Un pilote de drift cache dans son garage une voiture rarissime à la mécanique incroyable
Sous la maison du drifteux Diego Higa, une Emme Lotus 422T oubliée attend son réveil. Cette berline brésilienne Frankenstein, née d’un projet fou des années 1990, cache encore ses secrets.
Au sous-sol d'une maison brésilienne, un portail motorisé s'ouvre comme dans un film Marvel : derrière se cache le "Iron Man garage" du pilote de drift Diego Higa. Parmi les sportives prêtes pour la piste dort, sous une bâche, une berline inconnue du grand public : une Emme Lotus 422T rarissime, assemblée comme un puzzle mécanique de Frankenstein.
Cette Lotus brésilienne est l'une des très rares 422T produites à la fin des années 1990 pour le seul marché national. Projet industriel ruineux, qualité désastreuse, production ultralimitée : presque toutes ont disparu. L'exemplaire de Diego Higa, lui, sommeille encore dans son garage.
Diego Higa et sa Lotus brésilienne cachée
Une visite filmée montre le photographe Larry Chen descendant la rampe du garage souterrain de Diego Higa, près de São Paulo. Entre deux Nissan taillées pour le drift, il s'arrête sur une grande berline grise, pneus à plat, carrosserie intacte, recouverte d'une bâche légère.

C'est là que Diego Higa soulève la bâche devant la caméra. "C'est une bonne voiture à conduire, mais elle est tellement lourde", explique-t-il dans la vidéo produite par Hagerty. "Je l'ai conduite une fois et c'était bien". Avec son père, il prévoit de la restaurer, sans toucher à ce côté "Frankenstein" qui fait tout son charme de collectionneur.
Emme Lotus 422T, le supersedan brésilien qui a dérapé
À l'origine de l'Emme Lotus 422T, on trouve Megastar Veículos, installée à Pindamonhangaba. La marque Emme veut créer une grande berline de luxe brésilienne, avec plus de 150 millions de dollars, soit environ 140 millions d'euros, annoncés et une usine dimensionnée pour 50 voitures par jour. Entre 1997 et 1999, seules quelques dizaines sortent réellement des chaînes.
La 422T s'inspire fortement du concept Volvo ECC qui préfigure la S80, avec châssis tubulaire en acier et carrosserie en polymère VexTrim, vantée comme légère, anticorrosion et presque blindée. Sur le papier, le constructeur promet 0 à 100 km/h en 5 secondes et environ 275 km/h. En pratique, la berline, lourde et mal finie, déçoit, et Megastar dépose le bilan autour de l'an 2000.
Une vraie mécanique de Frankenstein sous la carrosserie
Sous le capot se cache un quatre-cylindres 2,2 litres turbo Lotus, dérivé du bloc d'Esprit et assemblé à partir de moteurs de récupération. "Le moteur produisait 264 ch et il était associé à une boîte de vitesses de Mustang et à un différentiel de Jaguar", détaille Larry Chen. "Elle promettait des performances européennes, mais la réalité était un mélange de panneaux mal ajustés, de tolérances approximatives et d'électronique défaillante".
Le reste de la fiche technique suit la même logique de récup' : châssis maison, trains roulants empruntés à différents fournisseurs, électronique fragile. Avec autour de 1,6 tonne sur la balance et un gros turbo, la voiture combine lag, brutalité et comportement déroutant pour une berline de standing. Justement ce cocktail improbable qui transforme aujourd'hui chaque 422T survivante en curiosité absolue pour passionnés, prête à renaître entre les mains de propriétaires comme Diego Higa.














