Alfa Romeo veut tourner la page des grands écrans dans ses voitures
Au Mondial de Paris 2026, Alfa Romeo a affiché avec la Cuorerosso sa rupture avec la mode des écrans XXL. Derrière ce manifeste, une promesse de conduite bien plus radicale.
Dans le monde du design automobile intérieur, la mode est aux tablettes géantes plantées au milieu du tableau de bord, mais Alfa Romeo prend le contrepied. Avec son concept-car Cuorerosso, dévoilé au Mondial de Paris, la marque italienne affiche clairement la couleur : tourner la page des grands écrans envahissants et revenir à un habitacle plus épuré, centré sur la conduite.
Pourquoi Alfa Romeo veut en finir avec les écrans XXL ?
Derrière ce choix, le patron du design Alejandro Mesonero-Romanos assume une forme de rupture. Pour lui, la voiture moderne vit une "guerre des centimètres" sur les écrans qui "deviennent énormes" et finissent par "dessiner le tableau de bord à votre place". Alfa Romeo veut au contraire cacher le numérique, sans le sacrifier, quitte à déplaire aux fans de dalles XXL. Alejandro Mesonero-Romanos ne mâche pas ses mots : "débarrassons-nous des écrans" a t-il déclaré à nos confrères d'Autocar. Le designer explique avoir "cherché le vide" dans Cuorerosso, jugeant les écrans agréables "quand on est assis dans la voiture, mais pas quand on conduit". Il anticipe aussi des surfaces vite "obsolètes", coûteuses à remplacer, alors que la mécanique et les matériaux, eux, durent. Dans cette logique, il rappelle que "tout ce que vous mettez sur un écran, vous ne le mettez pas ailleurs" et qu’il préfère consacrer cet ailleurs à des éléments utiles ou beaux. Il prévient : si quelqu’un tient absolument à un énorme écran, "qu’il n’achète pas d’Alfa, qu’il achète autre chose". Daniele Chiari, responsable produit, parle même de "détoxifier notre intérieur".
Cuorerosso, manifeste de la “détox” numérique chez Alfa Romeo
Le concept-car Alfa Romeo Cuorerosso, fastback d’environ 4,70 m présenté au Mondial de l’Auto 2026, ne se contente pas de faire le show. Il sert de brouillon très concret aux modèles de série attendus à partir de 2028, sur plateformes multi-énergies, et incarne la nouvelle philosophie Bellezza Necessaria : enlever le superflu, garder l’essentiel, y compris pour la technologie embarquée. À bord, Cuorerosso illustre cette volonté de faire de la place au vide : les surfaces numériques sont réduites, les volumes paraissent plus légers et les fonctions vitales restent sur des commandes physiques. L’habitacle devient moins standardisé que le combo habituel petit écran devant le conducteur plus grande tablette centrale, avec une mise en scène plus discrète du numérique. Le cœur de cette interface, c’est le nouveau "cannocchiale" numérique. Deux rondelles d’affichage peuvent se comporter comme deux instruments séparés ou se rapprocher pour ne former qu’un seul cadran, limité aux données essentielles. L’une peut afficher la carte de navigation, l’autre la vitesse, au point de rendre inutile un écran central massif. Le designer rêve même de "conduire de nuit avec un seul cannocchiale rouge, et rien d’autre".
Sous ce combiné, la console centrale "Magma" garde des boutons, molettes et interrupteurs pour la ventilation ou la température, mais confie le reste à une petite projection nichée en haut de la console. On y fait défiler la musique ou le guidage avec une molette, puis on ajuste via des touches haptiques. Écran éteint, tout disparaît : "Je suis sûr qu’il y a beaucoup de gens qui pensent comme nous", assure Alejandro Mesonero-Romanos, convaincu que "beaucoup de gens seront heureux de cette expérience".














