Budapest L'avis de l'ingénieur, Pat Symonds
Le circuit de Budapest semble être tracé pour les deux Renault
R23. De nombreux obsvateurs pensent d'ailleurs que Renault peut
creer la surprise en remportant la course. Alors qui peut-être
mieux placé que Pat Symonds, directeur exécutif de l'ingénierie
chez les bleus et jaunes, pour analyser le côté technique de la
course ? Personne, et c'est pour cela qu'il s'en charge !
"Le Hungaroring est connu pour être très poussiéreux." explique
Pat. "Par conséquent, nous savons déjà que notre séance du vendredi
ne sera pas aussi productive qu'à l'accoutumée, puisque c'est là
que la piste sera la plus sale. En revanche, rien ne nous empêche
de travailler sur des points indépendants des conditions, comme par
exemple le réglage minutieux de la nouvelle spécification moteur,
que nous allons étrenner en Hongrie. La difficulté principale
consiste à ne pas se laisser confondre par les conditions. Nous
insisterons sur ce point auprès des pilotes. Si l'on sort de la
trajectoire, que ce soit pour dépasser ou suite à une erreur de
pilotage, cela peut prendre cinq ou six virages avant que les pneus
ne soient à nouveau propres. Or on peut facilement croire à un
problème de comportement de la voiture, alors que ce sont juste les
gommes qui sont sales. Pour travailler efficacement, les ingénieurs
et les pilotes doivent absolument éviter de tomber dans ce
piège."
"Au niveau des pneus, le Hungaroring est un peu à part." poursuit
Symonds. "Sur le papier, il n'est pas particulièrement exigeant,
d'autant que les forces générées ne sont pas trop élevées.
Cependant, par rapport à Monaco, le tracé le plus proche, les
gommes travaillent nettement plus. La piste se trouve
habituellement à une température proche de 40°C, ce qui nous oblige
à surveiller attentivement la dégradation des gommes plutôt que les
problèmes de bullage, fréquents à Hockenheim.
"Cette année, le tracé a fait l'objet d'un certain nombre de
modifications qui devraient normalement allonger de cinq ou six
secondes les temps au tour et augmenter la charge totale s'exerçant
sur les pneus de quelques 5%. Nous pensons également qu'un travail
a été réalisé sur le revêtement, mais nous ne savons pas encore
dans quelle mesure. De toute façon, nous ne savons pas modéliser
ces paramètres : nos simulations s'arrêtent à la géométrie. En
France, par exemple, on nous a présentés une portion nouvelle qui
semblait être relativement simple. Cependant, en raison de la
nature du revêtement, elle s'est avérée très contraignante pour les
pneus. Nous risquons de trouver la même chose en Hongrie, mais nous
ne le saurons à coup sûr que le vendredi."
"En termes de réglage général, la donne est légèrement différente
cette année. Ce tracé a toujours nécessité des appuis très élevés,
mais les nouveautés risquent d'altérer cet état de fait. Les
modifications ont certes éliminé l'une des plus grosses difficultés
du tracé, les vibreurs du vieux virage 12, mais le revêtement
demeure bosselé, en particulier dans la petite montée joignant les
virages 13 et 14."
"Tout comme à Hockenheim, la température va jouer un rôle
important. En Hongrie, néanmoins, les appuis très élevés subis par
l'aileron avant font obstacle à l'entrée d'air. Par conséquent,
nous avons modifié le système de refroidissement d'huile
spécifiquement pour cette course, ce qui nous permet de combattre
le problème."
"En matière de stratégie, je pense que nous allons assister à un
mélange de deux et de trois arrêts. Plus audacieuse, la deuxième
solution présente le risque de voir les pilotes englués dans le
trafic. Pour bien marcher, elle nécessite des calculs très fins. Le
circuit est également très éprouvant pour les pilotes. Ce n'est pas
pour rien que le niveau d'assistance dans le système de direction
est en Hongrie le plus élevé de la saison. Le tracé n'est pas
spécialement propice à la relaxation et le grand nombre de virages
fait que les pneus avant sont constamment sous pression. Avec les
appuis très élevés et les vitesses relativement hautes atteintes
dans certaines portions du circuit, la conduite en devient très
rigide, et ce malgré la direction assistée. Si vous ajoutez en plus
une température caniculaire, je peux vous dire que les conditions
de vie dans le cockpit ne ressemblent pas vraiment à une promenade
de santé
"
"Enfin, le rang sur la grille a une importance capitale. Tout comme
la position d'ailleurs, parce que cela change tout de s'élancer sur
la partie propre ou sur la partie sale." conclut l'anglais. "Si
vous êtes à gauche de la piste, vous jouissez d'un avantage
certain. En revanche, du point de vue de l'ingénierie, il est
quasiment impossible d'imaginer une solution pour résoudre ce
problème de se qualifier à gauche
!"
D'aprés un communiqué RenaultF1,














