MotoGP 2026 : mais pourquoi le championnat est-il encore si ouvert à mi-saison ?

Publié le 5 août 2026 à 12:00
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Après onze Grand Prix, la saison MotoGP 2026 n'a toujours pas de patron. 24 points seulement séparent ainsi les cinq premiers.

Onze Grands Prix disputés et toujours aucun patron désigné. La saison MotoGP 2026 aborde sa trêve estivale dans une configuration que le paddock n'avait plus connue depuis deux décennies. Vingt-quatre points seulement séparent les cinq premiers du classement général, du jamais-vu à ce stade de l'exercice depuis plus de vingt ans.

Un inventaire de rendez-vous manqués

La saison MotoGP 2026 est dure ! Élargissez la focale et le tableau devient vertigineux, puisque huit pilotes tiennent dans une enveloppe de soixante-cinq points. Jorge Martín occupe la tête avec quatorze longueurs d'avance, un matelas dérisoire au regard de ce qui reste à courir d'ici la fin de saison.
Personne n'a réussi à imposer sa loi sur la durée, et chaque tentative de fuite s'est soldée par un retour brutal dans le rang. Reste à comprendre pourquoi. Et le paddock est très loin d'être unanime sur le diagnostic à poser dans les stands.
La chronologie de cette première moitié de saison MotoGP ressemble à un inventaire de rendez-vous manqués. Marco Bezzecchi avait pourtant frappé fort d'entrée, avec une entame de championnat qui laissait présager une domination durable.
La rechute a été aussi spectaculaire que l'avait été sa montée en puissance. Chutes à répétition, d'abord en courses sprint puis sur les Grand Prix eux-mêmes. Suspension à Brno, puis blessure au Sachsenring. Le scénario a viré au cauchemar en quelques semaines à peine.

Jorge Martín, qui a hérité du fauteuil de leader, n'a pas non plus su le verrouiller. Avec des erreurs coûteuses à Barcelone et au Balaton Park alors qu'il avait bâti son avance sur une régularité exemplaire. Fabio Di Giannantonio a laissé filer de gros points sur des départs ratés… Quand Marc Márquez traînait des soucis physiques durant les trois premiers mois de compétition. Les pilotes Trackhouse, eux, ont mis plusieurs manches avant d'émerger vraiment.

Acosta provoque, Bagnaia répond

Cette accumulation de faux pas a fini par inspirer à Pedro Acosta une formule assassine. « On dirait que personne ne veut mener le championnat MotoGP », a lâché l'Espagnol, plutôt bien placé pour en parler puisqu'il fut le premier leader de la saison avant de reculer, principalement faute de victoires.
La pique a fait mouche, mais elle ne convainc pas tout le monde. Pecco Bagnaia la balaie sans le moindre ménagement. « Pour moi, c'est faux de dire que personne ne veut gagner ce championnat. Tout le monde se donne à fond », rétorquait le double champion du monde avant la coupure estivale.
Pour l'Italien, l'explication se situe ailleurs, du côté du plateau. « Cette année, pour la première fois, Ducati n'affiche pas la même domination que par le passé. Et il y a plus de motos compétitives, comme en 2020. Donc ça décuple la compétition ».
Álex Márquez penche plutôt vers la thèse de l'irrégularité chronique. « Je pense que personne n'a vraiment réussi à faire preuve de régularité. Personne n'a réussi à être dans le coup sur tous les week-ends », constate le vice-champion du monde.

Il n'en apprécie pas moins le spectacle produit par cette incertitude généralisée. « Cette année, ça semble un peu plus ouvert, parce que les pilotes commettent davantage d'erreurs que l'année dernière. Et il y a quelques années, y compris en 2024 et 2023 », poursuit-il.
Avant de décerner une mention spéciale à Bezzecchi, seul pilote à ses yeux à avoir tenu un cap réellement constant en début de saison avant que la blessure ne vienne le stopper net dans son élan. Il cite Ai Ogura et son frère aîné comme meilleurs candidats à la régularité.

Des pilotes MotoGP trop irréguliers ?

Bagnaia dresse un tableau assez proche. Il défend Bezzecchi, victime selon lui de la malchance plus que d'un déficit de vitesse. Et le tient toujours pour le plus rapide sur l'Aprilia. Il salue également le travail d'Ogura, compétitif en permanence, à qui il ne manquerait qu'un réglage de curseur dans les premiers tours pour jouer la gagne chaque dimanche.
Concernant Marc Márquez, l'Italien pointe l'irrégularité interne à Ducati, où le pilote fort change d'une course à l’autre. Contrairement à ce que produit Aprilia. Son trio de favoris est donc arrêté. Ogura, Márquez et Bezzecchi. Martín, lui, tire son épingle du jeu en ramenant systématiquement des points malgré un passage à vide récent. Une qualité que Bagnaia juge décisive sur l'ensemble d'une saison MotoGP. Surtout une aussi indécise que celle-ci.
Reste le cas Bagnaia lui-même. Huitième à soixante-cinq longueurs du leader, plombé par deux scores vierges et par sa chute du Mans, le double champion du monde refuse d'évoquer le titre et fixe des objectifs volontairement modestes.

Se rapprocher du podium, puis décrocher une victoire. Et surtout retrouver une vitesse constante week-end après week-end. Il note toutefois avoir repris trente-cinq points depuis le Mugello. Signe que la trajectoire s'améliore malgré les déconvenues des deux dernières manches disputées.
Dans un championnat où huit pilotes restent mathématiquement dans le coup, un tel retard n'a rien de rédhibitoire.
Tout dépendra de la capacité de l'un d'entre eux à enfin enchaîner les week-ends propres. Qui transformera cette mêlée générale en démonstration après la trêve estivale ?

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À propos de l’auteur
Hugo Quintal
Hugo Quintal
Passionné d'automobile depuis le plus jeune âge, je me suis spécialisé dans le journalisme auto lors de mes études. Mon truc à moi ? Les nouveautés, les technologies, la performance... Des passions dans la passion que j'ai découvertes en essayant tout ce qui roule sur cette planète. Quand je n'écris pas et que je ne suis pas derrière un volant... Je suis sur l'eau, en Kite ou en Wakeboard.
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