F1 - Les pneus sont-ils devenus trop endurants ?

Romain Grosjean estime que le pilote avait un plus grand rôle dans la gestion des pneus avant la saison 2014. Il juge des pneus plus endurants nuisibles.
Dès son arrivée en 2011, Pirelli a produit des pneus avec une
dégradation volontairement rapide, à la demande des équipes et du
championnat, pour favoriser le spectacle, avec des résultats satisfaisants.
Pour le passage au groupe propulseur l'an dernier, Pirelli a
mal anticipé les contraintes sur les pneus,
faute d'essais, et les gommes sont plus dures. La dégradation est
plus faible et on voit des courses moins animées, avec souvent un arrêt cette saison.
Romain Grosjean estime que le plus gros souci est que le pilote a
moins d'impact sur la gestion des pneus, ce qui diminue son
rôle.
« C'est très différent d'il y a deux ou trois ans, quand votre
style de pilotage pouvait influencer la faon dont vous dégradiez
vos pneus, actuellement ça ne change pas grand chose, » a
expliqué le Franco-Suisse à AUTOSPORT.
« Je préférais quand nous devions y penser et qu'on pouvait
influencer leur façon de se dégrader. Ca voulait dire que si on
était un peu plus lent au début de la course, on avait un avantage
ensuite sur certains autres, et on pouvait tenter un
dépassement. »
« Je pense que ça créé des possibilités de dépassement, parce
que si le niveau d'adhérence de celui devant vous chutte
subitement, ça vous donne un avantage. »
Une dégradation faible nuit au spectacle
Désormais, la dégradation est plus linéaire et les pilotes
peuvent difficilement faire la différence dans ce domaine. Romain
Grosjean estime que la limite est vite atteinte.
« Actuellement, si celui devant vous a une chute (dans
l'adhérence), en général vous avez la même donc vous n'avez plus
d'avantage, » précise-t-il. « Tout le monde est toujours
à la limite (des pneus) et quand vous suivez une autre voiture vous
n'avez plus vraiment cet avantage. »
Michelin veut revenir en 2017 mais le manufacturier français
propose des pneus plus endurants. Cette solution est
pourtant souvent jugée néfaste pour le spectacle. Romain Grosjean
estime que la saison actuelle prouve qu'une faible dégradation
génère moins de dépassements.
« En 2012 et 2014, quand ils (les pneus) se dégradaient, ils
étaient dans un mauvais état en perdant de l'adhérence et celui
derrière pouvait en profiter, » détaille-t-il.
« Maintenant ça reste assez constant, mais sur un tour si vous
entrez dans une certaine fenêtre, (...) quand vous suivez une autre
voiture vous perdez des appuis, donc vous glissez encore plus et
vous perdez l'adhérence, ce qui rend le dépassement plus
dur. »














