’images indélébiles.

Leur point commun tient moins au palmarès qu’à une alchimie précise entre un style de pilotage extrême et une machine au caractère bien trempé. Un jour, une saison, tout s’aligne. Depuis, impossible d’évoquer Moss sans penser à la Mercedes 300SLR, Mäkinen sans la Mitsubishi Lancer Evolution, ou Earnhardt sans la Chevrolet n°3 noire.

Stirling Moss et la Mercedes 300SLR 722, 1 600 km à la limite

La Mercedes-Benz 300SLR de 1955, dérivée de la monoplace W196, était une F1 déguisée pour la route : huit cylindres en ligne de 3,0 litres, près de 300 ch à 7 500 tr/min. Stirling Moss la qualifiait d’"extrêmement rapide, mais dotée de freins médiocres". Il ajoutait qu’il fallait "vraiment s’appliquer, s’adapter à sa masse et à sa boîte rétive".

À la Mille Miglia 1955, Moss et le journaliste Denis Jenkinson partent à 7 h 22, d’où le fameux numéro 722. Ils bouclent les 1 600 km en 10 h 07 min 48 s, à près de 157 km/h de moyenne, en percutant des bottes de foin, en sautant plus haut que prévu, en finissant même dans un fossé avant de repartir. Jenkinson écrivait que Moss roulait "bien au-delà des possibilités de mortels ordinaires". Moss résumait sa concentration ainsi : "Si tu te trompes, tu peux mourir. Ça aide à rester attentif." Depuis cette journée, le nom de Moss colle à la 300SLR comme son numéro sur la carrosserie.

Tommi Mäkinen et la Mitsubishi Lancer Evolution, quatre titres pour une icône

Au milieu des années 1990, Tommi Mäkinen arrive en WRC avec une enfance passée à manœuvrer des tracteurs dans les champs finlandais. "Il faut trouver la meilleure façon d’avancer", se souvient-il. Repéré après sa victoire au Rallye des 1 000 Lacs de 1994, il trouve chez Mitsubishi une Lancer Evolution de Groupe A qui va épouser son style agressif.

Chaque génération de Mitsubishi Lancer Evolution se durcit pour encaisser son rythme : quatre titres mondiaux pilotes d’affilée entre 1996 et 1999, 22 de ses 24 victoires WRC au volant d’une Evo. Sur le Safari de 1996, l’équipe décide de remplacer préventivement les principaux composants à chaque assistance pour survivre aux pistes kényanes. Mäkinen impose un rythme effréné face à Colin McRae, Carlos Sainz ou Richard Burns, poussant la voiture comme l’équipe dans leurs retranchements. Quand Mitsubishi passe tardivement à la réglementation World Rally Car et que Mäkinen part chez Subaru en 2002, les victoires s’arrêtent net. La carrière WRC de la Lancer se referme quasiment avec lui.

Dale Earnhardt et la Chevrolet n°3 noire, l’homme en noir de la NASCAR

Dale Earnhardt Sr. a débuté en NASCAR avec des Chevrolet jaunes et bleues sponsorisées par Wrangler, déjà champion et déjà réputé pour ses coups de pare-chocs. Quand ce sponsoring s’arrête fin 1987, Richard Childress décroche un accord de sponsoring avec GM Goodwrench pour la n°3. Reste à choisir les couleurs de la voiture.

Richard Childress raconte avoir recouvert une auto de ruban adhésif bleu d’un côté, noir de l’autre, pour convaincre ses interlocuteurs : le noir ressortirait bien mieux en piste. La Chevrolet n°3 devient entièrement noire en 1988, avec un liseré argenté, et les fans l’adoptent aussitôt. Earnhardt décroche sept titres Winston Cup, signe en 1987 le fameux “Pass in the Grass”, son spectaculaire passage dans l’herbe, remporte enfin les 500 Miles de Daytona en 1998, et gagne son surnom "The Intimidator". Sa mort lors du Daytona 500 en 2001 fige l’image : un anti-héros au volant d’une n°3 noire que personne n’a vraiment réussi à remplacer.

Nos marques populaires Voir tout
Sport Auto