Lamborghini Huracan : Liberty Walk ressuscite la supercar façon manga japonais
À Kyoto, une Lamborghini Huracan Liberty Walk orange semble sortie d'un manga et défie sa retraite officielle. Que raconte vraiment cette métamorphose japonaise entre culte et hérésie mécanique ?
Officiellement rangée au musée depuis l'arrêt de sa production en 2024, date rappelée par le média auto Autoevolution, la baby supercar de Sant'Agata devrait mener une retraite tranquille dans des garages climatisés. À Kyoto, c'est tout l'inverse : un coupé orange surgit sur les réseaux, posé par terre, élargi aux quatre coins, regard de prédateur. Plutôt que d'accepter la tombe, cette ex-star de catalogue cherche manifestement une seconde vie très voyante.
Cette rescapée n'est autre qu'une Lamborghini Huracan Liberty Walk, une Huracan confiée au préparateur japonais Liberty Walk pour un traitement widebody façon voiture d'anime. Après une longue carrière officielle stoppée en 2024, le coupé italien poursuit ainsi sa vie sur Instagram autant que sur l'asphalte. L'exemplaire de Kyoto devient alors le symbole d'une deuxième saison pour la Huracan, réécrite par les tuners plutôt que par les ingénieurs de Sant'Agata.
Kyoto, terrain de jeu d'une Lamborghini Huracan Liberty Walk "morte‑vivante"
Sur les photos prises à Kyoto, la Huracan orange semble sortir de la planche à dessin d'un mangaka. Les ailes avant et arrière gonflent la carrosserie avec de larges élargisseurs rivetés, les bas de caisse rasent l'asphalte et un petit spoiler type ducktail remplace le traditionnel aileron géant. Les jantes noires extra-larges, montées avec un carrossage fortement négatif, remplissent les arches tandis que la suspension rabaissée fait presque disparaître la garde au sol.
Ce que cache le kit Liberty Walk sur cette Huracan
Ce préparateur détaille sur son site des kits LB-Works complets comprenant bouclier avant, jupes latérales, diffuseur arrière, ailes élargies et aileron. L'un de ces ensembles est facturé 21 700 dollars en fibre de verre renforcée et les versions les plus abouties montent à 33 140 dollars, soit entre 18 000 et 28 000 €, d'après ce catalogue officiel. Le même catalogue mentionne aussi des versions "exchange fenders" qui remplacent entièrement les ailes d'origine sans découpe, afin de pouvoir revenir plus tard à une carrosserie stock.
Face à ces transformations privées, Lamborghini a elle-même proposé des Huracan très extrêmes, comme les STO ou Sterrato, pensées pour la piste ou les chemins. Mais la scène widebody japonaise va plus loin visuellement. Le site spécialisé LamboCARS, dédié aux Lamborghini, décrit par exemple le kit LB‑Silhouette Works Huracan GT comme inspiré des Huracan GT3 de compétition, avec des ailes encore plus anguleuses et un museau de voiture de course.
Pourquoi une Lamborghini Huracan Liberty Walk fascine autant qu'elle divise
Pour les puristes, découper visuellement une Huracan avec des rivets apparents et un carrossage extrême revient presque à profaner une œuvre d'art italienne. Pour d'autres, surtout sensibles à l'esthétique japonaise façon manga et culture stance, cette mutation est justement la meilleure façon de refuser que le modèle reste enterré. La Huracan orange de Kyoto condense ce conflit : une supercar officiellement morte qui continue de hanter la rue sous une nouvelle identité.














