Griffith 200 : la petite sportive anglaise était parmi les voitures de série les plus rapides du monde
Au milieu des années 60, la Griffith 200 défie la Shelby Cobra avec un V8 Ford dans une minuscule TVR. Était‑ce vraiment la voiture de série la plus rapide du monde ou un mythe de showroom ?
À l’époque où la Shelby Cobra de Carroll Shelby symbolise la sportive ultime, un concessionnaire Ford de Long Island se fixe un objectif brutal : construire une voiture de série encore plus rapide. Jack Griffith récupère de petits coupés britanniques en fibre de verre, légers mais peu puissants, et y glisse un gros V8 Ford 289 ci. Sur ses prospectus, il promet une voiture de série plus rapide que la Cobra, vendue directement dans son showroom.
La création de Jack Griffith s’appelle Griffith 200, souvent résumée à une petite TVR Grantura gavée de V8. D’après Jalopnik, la version de base sort déjà 192 ch et pèse environ 860 kg, avec la possibilité d’opter pour un moteur Ford 289 haute performance beaucoup plus puissant. Cette masse plume et ce couple de camion donnent des accélérations proches de la Cobra, pour un prix d’appel de 3 995 dollars (environ 3 900 euros), plus 495 dollars (420 euros) pour le moteur optionnel, là où une Cobra 289 bien équipée dépasse les 6 000 dollars (environ 5 000 euros), toujours selon Jalopnik.
Pourquoi la Griffith 200 a fait trembler la Cobra
Techniquement, la Griffith 200 reprend le châssis tubulaire de la TVR Grantura Mk III, élargi et renforcé pour accepter le V8. L’assureur et spécialiste des voitures de collection Lancaster Insurance note que les premiers exemplaires recevaient des coups de masse sur le cadre pour faire rentrer le moteur, tout en conservant des freins et des pneus très modestes. Le résultat est un rapport poids-puissance de voiture de course dans une petite coque en fibre de verre animée par le gros Ford 289.
Sur la route, cette combinaison est aussi effrayante qu’efficace. Jalopnik décrit une sportive très sauvage qui offre des performances proches de la Cobra pour bien moins cher, mais avec une finition parfois bricolée, jusqu’à des aérations réalisées en chutes de plans de travail de cuisine sur les toutes premières autos. Avec seulement 192 exemplaires produits, toujours selon Jalopnik, la Griffith 200 a surtout séduit des conducteurs prêts à accepter un comportement brutal en échange de sensations brutes.
Griffith 200 : des chiffres proches des voitures de série les plus rapides du monde
Les chiffres de performance confirment que la Griffith 200 jouait bien dans la cour des voitures de série les plus rapides du monde de son époque. Les documents commerciaux repris par Lancaster Insurance indiquent un 0 à 60 mph (0 à 97 km/h) en 6 s et environ 140 mph (225 km/h) en pointe pour la version 192 ch, et jusqu’à 3,8 s et 145 mph (233 km/h) pour les autos équipées du V8 Ford 289 haute performance de 271 ch. Le magazine Classic and Sports Car évoque même un 0 à 60 mph (0 à 97 km/h) en moins de 4 s pour les exemplaires les mieux préparés.
Dans le recueil High Performance Cars 1965-1966, le journaliste britannique John Bolster mesure sur une Griffith 200 un 0 à 60 mph (0 à 97 km/h) en 5,2 s et surtout 163 mph (262 km/h) en vitesse de pointe, au prix d’une stabilité jugée inquiétante à ces allures. Les listes de records de voitures de série de la décennie retiennent plutôt des modèles comme l’AC Cobra 427 ou la Lamborghini Miura pour le titre officiel, mais ces données montrent que la petite TVR évoluait clairement dans le même club fermé.
L’héritage de la Griffith 200 dans la galaxie TVR
Selon Jalopnik, TVR ressuscitera le nom Griffith pour un roadster V8 des années 1990, preuve que cette petite série restait un repère de performance extrême.














