Il échange son Mercedes-AMG GLS 63 contre un Ford Raptor R de 730 ch : le passage à la pompe fait très mal
Un réservoir de 136 litres, près de six mètres de long et une consommation qui frôle les 20 l/100 km : rouler en Ford F-150 Raptor R impose quelques sacrifices à Adam Lamb.
Quand on a passé des années en Mercedes, Lamborghini ou Ferrari, on ne s’imagine pas forcément finir au volant d’un énorme pick-up. C’est pourtant ce qu’a fait Adam Lamb en laissant son SUV Mercedes-AMG pour s’offrir un Ford F-150 Raptor R, un monstre de plus de 700 ch et de près de six mètres de long. Sur le papier, un rêve. Au quotidien, il découvre surtout les défauts bien concrets de ce pick-up extrême.
Lui qui venait d’un SUV ultra confortable s’attendait à retrouver le meilleur des deux mondes : les performances d’une supercar, l’ambiance d’un salon roulant et la gueule d’un engin de Baja. Il a bien tout ça… mais avec une facture carburant qui grimpe, des manœuvres stressantes en ville et un niveau de discrétion proche de zéro. De quoi se demander si ce genre de jouet convient vraiment à quelqu’un qui roule surtout sur route.
Du SUV de luxe au pick-up de 730 ch : le choc culturel
Avant le Raptor, Adam roulait en Mercedes-AMG GLS 63 4MATIC+, SUV doté d’un V8 4,0 litres biturbo à hybridation légère de 611 ch et 850 Nm, capable d’abattre le 0 à 100 km/h en 4,1 s et de filer jusqu'à 280 km/h selon la configuration. Autrement dit, un paquebot qui sait aussi sprinter. Il n’a jamais eu besoin de benne ni de tracter, ses garages étant plutôt remplis de Lamborghinis, Ferraris et Bentleys.
Le Ford F-150 Raptor R change totalement la donne : V8 5,2 litres à compresseur, 730 ch et 868 Nm, 0 à 100 km/h en 3,6 s, boîte auto à dix rapports et quatre roues motrices. À l’intérieur, l’ambiance n’a rien d’un utilitaire : sièges baquets Recaro en cuir et Alcantara, surpiqûres Code Orange, double écran 12 pouces, affichage tête haute, sono Bang & Olufsen à 18 haut-parleurs. La position de conduite domine tout, avec 33 cm de garde au sol et d’immenses pneus BFGoodrich de 37 pouces.

Consommation délirante et gabarit XXL : les vrais défauts du Ford F-150 Raptor R
Les chiffres officiels correspondent à environ 23,5 l/100 km en ville, 15,7 l/100 km sur autoroute et 19,6 l/100 km en cycle mixte. Le Raptor R réclame de l’essence premium à indice d’octane élevé et embarque un réservoir d’environ 136 litres, pour une autonomie d’environ 692 km. Adam a l’habitude de sportives avec des réservoirs de seulement 38 à 45 litres ; voir défiler les litres à la pompe, plein après plein, a été son premier vrai choc.
Le second arrive dès qu’il faut se garer. Le pick-up mesure 5,9 mètres de long, 2,4 mètres de large et environ 2 mètres de haut, avec un empattement de 3,6 mètres. Sur le papier, il le savait. En pratique, chaque entrée de parking souterrain devient une épreuve, il retient son souffle sous les barres de hauteur et les places de centres commerciaux paraissent minuscules. Ce n’est clairement pas un gabarit pensé pour des rues étroites ou des parkings serrés.
Trop bruyant, trop voyant : pourquoi ce pick-up n’est pas fait pour tout le monde
"Ce truc n’est vraiment pas discret", résume Adam Lamb. Le son du V8, l’échappement, la largeur de la carrosserie et le look de Baja attirent les regards en permanence. Même ses anciennes supercars n’étaient pas aussi imposantes à l’œil. Impossible de "se fondre dans la masse" pour un simple trajet au supermarché, et il sait très bien qu’il ne passera jamais inaperçu.
Malgré tout, Adam avoue qu’il ne voit "aucun autre pick-up aussi cool". À environ 114 000 dollars, soit environ 98 000 euros en prix de base, le Raptor R reste un caprice assumé, que seul un Ram 1500 TRX autour de 92 000 € peut vraiment challenger. Pour quelqu'un habitué aux SUV de luxe urbains, ses défauts quotidiens pèsent lourd. Pour celles et ceux qui vivent avec de grands espaces et un faible pour les V8 démesurés, le compromis peut sembler acceptable.














