Mazda RX-8 (2003-2012) : quelles sont ses pannes les plus fréquentes ?
Aussi atypique sur la forme que sur le fond, la Mazda RX-8 est une voiture de connaisseurs unique en son genre. Une singularité qui fait sa force… et sa faiblesse !
Sport Auto se penche sur les pannes les plus fréquentes à surveiller sur la Mazda RX-8, commercialisée de 2003 à 2012 à partir de 4.500 €.
Mazda RX-8 (2003-2012) : quelles versions ?
RX-8 (2003 à 2012)
- Moteur : birotor en ligne, 1 308 cm3, 192 ch à 7 000 tr/mn
- Transmission : 5 rapports man.
- Poids : 1 394 kg
- V. max. : 223 km/h
RX-8 Performance (2003 à 2012)
- Moteur : birotor en ligne, 1 308 cm3, 231 ch à 8 200 tr/mn
- Transmission : 6 rapports man.
- Poids : 1 382 kg
- V. max. : 238 km/h
Le constructeur NSU y a cru, mais le manque de fiabilité de sa
Ro 80 l’a tuée. Mercedes et Citroën s’y sont également essayés. Si
Mercedes est resté prudemment au stade du concept expérimental (C
111), la marque aux chevrons s’est risquée à commercialiser une
petite série de M35 et de GS avant de les rappeler.
Bref, le moteur rotatif Wankel, pourtant simple et génial sur le
papier, s’est avéré une fausse bonne idée face au moteur quatre
temps à combustion classique. Tous les constructeurs y ont renoncé.
Tous, sauf Mazda, qui s’est penché avec brio sur le sujet dès 1964
avec son petit coupé Cosmo aux lignes futuristes.
Un modèle demeuré confidentiel, mais dont la technologie a été
améliorée puis transposée avec succès en 1979 dans la RX-7. Avec
plus de 800 000 exemplaires vendus à l’époque dans le monde sur
trois générations, la firme est parvenue à démocratiser cette
technologie.
Mieux, la marque japonaise s’est payé le luxe, en 1991, de faire
triompher le rotatif aux 24 Heures du Mans en Sport-Proto (787B),
un exploit humain et technique unique à ce jour. Dès 2003, Mazda a
récidivé en lançant un tout nouveau modèle : la RX-8 qui nous intéresse ici.
Produite jusqu’en 2012, sobre et musclée de ligne, elle est
désormais un youngtimer qui séduit une clientèle aussi férue de
sportives japonaises abordables que d’exotisme mécanique. Vous
apprécierez aussi ses quatre vraies places à portes arrière
antagonistes.
L’intérieur reste plaisant à vivre – et à voir ! –, le thème du
rotor étant décliné du levier de vitesses aux appuie-tête. Original
! Pour ne rien gâcher, la dotation demeure dans le coup.
Sérieusement construite, la RX-8 sait, aujourd’hui encore, donner
le sourire sur la route grâce à la qualité de ses trains
roulants.
Agile, légère (1 382 kg) et précise, cette propulsion met en avant
le plaisir de conduite avec sa boîte manuelle à 6 rapports bien
étagée et guidée, un différentiel autobloquant Torsen apportant
davantage d’efficacité dans les virages.
Et puis, bien sûr, il y a ce moteur à pistons rotatifs, le Renesis.
Développant, au choix, 192 ou 231 ch en variante Performance, il a
cette faculté de tutoyer de très hauts régimes (rupteur à 9 500
tr/mn)… mais aussi à décevoir par manque de couple.
Le petit restylage de 2006 n’y changera pas grand-chose, malgré un
gain de 13 ch sur la version de base. Aujourd’hui, la Mazda RX-8
offre toujours ces saveurs si particulières, pour le prix d’une
modeste citadine d’occasion. Mais encore faut-il savoir bien
l’acheter…
Mazda RX-8 (2003-2012) : quelles pannes à surveiller ?
Carrosserie et structure
Excepté le capot (alu) et les boucliers (composite), la
structure et la carrosserie de la RX-8 sont en acier.
Un matériau simple à réparer chez n’importe quel
professionnel. Tant mieux, car la RX-8 craint le moindre
choc.
A l’instar des éléments mécaniques, tout est encore disponible, à
des prix raisonnables. Avec le recul, il s’avère que les peintures
sont de qualité moyenne. Sensibles aux rayures, elles perdent en
brillance pour les exemplaires peu soignés dormant dehors.
Avec le temps, on se rend compte que la RX-8 est vulnérable à la
corrosion, notamment au niveau des ailes, des bas de caisse et des
planchers, chose critique pour un modèle ne possédant pas de « pied
milieu ». Un phénomène marqué sur les autos provenant d’Allemagne
et celles séjournant en bord de mer ou à la montagne (à cause du
sel sur les routes).
