Jaguar XJ220 : ce duo père-fils anglais a travaillé sur chaque exemplaire, mais personne ne connaît leur nom
Dans un atelier perdu du Staffordshire, Don et Justin Law bichonnent depuis des décennies la supercar la plus controversée de Jaguar. Au fil des années, ce duo père‑fils est devenu l’ultime recours pour tous les rares propriétaires de XJ220.
Dans un atelier discret du Staffordshire, un duo père‑fils veille depuis des décennies sur une supercar capricieuse. À 73 ans, Don Law a passé près de la moitié de sa vie sur la Jaguar XJ220.
Née comme concept en 1988, la XJ220 de série reçoit un V6 biturbo et devient la voiture de route la plus rapide du monde à 217 mph, environ 350 km/h, sur le Nürburgring. Vendue 440 000 £ (environ 560 000 €), elle arrive pourtant en pleine récession, loin de l’objectif initial de 350 exemplaires.
Comment Don et Justin Law ont pris en charge toutes les Jaguar XJ220
"Au final, 266 voitures de route ont été produites. C'est tout ce qu'ils ont construit et livré, nous avons les registres d'usine", explique Don Law au magazine américain Road and Track, "et nous avons soit travaillé directement dessus, soit reconstruit des sous-ensembles, soit fourni des pièces pour chacune d'elles".
Cette histoire commune commence quand Justin Law se met à courir en XJ220 et casse moteur sur moteur. "Nous faisions sauter les joints de culasse les uns après les autres", se souvient Justin Law, "alors nous avons appelé Jaguar et ils ont dit : 'Ils sont en rupture de stock. Nous n'en avons pas.' Nous avons donc dû fabriquer les nôtres, que nous avons ensuite commencé à fournir à Jaguar".
L’atelier Don Law Racing, centre mondial du Jaguar XJ220
Jaguar a assuré les pièces détachées jusqu’au dixième anniversaire de la fin de production, en 2007. Ce jour-là, le téléphone sonne chez Don Law Racing : "Ils ont dit : 'C'est à toi si tu le veux, mais tu as deux semaines pour tout organiser et déménager toutes les pièces'. Depuis, nous pouvons fournir chaque pièce de cette voiture en tant que petite entreprise en Angleterre", dit Don Law. "Malheureusement, nous ne pouvons pas nous diviser en dix et faire le tour du monde pour les entretenir. Nous pouvons les aider à survivre, mais la plupart doivent venir jusqu'à nous".
Malgré la complexité du modèle, père et fils restent amoureux de cette supercar. "La conception fait penser à un vaisseau spatial, comparée à celle d'une Ferrari F40", dit Justin Law. Don ajoute : "C'est un objet magnifiquement conçu. Les seuls problèmes que vous rencontrez viennent quand les gens ne les entretiennent pas ou ne savent pas les conduire".
De la direction capricieuse au Ford Transit Jaguar XJ220
Les XJ220 des années 1980 ont été livrées sans direction assistée, ce qui a poussé certains propriétaires à monter des kits hydrauliques hasardeux. "Les rotules inférieures sont assez délicates à régler, et beaucoup de gens les serrent trop, ce qui rend la direction lourde", explique Justin Law. "Nous avons retiré trois ou quatre systèmes d'assistance ajoutés après coup. Ils gâchent simplement la voiture".
Leur fourgon Ford Transit, ancien banc d’essai moteur équipé du V6 biturbo XJ220, sert toujours au quotidien. "Je fais du motocross vintage et je me suis présenté une fois à une course avec ma moto à l'arrière", raconte Justin Law. "Don joue dans un groupe et il a déjà transporté son clavier et le matériel du groupe à l'arrière".














