Ferrari FF (2011-2016) : quel budget faut-il pour rouler avec ?
Bien avant le Purosangue, Ferrari avait commercialisé des modèles à 4 places au tempérament volcanique. Comme la FF, un break de chasse à transmission intégrale. Quel budget vaut-elle aujourd'hui en occasion ?
Chez Ferrari, les coupés à 4 places existent depuis les années 60. Après la sublime 250 GT 2 + 2 (ou GTE), la firme au cheval cabré en a même fait un incontournable dans sa gamme. La série 400 a pris la relève, puis la 456 GT, suivie de la 612 Scaglietti. Cela nous amène à la FF – pour Ferrari Four – en référence à ses 4 places et à ses 4 roues motrices.
Ferrari FF (2011-2016) : coup d'oeil sur le break de chasse
Ce modèle en rupture avec les générations
précédentes prend les traits d’un break de chasse.
Présentée au Salon de Genève en mars 2011, la FF
reste fidèle au V12 avant placé longitudinalement.
Et quel V12 !
Il est, issu de la berlinette F12, est placé en
retrait des roues avant pour équilibrer les masses. C’est un
fantastique 6,3 litres atmosphérique
à injection directe qui délivre
660 ch.
Une puissance permettant de transfigurer cette
Ferrari très habitable (coffre de 450 litres)
en une sportive, et ce, malgré un poids
important de 1 880 kg. La FF efface l’exercice du
0 à 100 km/h en 3’’7 et revendique 335 km/h
!
Par ailleurs, elle inaugure une transmission
intégrale pour le moins originale : celle-ci n’est
pas permanente, puisqu’elle fait appel à une
mini-boîte à 2 rapports (placée sur
l’extrémité avant du vilebrequin), qui gère l’enclenchement
automatique du train avant, synchronisée par
l’électronique aux 7 rapports de l’arrière.
La FF est produite jusqu’en 2016 à
2 291 exemplaires, puis remplacée par la
GTC4Lusso. Elle s’échange aujourd’hui à un prix
moyen situé aux alentours de
130 000 €.
Ferrari FF (2011-2016) : quelles pannes potentielles à surveiller ?
Intérieur
Oubliez la finition légère des Ferrari
des années 80-90. La FF bénéficie d’une
rigueur que l’on est en droit d’attendre d’une
auto de cette catégorie.
Les cuirs vieillissent bien, et les assemblages
sont convaincants.
Seule la tablette arrière, un peu légère, peut générer des
vibrations sur mauvais revêtement. L’électronique
embarquée peut aussi être à la source de
dysfonctionnements, généralement résolus en
atelier par une simple reprogrammation. Cela
affecte le GPS ou encore les sièges chauffants.
Carrosserie & Structure
La Ferrari FF fait beaucoup pour réduire sa
masse, puisque sa structure et sa carrosserie sont
intégralement en aluminium, à l’exception des
boucliers, en matériaux composites. Inutile de
préciser qu’en cas de choc, il faudra consulter un vrai
spécialiste.
D’origine, tout est parfait, de
la brillance et de la profondeur des peintures aux
divers ajustages. Un rendu approximatif doit vous
alerter sur le fait que vous êtes en présence d’une
auto qui a été mal réparée.
La FF étant basse et exposée au
moindre choc, il vous faudra ausculter
attentivement l’état des flancs mais aussi les
soubassements, dotés d’un carénage à fond
plat.
Moteur
Sous le long capot prend place
un véritable joyau mécanique comme
on n’en verra plus : un V12
6,3 litres atmosphérique à 48 soupapes.
Étroitement dérivé de celui de la F12, il passe de
740 à 660 ch mais reste
adepte des hauts régimes, en tutoyant sans peine
les 8 000 tr/mn.
Autant dire qu’il faut bien le laisser chauffer
avant de le solliciter et lui prodiguer
un entretien suivi. Cela implique une
révision tous les 20 000 km ou une fois
par an, l’ordinateur de bord pouvant vous demander
de diviser cette fréquence par deux en
cas d’usage intensif.
Comptez 1 740 € chez un spécialiste
indépendant… et près du double chez Ferrari. Tous
les 50 000 km, une grosse
maintenance est à prévoir avec
le remplacement des 12 bougies et
des courroies d’accessoires, ce qui coûte
dans les 2 550 €.
Bonne nouvelle, ce V12 à distribution par
chaîne brille par sa fiabilité. Le seul rappel,
qui se limite à une vérification en atelier,
concerne le bouchon de carter d’huile, qui peut se dégrader avec le
temps.
Transmission
La FF reçoit une boîte F1 à 7 rapports – une
Getrag à double embrayage – qui se montre réactive et efficace au
quotidien. Elle bénéficie d’un bain d’huile à vie,
mais effectuer une vidange tous les 100 000 km
n’est pas superflu si l’on fait beaucoup de ville
ou du circuit.
Le maillon
faible concerne plutôt – de façon très aléatoire –
la transmission intégrale, au niveau de la boîte
de transfert. Lorsque les capteurs sont
endommagés, la FF reste en propulsion, perd les
modes de conduite et n’offre plus une sécurité
optimale. C’est un vrai problème car
l’intervention coûte une fortune.
Il faut déposer la boîte et changer les
composants, et cela revient à près de… 31
000 € ! Mieux vaut donc s’assurer avant d’acheter que cet
élément fonctionne parfaitement bien.
Trains roulants
Longue, spacieuse, relativement bien finie et
bien équipée, la Ferrari FF est une GT qui
approche les 1 900 kg à vide. Cet embonpoint a des
conséquences sur l’usure des périssables, en
fonction de la conduite adoptée.
Ces éléments sont très coûteux, alors évidemment,
avoir le pied lesté ou s’aventurer sur circuit
alourdira la facture. Un train de pneus coûte environ 1 020
€, et les 4 disques en carbone-céramique coûtent 15 400 €
avec les plaquettes !
Les amortisseurs pilotés sont réputés fiables et
c’est tant mieux, chacun valant 2 025 € pièce,
soit 4 050 € par train. Autant d’éléments à
contrôler avant d’acheter une Ferrari FF ! Enfin,
sans surprise, les jantes sont particulièrement
exposées au moindre coup de trottoir.
Ferrari FF (2011-2016) : quels sont les coûts d’entretien ?
Ferrari FF (2011-2016) : quel est le coût d’assurance ?
Ferrari FF (2011-2016) : quels sont les prix en occasion ?
La fourchette est large, et la Ferrari FF continue de naviguer au-delà des 100 000 €. Pour les exemplaires les plus kilométrés, approchant les 130 000 km, comptez au minimum 105 000 €. Les modèles totalisant moins de 40 000 km s’affichent encore à 140 000 €.




