Mercedes : ce coupé à portes papillon de 1989, produit à 11 exemplaires et oublié de tous, vaut une fortune
En 1989, un ingénieur allemand ose greffer des portes papillon sur une sage Mercedes 300 CE pour créer la Boschert B300 Gullwing. De Francfort à une enchère folle en 2023, l’incroyable destin de ce coupé violet intrigue encore les passionnés.
On croit connaître toutes les Mercedes mythiques : 300 SL, 600 Pullman, SLS AMG... Pourtant, au milieu de cette lignée existe un coupé à portes papillon tellement discret que même beaucoup de passionnés l’ignorent. En 1989, un préparateur allemand a transformé une sage 300 CE en OVNI roulant à plus de 260 km/h.
Mécaniquement, cette voiture reste bien une Mercedes. Mais son nom, Boschert B300 Gullwing, raconte autre chose : le rêve très personnel de l’ingénieur Hartmut Boschert, décidé à recréer une héritière officieuse de la 300 SL Gullwing, plus de trente ans après l’arrêt du modèle en 1957. L’histoire est aussi courte que fascinante.
Boschert B300 Gullwing : la Mercedes à portes papillon oubliée
Quand la dernière Mercedes 300 SL Gullwing est sortie de chaîne le 15 mai 1957, après 1 400 exemplaires, plus aucun modèle à portes papillon n’a porté l’étoile. Il a fallu attendre la SLS AMG de 2010 pour revoir ce type d’ouverture en série. Entre les deux, cette B300 Gullwing fait figure de chaînon manquant très particulier.
Présentée au Salon de Francfort 1989, la B300 repose sur une Mercedes 300 CE W124 dotée du six-cylindres 3,0 litres M103. D’origine, ce coupé développe 185 ch, 260 Nm et atteint 225 km/h en environ 7,5 s sur le 0‑100 km/h. Boschert a ajouté deux turbocompresseurs : le moteur grimpe à 283 ch et environ 300 Nm, pour moins de 6 s sur le 0‑100 et 266 km/h en pointe.
Une 300 CE violette métamorphosée par Hartmut Boschert
Pour installer de grandes portes papillon, la structure a été redessinée en profondeur. Les montants arrière ont avancé d’environ 25 cm, les seuils ont été massivement renforcés et les ouvrants mesurent près de 1,66 m de long, permettant d’accéder aux sièges avant comme arrière. La face avant complète, les sièges et plusieurs éléments viennent du roadster SL R129 fraîchement lancé à l’époque.
Extérieurement, ce coupé affiche une teinte Bornite Metallic (code 481), un violet rare, loin de l’Astral Silver et de l’intérieur noir d’origine. L’habitacle reçoit un cuir bi-ton violet sur les sièges, la planche de bord et la console, des inserts en bois, un volant bois-cuir et un téléphone de bord. Les logos Mercedes cèdent la place à des badges "Boschert" sur la calandre, le coffre et le volant.
Production minuscule et enchère record pour la Boschert B300 Gullwing
Le projet semblait ambitieux. Hartmut Boschert envisageait jusqu’à 300 exemplaires de sa B300, proposée à partir de 95 000 €. Le prix, l’énorme travail de carrosserie et l’image très radicale ont vite limité la clientèle. Au final, seulement 11 B300 auraient été construites, et une seule, celle de Francfort, a reçu des portes papillon. C’est aussi la seule assemblée par Boschert lui‑même.
Restée 18 ans chez le même propriétaire, cette pièce unique a reçu environ 16 216 € de réparations. Une peinture et une sellerie ont également été refaites pour un total proche de 29 000 €. En novembre 2023, la Boschert B300 Gullwing est passée sous le marteau de RM Sotheby’s à Munich : elle a atteint 455 000 €.














