Bentley Continental GT (2018-23) : quelles pannes les plus fréquentes à surveiller ?

Publié le 11 août 2026 à 15:00
Bentley Continental GT (2018-23) : quelles pannes les plus fréquentes à surveiller ?

Rares sont les autos à combiner autant de luxe et de raffinement. Ce savoureux cocktail est parfaitement exécuté sur cette Bentley Continental GT de troisième génération. Sport Auto se penche sur ses pannes les plus courantes à surveiller.

Sport Auto revient sur la Bentley Continental GT, commercialisée de 2018 à 2023 à partir de 115 000 €.

Bentley Continental GT : retour sur sa carrière de 2018 à 2023

Ferdinand Piëch a eu un réel impact sur l’automobile. A l’opposé de certains P.-D.G. qui sont d’abord des financiers, Piëch était un capitaine d’industrie, un ingénieur surdoué et passionné d’automobile. La Porsche 917, c’est lui, mais aussi le flat 6, sans oublier l’ascension d’Audi grâce au Quattro, la renaissance de Bugatti et de Lamborghini ou les synergies au sein des marques du groupe Volkswagen. Un groupe qui a racheté en 1998 un autre joyau à la dérive : Bentley.
Depuis, Piëch a organisé son nouveau départ en engageant avec succès un sport-proto LMP1 aux 24 Heures du Mans. Pour tirer profit de la victoire de Bentley au Mans 2003, le constructeur s’est relancé cette même année avec un modèle phare : la Continental GT. Cette GT fait écho à la rarissime R-Type de 1955, une splendeur restée dans les mémoires des amoureux de Grand Tourisme.
Déclinée en coupé et en cabriolet GTC 4 places, cette Continental GT du renouveau dépoussière l’image un peu old school de la marque. Malgré les emprunts à la grande série pour réduire les coûts, son gros moteur W12 6.0 suralimenté de 560 ch bourré de couple, sa suspension pneumatique et sa transmission intégrale vont permettre de séduire une large clientèle.
Devenu le pilier de la gamme, ce modèle renouvelé en 2010 par une seconde mouture va exploiter les points forts du premier opus et même en améliorer certains, par exemple à travers la commercialisation d’une version V8 (d’origine Porsche/Audi) en parallèle au W12, plus légère et moins chère.
C’est sur ces excellentes bases qu’est lancé, en septembre 2017, le troisième opus qui nous intéresse, en coupé W12 d’abord, le cabriolet n’étant introduit qu’en 2018. Sans trahir l’A.D.N. du modèle, le style s’est encore affiné, affirmé aussi, et c’est une réussite. En 2018, Bentley a sagement reconduit le V8 4.0 biturbo, un bloc de 550 ch qui s’octroie depuis l’essentiel des ventes, en complément du W12 6.0 de 635 ch.
A moins que vous ne préfériez la variante Speed de 659 ch proposée en 2021. Dans tous les cas, il faudra casser votre tirelire, puisque l’auto exige un minimum de 115 000 € en W12 avec 80 000 km. Les V8 prétendent à des tarifs parfois supérieurs s’ils affichent de faibles kilométrages.

Bentley Continental GT : quelles versions commercialisées ?

Continental GT V8

  • Commercialisation : 2018 à 2023
  • Moteur : W8, biturbo, 3 996 cm3, 550 ch à 6 000 tr/mn
  • Transmission : 8 rapports auto
  • Poids : 2 165 kg
  • V. max. : 318 km/h

Continental GT W12

  • Commercialisation : 2018 à 2023
  • Moteur : W12, biturbo, 5 950 cm3, 635 ch à 6 000 tr/mn (GT Speed : 659 ch à 5 000 tr/mn)
  • Transmission : 8 rapports automatiques
  • Poids : 2 244 kg (cabriolet : 2 414 kg)
  • V. max. : 333 km/h (GT Speed : 335 km/h)

Bentley Continental GT : quelles pannes à surveiller ?

Carrosserie et structure

Bien qu’entièrement en aluminium, la Continental GT est lourde, très lourde même, puisqu’elle dépasse au moins les 2 165 kg en coupé V8 et même 2 335 kg en cabriolet ! D’origine, le rendu est irréprochable, avec des ajustages impeccables et des peintures de qualité. Le moindre défaut doit vous interpeller : vous êtes en présence d’une auto qui a été accidentée et mal réparée.
Cela peut d’ailleurs se comprendre, car remettre en état une pièce en alu demande des compétences particulières… plus onéreuses que traiter un élément en acier. Sur certains exemplaires (Supersport), il y a des composants spécifiques en carbone, vulnérables et chers à remplacer. Enfin, si les boucliers peints couleur carrosserie sont en composite, ils demeurent très exposés au moindre choc.

