16 000 à 25 000 € pour une Renault 5 Alpine Turbo (1981-1984) : est-ce encore une bonne affaire ?

Publié le 6 septembre 2026 à 08:30
Renault 5 Alpine Turbo (1981-1984) : que vaut-elle sur le marché de l'occasion ?

Dans l’ombre de la spectaculaire R5 Turbo à moteur central, la Renault 5 Alpine Turbo mérite pourtant qu’on s’y attarde. Héritière de la R5 Alpine atmosphérique, elle fut l’une des premières petites sportives françaises à miser sur le turbocompresseur.

Alors que l’Alpine A290, première petite sportive 100 % électrique du constructeur dieppois, a fait ses débuts sur le marché en 2025, elle remet forcément en lumière les anciennes bombinettes de la marque. Bien avant l’arrivée des batteries et des moteurs électriques, Renault proposait déjà une citadine compacte au caractère bien trempé : la Renault 5 Alpine Turbo, lancée en 1981.

Renault 5 Alpine Turbo : une sportive turbocompressée dès 1981

Au début des années 1980, Renault décide de muscler sérieusement sa R5 Alpine. Le constructeur installe un turbo Garrett T3 sur le quatre-cylindres 1.4 Cléon-Fonte. Résultat : la puissance atteint 110 ch, pour un poids contenu à environ 850 kg.

Toute la cavalerie est transmise aux roues avant par l’intermédiaire d’une boîte manuelle à cinq rapports. Le couple grimpe à 157 Nm, soit près de 20 % de plus que sur la précédente R5 Alpine atmosphérique, tandis que la vitesse maximale atteint 186 km/h.

Pour l’époque, les performances sont particulièrement sérieuses. Et plus de quarante ans après son lancement, la R5 Alpine Turbo conserve un caractère très particulier, notamment grâce au fonctionnement typique des moteurs turbo de cette génération, avec une poussée qui arrive franchement à mi-régime.

Un habitacle typiquement années 1980

À bord, impossible de se tromper d’époque. La présentation affiche clairement ses ambitions sportives avec une sellerie semi-baquet spécifique Alpine, une instrumentation à fond rouge, un manomètre de pression du turbo et un volant trois branches siglé Alpine.

L’ensemble reste relativement dépouillé et fonctionnel. Pas d’ABS, pas de direction assistée et encore moins d’airbags : le conducteur doit composer seul avec la voiture.

Avec les années, l’état de l’habitacle devient toutefois un point important à contrôler. Certains plastiques vieillissent mal et peuvent se fissurer, tandis que les sièges d’origine sont parfois fortement usés ou déchirés. Il faut également surveiller la moquette, notamment sur les voitures ayant souffert de problèmes d’humidité.

Une carrosserie à surveiller de très près

La R5 Alpine Turbo reprend naturellement la base de la Renault 5 classique, mais plusieurs éléments permettent de la distinguer. Elle reçoit notamment des extensions d’ailes, des boucliers spécifiques, des jantes de 13 pouces caractéristiques ainsi que différents marquages « Turbo ».

Sa présentation demeure beaucoup plus discrète que celle de la spectaculaire R5 Turbo à moteur central, mais les amateurs la reconnaissent immédiatement.

Le véritable point noir concerne surtout la corrosion. Passages de roues, bas de caisse, planchers ou encore longerons doivent faire l’objet d'un examen particulièrement attentif avant tout achat.

Il convient également de se méfier des voitures repeintes à moindre coût ou ayant bénéficié de restaurations approximatives. Certaines pièces de carrosserie propres à cette version deviennent difficiles à trouver et leur prix peut rapidement grimper.

Un moteur solide, mais exigeant

Le quatre-cylindres 1.4 turbo de type 840-30 possède une réputation plutôt correcte à condition d’avoir bénéficié d’un entretien sérieux.

Le Garrett T3 peut néanmoins montrer des signes de fatigue lorsqu’il est encore d’origine. Le carburateur Weber double corps réclame lui aussi un réglage précis et l’intervention d’un spécialiste connaissant bien ce type de mécanique.

L’absence d’intercooler rend par ailleurs le moteur particulièrement sensible aux températures élevées. Toute trace de surchauffe doit donc inciter à la prudence.

