Ce banal V8 Mercedes a fini dans des voitures complètement folles
Derrière les Classe S des années 1970 et 1980 se cachait un V8 qui connaîtra une seconde vie inattendue. Isdera, Lotec ou Monteverdi l'ont installé dans des créations devenues rarissimes.
On connaît les grosses Mercedes de patrons, beaucoup moins le bloc qui vibrait sous leurs longs capots. Derrière les Classe S des années 70 à 90 se cachait le Mercedes M117, un V8 dont les premières versions possédaient un bloc en fonte, simple arbre à cames, de 4,5 à 5,6 litres. Un moteur pensé pour cruiser sur autoroute, qui va pourtant se retrouver au cœur de projets complètement dingues.
Six voitures presque introuvables en témoignent : prototypes artisanaux, limousine suisse aux faux airs de Rolls-Royce, hypercar pour milliardaire ou coupé à deux moteurs. Toutes partagent ce même moteur Mercedes M117, piqué à la sage Classe S puis poussé très loin. Certaines dépassent 300 km/h, d'autres n'ont été produites qu'à un ou deux exemplaires. Leur seul point commun visible reste ce V8 signé Stuttgart.
Le V8 Mercedes M117, du luxe tranquille aux délires d’ingénieurs
Techniquement, le M117 ne fait pas rêver sur le papier : V8 à 90°, simple arbre à cames en tête, deux soupapes, injection, bloc fonte. Lancé en 1971, il restera environ vingt ans au catalogue Mercedes, de la berline W116 au coupé SLC, avant d'être remplacé par le V8 M119.
Sa fiabilité, son couple et sa capacité à encaisser préparations et suralimentation en font une base idéale pour les petits constructeurs. Ils récupèrent un moteur complet de Classe S W126, portent parfois sa cylindrée à 6,0 litres ou lui ajoutent des turbos, et construisent autour de lui un châssis tubulaire ou une carrosserie de limousine.
Isdera, Lotec, Zender : quand le M117 se prend pour une supercar
Eberhard Schulz ouvre le bal avec l'Isdera Erator GTE Mk III, prototype bricolé dans son jardin et finalement équipé d'un M117 d'environ 390 ch qui lui vaudrait 315 km/h. Fort de ce coup d'essai, il lance l'Isdera Imperator 108i, coupé à portes papillon dérivé d'un concept Mercedes, toujours animé par le V8 M117 dans des versions jusqu'à près de 400 ch et plus de 300 km/h, fabriqué à une trentaine d'exemplaires.
La Lotec C1000, commandée par un milliardaire des Émirats, pousse le M117 à l'extrême : deux turbos, 1 000 ch annoncés, plus de 3 millions de dollars (environ 2,6 millions d'euros) et un seul exemplaire donné pour 431 km/h. Plus discrète, la Zender Vision 3 aligne un châssis tubulaire, une coque carbone et un M117 5,6 litres d'environ 300 ch en position centrale pour dépasser 250 km/h, un second châssis recevant plus tard une préparation Brabus.
Monteverdi et l’Autobahnkurier : le V8 Mercedes en très grand tourisme
Plus feutrée, la Monteverdi Tiara montre le M117 en costume trois pièces. L'ancien importateur Ferrari Peter Monteverdi part d'une Mercedes W126, allonge légèrement l'empattement, redessine les extrémités et greffe des feux de Peugeot 505, tout en conservant un V8 5,0 litres d'environ 231 ch avec boîte automatique à quatre rapports, pour seulement trois voitures produites.
Encore plus fou, l'Isdera Autobahnkurier AK116i rend hommage aux Mercedes profilées des années 30 avec un immense capot qui cache deux M117 5,0 litres montés nez à nez et reliés à deux boîtes automatiques, pour environ 600 ch et 242 km/h limités pour ménager le réservoir. Le cockpit provient d'une coque de VW Coccinelle élargie, et ce one‑off, comme la C1000, la Vision 3 ou la Tiara, ne se croise plus guère qu'en musée ou en ventes aux enchères spécialisées.














