Guillaume Moreau étonne à Houston
Comme prévu, le Limougeaud Guillaume Moreau a effectué deux
jours de tests au volant d'une monoplace de Champ Car
de l'équipe Mi-Jack Conquest Racing sur le circuit texan de
Houston. Sur le papier, le challenge était de taille, puisqu'il
s'agissait de découvrir une monoplace trois fois plus puissante que
sa F3 de 2006, dans un environnement des plus
dépaysants pour un européen. Au final, l'expérience s'est révélée
si positive que Guillaume a quitté les USA avec la ferme
intention de revenir. Pilote et équipe sont en tout cas motivés
pour étudier sérieusement le projet d'un avenir en commun...
Avant de s'envoler pour les USA, Guillaume apprend que son
"équipier" pour ces tests sera Alexandre Prémat, 3ème en GP2, et
covainqueur
de la Coupe du Monde A1 Grand Prix. "C'était la première bonne
surprise," raconte Guillaume. "Grâce à Alex, qui a roulé
récemment en F1, j'allais pouvoir disposer d'une référence de
choix." Le rêve américain de Guillaume commence par un passage
à Indianapolis, où le team est basé. Il prend contact avec
l'équipe, qui procède au moulage du baquet, avant de faire un peu
de
shopping et de tourisme. La visite du circuit et de son musée
figure bien sûr au programme, avant le départ pour Houston.
Lundi 27 novembre, Guillaume effectue quelques tours au volant
d'une Dodge de tourisme, histoire de mémoriser les courbes et
les
nombreuses chicanes du tracé. Le lendemain, les choses sérieuses
commencent... "L'ingénieur m'a demandé si je voulais freiner
du pied gauche, car ce n'est pas obligatoire avec cette auto. J'ai
dit "OK", pour ne pas perdre les bonnes habitudes prises lors
de
mes tests en GP2. La boite séquentielle est à 7 rapports. J'ai reçu
de très nombreuses consignes, ce qui est logique quand on
débute
avec une auto de 750 chevaux, et même 800 en actionnant le push to
pass. Ainsi, la procédure de départ dans les stands est
représentative de la culture américaine : il faut enclencher le
"pit limit", à fond sur les gaz et on met la voiture en glisse dans
la pitlane !
L'ingénieur m'a expliqué que tout le monde faisait comme ça en
course,
mais qu'en tant que débutant, je n'étais pas obligé de le faire..."
Inutile
de préciser que Guillaume ne s'est pas privé de se plier aux
usages
locaux !
Pour avoir déjà testé un pilote venu en droite ligne de la F3,
l'équipe
prévient Guillaume : il y a peu de chances qu'il parvienne à
boucler plus
de 30 tours dans la journée, tant le pilotage de Lola sur ce
circuit plutôt
bosselé est exigeant physiquement. Au niveau de la performance, on
ne
lui met pas non plus trop de pression. "Compte tenu de l'écart
d'expérience avec Alex, ils pensaient que si parvenais
à rouler à 2 secondes de ses temps, ce serait déjà bien. Au lieu de
cela, j'ai roulé comme lui, et même un peu plus vite
le matin du deuxième jour en pneus neufs. Mais après 65 tours mardi
et 55 mercredi, j'étais un peu juste au niveau des
bras, surtout dans la longue courbe à 180 degrés qui passe à plus
de 200 km/h. Je n'ai donc pas pu profiter comme
Alex des conditions de pistes plus favorables, quand la piste a
pris du grip en fin d'après-midi. Je n'avais commis
aucune faute jusque là, et je n'ai pas voulu tout gâcher et risquer
d'abîmer la voiture."
Mais Guillaume a réussi son coup : l'équipe est bluffée, comme le
confirme son team principal, le Belge Eric
Bachelart : "Guillaume a très bien performé lors du test à Houston.
Il s'est bien adapté à la conduite d'une Champ Car
et nous a relayé de bonnes informations. Il a été rapide et n'a
fait aucune erreur lors de ses deux journées d'essais. Que
demander de plus ? Avec cette performance, il nous a démontré qu'il
avait sa place en Champ Car la saison prochaine.
En plus, toute l'équipe a bien aimé travailler avec lui et sa
motivation et son attitude positive ont été très appréciées de
tous. C'était vraiment un plaisir de travailler avec lui."
Guillaume se disait tout aussi enthousiaste au moment de rentrer à
Limoges : "Trois équipes étaient présentes sur le
circuit, et nous nous sommes constamment montrés les plus rapides.
L'entente a été parfaite avec Alex comme avec
le team. Il existe un véritable esprit d'équipe chez Mi-Jack
Conquest, et un niveau de professionnalisme qu'on a du mal
à imaginer vu d'Europe. La convivialité est une autre
caractéristique du sport automobile américain. C'est la
première
fois que je vois toutes les équipes présentes sur une journée de
test déjeuner ensemble. J'ai adoré les gens, la voiture,
le concept. Je vais tout faire pour courir en Champ Car en
2007."
L'objectif est clair, et le package séduisant. Le Champ Car aura
fière allure l'an prochain, avec une nouvelle voiture et
des retombées télévisées en hausse, notamment grâce à un accord
avec ESPN, la plus importante chaîne US. Sans
compter que deux courses pourraient être organisées en Europe. De
quoi motiver les annonceurs. Guillaume Moreau
sur les traces de Sébastien Bourdais ? La réponse est pour
bientôt
Communiqué de presse