Avant l’achat, il est indispensable de vérifier les démarrages à froid, l’éventuelle présence de fumée à l’échappement et le bon fonctionnement du turbo. Lorsqu’il est correctement réglé, ce moteur offre une montée en régime énergique accompagnée d’une sonorité mécanique particulièrement évocatrice.

Boîte et trains roulants : l'essai est indispensable

La boîte mécanique à cinq rapports se révèle globalement plaisante à utiliser, même si son guidage peut sembler moins précis que celui d’une Peugeot 205 GTI. L’embrayage est plutôt endurant, mais les synchros peuvent souffrir sur les voitures ayant beaucoup roulé ou été conduites sportivement.

Du côté du châssis, l’âge de l’auto impose une inspection attentive. Amortisseurs, rotules et silentblocs peuvent être fatigués et nécessiter une remise à niveau.

La direction sans assistance reste suffisamment directe une fois en mouvement, mais elle demande davantage d’efforts lors des manœuvres à basse vitesse. Sur une route sinueuse, la R5 Alpine Turbo demeure vive et joueuse, avec un comportement qui réclame davantage d’implication qu’une sportive moderne.

Un essai routier est donc incontournable. Une voiture saine doit conserver une direction précise, un comportement homogène et ne présenter aucun tirage anormal au freinage ou en ligne droite.

Quel budget prévoir pour l’entretien ?

Pour les opérations courantes, la facture demeure relativement raisonnable. De nombreuses pièces mécaniques sont toujours disponibles grâce au réseau de spécialistes consacré aux anciennes Renault.

La situation se complique davantage pour les composants spécifiques à l’Alpine Turbo. Turbo, carburateur, collecteur, certains éléments de transmission ou encore les pièces d’habitacle peuvent devenir difficiles à dénicher.

Comptez généralement entre 400 et 600 € pour une révision classique. En revanche, une réfection importante du moteur peut facilement représenter 4 000 à 5 000 €.

Concernant l’assurance, une formule dédiée aux véhicules de collection permet souvent de conserver un budget raisonnable. Selon le profil du conducteur et l’assureur, la cotisation annuelle peut se situer entre 350 et 700 €.

Renault 5 Alpine Turbo : combien coûte-t-elle en occasion ?

Restée longtemps dans l’ombre de certaines GTI des années 1980, la R5 Alpine Turbo a progressivement vu sa valeur augmenter.

Un exemplaire roulant et correctement conservé se négocie généralement entre 16 000 et 20 000 €. Les voitures parfaitement restaurées, très bien préservées ou affichant un faible kilométrage peuvent quant à elles atteindre 20 000 à 25 000 €.

Les exemplaires les plus recherchés sont naturellement ceux disposant d’un historique détaillé, d’un intérieur proche de l’origine et d’une peinture conforme à la configuration d’époque.

L’offre reste toutefois limitée. Trouver une belle voiture peut demander du temps et il n’est pas toujours inutile d’élargir ses recherches à certains pays voisins, notamment la Belgique ou l’Espagne.

Le verdict de Sport Auto

La Renault 5 Alpine Turbo reste une proposition particulièrement séduisante pour les amateurs de petites sportives anciennes. Légère, directe et totalement dépourvue d’assistances électroniques modernes, elle délivre des sensations que les voitures actuelles ont largement abandonnées.

Elle impose néanmoins quelques précautions. La corrosion doit être contrôlée avec soin, tout comme l’état du turbo, du moteur et des différents éléments spécifiques au modèle.

Plus confidentielle qu’une Peugeot 205 GTI, elle possède justement une personnalité différente et une véritable rareté. Pour qui recherche une sportive des années 1980 à la fois authentique, attachante et encore relativement accessible, la R5 Alpine Turbo reste une candidate particulièrement intéressante.

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À propos de l’auteur
Hugo Taupin
Hugo Taupin
Passionné par l'automobile depuis mon plus jeune âge, je suis toujours à l'affût des nouveautés du monde automobile. Je partage les dernières actualités autour de cette sphère. Grand amateur de performance et de pilotage, je saisis chaque opportunité de prendre le volant et de ressentir l'adrénaline sur piste.
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