Transmission
Sur la version de base, cette propulsion dispose d’une classique
boîte manuelle à 5 rapports, bien guidée et dotée de verrouillages
fermes et précis. Mais il y a mieux encore avec la Performance de
231 ch, qui gagne un sixième rapport faisant toute la différence au
quotidien.
Dans les deux cas, cette boîte ne pose aucun problème jusqu’à
l’approche des 100 000 km, nécessitant alors un remplacement
traditionnel d’embrayage, comme sur toutes les voitures. Comptez
dans les 1 500 € avec la main-d’œuvre. A noter que nombreux sont
ceux qui profitent de la refonte du moteur vers ce même kilométrage
pour refaire en même temps l’embrayage.
Intérieur
Si la finition n’est pas irréprochable, cela n’a rien de
rédhibitoire et l’ensemble vieillit bien. A propos de sellerie,
sachez que seule la Performance offre le cuir de série, ce qui
rehausse la qualité perçue. Comme souvent, le bourrelet latéral du
siège conducteur peut présenter une usure plus prononcée. Rien de
grave…
Notez que Mazda a proposé quelques séries limitées, telles que la «
Rotor Celebration » ou la « 40th Anniversary », chacune comportant
des éléments spécifiques devenus difficiles à trouver.
Enfin, Mazda a procédé à des rappels en 2005 pour un souci d’airbag
et pour mettre à jour le PCM (appelé aussi « ECU »), c’est-à-dire
le calculateur principal qui gère les paramètres du moteur.
Moteur
L’attrait réside dans ce moteur birotor si particulier, sans
distribution ni soupape, qui réclame un entretien pointu. Un
rotatif tourne à des régimes très élevés et a besoin d’une huile
spécifique 5W30 (impérativement de la Dexelia à 18 € le litre),
qu’il consomme normalement au rythme d’un litre tous les 1 000 km
(appoints réguliers à faire entre les révisions).
Malgré des précautions d’usage (vidange tous les 10 000 km), la
segmentation reste le maillon faible à l’approche des 100 000 km.
Ne soyez donc pas surpris de voir de nombreux exemplaires « rebuild
» à ces kilométrages.
Si ce n’est pas le cas, vous vous exposez à un reconditionnement
(comptez 1 500 € pour le kit complet et ajoutez 20 heures de
main-d’œuvre) ou à un changement de moteur (7 000 €). Testez les
compressions, la valeur optimale étant de 6 bar, voire 7 pour un
moteur refait. La difficulté réside aussi dans le manque de bons
spécialistes.
Au quotidien, une RX-8 réclame une révision tous les 10 000 km (200
€ avec la vidange et le remplacement des filtres). Tous les 30 000
km, il faut changer les bougies (450 € environ chez un
spécialiste).
De la corrosion peut apparaître sur les radiateurs d’huile. Et
sachez que le démarreur d’origine manque de puissance, nécessitant
d’en installer un de 1,5 kW.
Trains roulants
Mesurée par nos soins à seulement 1 382 kg, la RX-8 est une
sportive légère mais aussi parfaitement équilibrée, qui préserve
bien ses périssables, dont les prix restent accessibles. Pour les
pneus, en 225/45 R 18, comptez 450 € par train.
Les disques, très résistants, peuvent parcourir 120 000 km et ne
coûtent que 400 € par jeu avec la main‑d’œuvre. Pour les
plaquettes, il faudra débourser 200 € environ tous les 50 000
km.
Les amortisseurs, à peine plus onéreux, valent 450 € par jeu et
doivent être changés tous les 120 000 km. Si la RX-8 peut être
chère à entretenir lorsqu’il faut refaire la segmentation, elle se
rattrape en partie ici. A noter que Mazda a procédé en 2005 à un
rappel pour remplacer les triangles inférieurs sur les modèles
produits à partir de 2003.
Mazda RX-8 (2003-2012) : quels atouts ?
- Rapport prix/plaisir/exclusivité
- Comportement routier
- Coupé 4 portes à 4 places
- Mécanique atypique mais…
Mazda RX-8 (2003-2012) : quelles faiblesses ?
- … exigeante et réclamant de vrais spécialistes
- Moteur creux
- Cote en hausse
Mazda RX-8 (2003-2012) : quel budget d'entretien et d'assurance ?

Le verdict de Sport Auto : 4/5
S’offrir à ce prix une sportive aussi exotique et atypique, c’est cadeau, mais il faudra accepter de composer avec une mécanique pointue, réclamant de la manutention. En contrepartie, l’entretien courant reste très abordable, alors pourquoi pas ?
Retrouvez notre article sur les pannes fréquente de la Mazda RX-8 (2003-2012) dans le Sport Auto n°766 du 31/10/2025.














