Il achète une Renault 5 GT Turbo comme première voiture et la conserve près de 28 ans
En 1997, Bas Pijl a 18 ans quand il s’offre une rare Renault 5 GT Turbo Bleu Sport. Près de 30 ans plus tard, sa première voiture dit beaucoup de notre époque.
En 1997, Bas Pijl a 18 ans, son tout nouveau permis en poche et un rêve très précis : une petite sportive comme première voiture selon AutoWeek. Il ne sait pas encore que la Renault 5 GT Turbo bleue qu’il finit par acheter ce jour-là restera dans sa vie près de 28 ans. Au moment où le nom Renault 5 revient en version électrique, son histoire ressemble à pour celles et ceux qui tapent "histoire Renault 5 GT Turbo" par nostalgie.
La sienne est une rare Bleu Sport, série de fin de carrière, repérée grâce à un tuyau de son père. L’auto n’était pas à vendre, puis le propriétaire a voulu financer une moto : Bas s’est précipité, a complété son budget avec un prêt familial et a affronté un assureur peu chaud pour confier autant de chevaux à un ado. Depuis, il ne l’a jamais laissée partir.
Une bombinette culte : la Renault 5 GT Turbo en bref
Derrière cette petite trois portes carrée se cache une vraie icône des années 80. Sur base de Supercinq dessinée en 1984 par Marcello Gandini, la GT Turbo arrive en 1985 avec un 4 cylindres 1,4 turbo d’environ 115 ch, porté à 120 ch sur la Phase 2 de 1987. Avec à peine 830 kg sur la balance, elle passe de 0 à 100 km/h en un peu plus de 7,5 secondes et frôle les 200 à 210 km/h, dans l’esprit des Golf GTI et Peugeot 205 GTI.

En rallye, la petite Renault fait largement plus que de la figuration. Alain Oreille décroche deux titres mondiaux en groupe N à la fin des années 80 et remporte le rallye de Côte d’Ivoire 1989 avec une voiture très proche de la série. Environ 160 000 GT Turbo sortent d’usine jusqu’au début des années 90, avant que son image ne bascule vers la "voiture de beauf" surchargée de tuning, puis ne soit réhabilitée comme youngtimer très recherchée.
Bas et sa Bleue Sport : une première voiture qu'il n'a jamais vendue
À 18 ans, beaucoup de ses amis roulent déjà en Golf GTI ou en 205 GTI. Bas finit par craquer pour cette GT Turbo repérée par son père, d’abord livrée en utilitaire deux places avant d’être reconfigurée en version classique. "Et même si je n’avais parfois pas d’argent pour mettre de l’essence, j’étais intensément heureux", raconte Bas Pijl. Entre 1997 et 2001, la Renault l’emmène partout au quotidien.
Quand d’autres auraient vendu pour passer à "mieux", lui la met à l’abri. En 2003, il la reprend à fond mais sans restauration lourde : démontage des bas de caisse, deux petits points de rouille ressoudés, pare-chocs avant remplacé et peinture complète en Bleu Sport avec double couche de vernis. Depuis, il roule surtout l’été, chauffe toujours doucement et garde la mécanique stock. "J’ai toujours résisté à la tentation d’augmenter la pression du turbo", ajoute-t-il. Résultat : 140 000 km, moteur jamais ouvert, premier embrayage et premier turbo.
Une Renault 5 GT Turbo qui vieillit bien : entretien, défauts et petite communauté
Bas assume un look très années 90 : jantes Azev A, fausse arceau "show", barre anti-rapprochement, échappement Devil, sono avec caisson et jalousie noire sur la lunette arrière faite sur mesure en Belgique. Côté fiabilité, il parle d’un "petit gâteau français" avec ses humeurs : vitres électriques capricieuses, centralisation qui lâche, aiguille de compteur hystérique. Mais le cœur tient bon, preuve que les vidanges régulières et la conduite respectueuse changent tout.
Le mécanicien néerlandais Dennis Koldewijn résume bien la surprise : "Je me souviens qu’elles démarraient presque toujours, mais n’étaient jamais parfaites. Que cette GT Turbo soit restée aussi saine avec un entretien simplement sérieux, c’est une vraie surprise." Membre du Club Renault Sportives depuis 25 ans, Bas anime aussi une page Facebook qui réunit chaque année entre 50 et 80 GT Turbo, sur un parc qu’il estime à 150 exemplaires dans son pays. Pendant que la nouvelle Renault 5 électrique s’apprête à débarquer, sa vieille Bleue Sport continue tranquillement sa vie de première voiture jamais oubliée.














