Cette McLaren 600LT accidentée reprend vie grâce à un simple fusible Mercedes à 15 €
Pour remettre en état une McLaren 600LT accidentée, Mat Armstrong a découvert qu'une pièce Mercedes à 15 € pouvait remplacer un composant bien plus coûteux. Et ce n'était que le début du chantier.
Une McLaren 600LT accidentée, achetée à distance en Grèce, sauvée en une semaine grâce à une pièce Mercedes-Benz à 17 dollars, soit à peine 15 € : sur le papier, l’histoire ressemble à une légende urbaine. C’est pourtant le dernier défi de Mat Armstrong, youtubeur britannique spécialisé dans les supercars cabossées.
La 600LT ne démarrait tout simplement pas en arrivant dans son atelier. En cause, un fusible pyrotechnique déclenché lors du choc, qui coupait l’alimentation électrique de la voiture. Plutôt que de payer plein tarif une pièce estampillée McLaren, Armstrong a fouillé les catalogues… et trouvé l’équivalent chez Mercedes.
Une McLaren 600LT détruite, rachetée et remontée en un temps record
La 600LT, version radicale de la 570S, se négocie autour de 250 000 à 260 000 dollars sur le marché, soit environ 216 000 à 225 000 €. Armstrong l’a achetée accidentée aux enchères, sans l'avoir vue au préalable, en acceptant le risque de découvertes très coûteuses. Au final, projet complet compris, la note tourne autour de 141 000 dollars, soit près de 122 000 €.
Dans la liste des réparations, le fusible Mercedes n’est qu’un début. Pour remettre la suspension en état, l’équipe a adapté un bras inférieur de McLaren 720S, modifié pour fonctionner avec la barre anti-roulis mécanique de la 600LT. Une charnière de porte en aluminium fissurée a été ressoudée, et les prétensionneurs de ceintures déclenchés ont été envoyés chez un spécialiste pour être reconditionnés.

Le fusible Mercedes à 15 euros qui fait sauter la "taxe supercar"
Un fusible pyrotechnique, c’est un petit élément de sécurité caché dans le circuit électrique. Lors d’un accident, une charge explose à l’intérieur et isole la batterie pour éviter incendies et courts-circuits, comme une ultime barrière après les airbags et les prétensionneurs. Tant qu’il reste "grillé", la voiture refuse de se réveiller.
Armstrong a identifié que le modèle monté sur la McLaren existait aussi, sous une autre référence, dans la banque de pièces Mercedes. Plutôt que d’acheter un module complet au prix fort, il a installé ce fusible à 15 euros. Il a déjà appliqué cette logique sur une Porsche 911 GT3 : un fusible pyrotechnique issu de la galaxie VW/Audi à 16 euros remplaçait un bloc facturé environ 330 euros chez Porsche.
Bricolage malin, mais vraies questions pour la sécurité et la revente
Sur le papier, la 600LT reconstruite coûte donc bien moins cher qu’un exemplaire "propre". Cette économie a un revers : le statut de voiture accidentée reconstruite, l’usage de pièces d’autres marques et des réparations structurelles font mécaniquement baisser la valeur et compliquent les discussions avec les assureurs, qui exigent souvent expertises et historiques détaillés.
Certains constructeurs regardent ces pratiques avec méfiance. Le patron de Bugatti Rimac, Mate Rimac, a déjà mis en garde contre l’utilisation de pièces Volkswagen "similaires" dans une Bugatti Chiron, en rappelant le niveau de validation exigé pour chaque composant. Armstrong, lui, s’est fait une spécialité de trouver des pièces équivalentes à moindre coût pour contourner la facture des hypercars. De quoi fasciner les fans de supercars, tout en obligeant les acheteurs potentiels à examiner de très près chaque voiture reconstruite avant de signer.