Transmission

Afin de faire passer tout le couple au sol, cette GT opte pour une transmission intégrale permanente, privilégiant le train arrière en vue de gagner en dynamisme. Question boîte de vitesses, on retrouve une ZF à convertisseur comportant 8 rapports. Celle-ci se montre aussi douce que réactive à l’usage et ne doit présenter aucun à-coup lors des passages de vitesse.
Ces éléments, également éprouvés sur d’autres modèles du groupe Volkswagen (Audi, Lamborghini, Porsche…), sont réputés fiables à l’usage. Pour garantir un parfait fonctionnement de la boîte, il est recommandé d’effectuer une vidange tous les 50 000 km ou 8 ans, avec le changement de la crépine, ce qui revient à 800 € environ.

Intérieur

Contrairement à la première génération, la finition est vraiment somptueuse. Elle apporte un réel plus en disposant d’une console centrale basculante qui peut présenter un écran tactile moderne… ou une interface old school avec des cadrans, dont une horloge à aiguilles. Globalement, tout cela semble très bien vieillir, avec des assemblages rigoureux et des matériaux de qualité.
Vérifiez l’état des boiseries et des cuirs, ces éléments étant très chers à remplacer. Une vigilance à renforcer sur le cabriolet, par nature plus exposé aux intempéries, sans oublier le parfait fonctionnement de la capote entièrement électrique. A noter que chaque Continental GT est le plus souvent unique, de nombreux exemplaires ayant bénéficié des options exclusives du département Mulliner. Il est recommandé de confier de temps à autre l’auto à un spécialiste Bentley (ou au réseau) pour effectuer d’indispensables mises à jour.

Moteur

Tradition oblige, le W12 6.0 biturbo est reconduit. Un moteur réputé fiable et assemblé à la main, déjà largement éprouvé par le passé, y compris sur d’autres modèles du groupe Volkswagen, dont l’Audi A8. Mais Bentley mutualise également le V8 4.0 biturbo que l’on trouve de même ailleurs dans le groupe (Lamborghini Urus, Audi RS 6, Porsche Panamera…).
Doté lui aussi d’une distribution par chaîne, ce dernier bloc plus léger de 65 kg et plein de ressources a notre préférence. Dans les deux cas, une révision s’impose tous les ans dans la limite de 10 000 km, mais il existe une différence sensible au niveau des coûts d’entretien, vraiment très élevés sur la W12 lors des grosses révisions (tous les 60 000 km), notamment à cause du remplacement des bobines et bougies. Pour une simple révision sur la V8, comptez 1 500 € environ chez un indépendant… et beaucoup plus chez Bentley.
S’il y a des fuites d’huile, des jeux de courroies à renouveler, voire plus, l’addition peut facilement atteindre 6 000 €. Par ailleurs, il est recommandé de procéder régulièrement à une mise à jour du calculateur du logiciel gérant le moteur. Enfin, notez qu’il y a eu un rappel sur les modèles assemblés entre juin 2018 et juillet 2020 du fait d’un problème de pompe à eau, qui peut générer une pression négative, envoyer le liquide de refroidissement dans le mauvais sens et provoquer une panne.

Trains roulants

Pour garantir un mix parfait entre confort et dynamisme, cette Bentley adopte une suspension pneumatique à trois chambres avec des barres antiroulis actives (alimentées par un réseau de bord 48 V) composant le système Dynamic Ride. A noter que la version Speed – disponible seulement avec le W12 poussé à 659 ch – ajoute un différentiel arrière actif à glissement limité et des roues arrière directrices qui apportent un gain en agilité. Il faut au passage procéder au nettoyage des électrovannes pour éviter les pannes.
Par ailleurs, les amortisseurs peuvent parfois fuir, ce qui impose de les remplacer : comptez 1 500 € par train. Et si le problème vient du compresseur, prévoyez 2 500 €. La Continental étant très lourde, les pneus et les freins sont soumis à de fortes contraintes. Un train de pneus coûte 1 200 € pour l’avant et 1 500 € pour l’arrière.
Pour des disques en acier, comptez 3 000 € par train tous les 50 000 km, et bien plus pour des modèles optionnels en carbone‑céramique. Enfin, pensez à vérifier le bon état des jantes de 21 pouces, exposées au moindre coup de trottoir.

Bentley Continental GT : ses atouts ?

  • Style
  • Comportement
  • Confort
  • Performances

Bentley Continental GT : ses faiblesses ?

  • Entretien coûteux
  • Poids élevé

Verdict : 4/5

Belle, luxueuse, puissante et dotée d’un confort appréciable, cette Bentley fait honneur à son blason et à l’art délicat du Grand Tourisme. Seuls ses prix élevés et son entretien onéreux peuvent faire hésiter…

Bentley Continental GT : budget ?

© ERAS

Retrouvez notre article occasion sur la Bentley Continental GT dans le Sport Auto n°774 du 26/06/2026.

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