Ferrari : immersion dans l’usine italienne où naissent toutes les voitures de la marque
À Maranello, l’usine Ferrari façonne chaque V12, hybride et future électrique. Des ateliers secrets aux lignes mixtes, le mythe se réinvente...
Derrière le portail du cheval cabré, l'usine Ferrari de Maranello, dans le nord de l'Italie. C'est ici que naissent toutes les voitures de la marque, encore fabriquées sur un seul et même site. Un lieu discret, pensé autant comme outil industriel que comme vitrine de ce que Ferrari veut montrer au monde.
Maranello, village-usine au cœur de Ferrari
À l'intérieur, une Ferrari passe par la fonderie, les ateliers moteurs, la peinture, l'assemblage puis les contrôles sur banc. Les robots y travaillent aux côtés des mécaniciens en rouge, dans une chorégraphie qui laisse encore beaucoup à la main humaine. Depuis 2024, un bâtiment dédié aux modèles hybrides et électriques a rejoint le site, et batteries haute tension partagent désormais l'espace avec les V12 atmosphériques. L'usine s'est installée à Maranello en 1942, quand Ferrari a quitté le centre de Modène. Le site s'est depuis étendu sur environ 55 hectares et rassemble près de 3 000 personnes, entre ouvriers, ingénieurs, designers et équipes de la Scuderia. Le tout forme un campus au milieu de la Motor Valley italienne, avec circuit d'essai de Fiorano, bureaux de conception et Museo Ferrari à quelques mètres. Ferrari y fabrique volontairement peu de voitures pour un constructeur mondial : environ 13 640 exemplaires ont été expédiés l'an dernier, et le Purosangue ne doit pas dépasser 20 % de la production annuelle. Cette cadence maîtrisée permet de garder un haut niveau de personnalisation, mais aussi de soigner l'environnement de travail. Dans le cadre du programme Formula Uomo, les bâtiments signés par des architectes renommés laissent entrer la lumière, multiplient les espaces verts et misent sur des ateliers lumineux, silencieux, loin du cliché de l'usine sombre.
Dans les ateliers de Maranello : moteurs, carrosseries et assemblage
Un peu plus loin, on tombe sur les lignes moteurs :
V6, V8 et V12 y
sont assemblés largement à la main. Les robots interviennent
surtout pour des opérations très précises, comme l'usinage des
sièges de soupapes. Chaque bloc passe ensuite sur des bancs
d'essai, et l'usine en sort environ 147 par jour, tous
testés et tracés. Les carrosseries arrivent de l'usine
Scaglietti de Modène, où l'aluminium est embouti et soudé
avant d'être expédié. À Maranello, ces coques
passent en peinture puis rejoignent la grande ligne d'assemblage.
Des véhicules autoguidés transportent moteurs et sous-ensembles
jusqu'aux postes, tandis que la sellerie, réalisée sur place avec
des cuirs italiens, attend son tour avant le fameux mariage entre
châssis et mécanique.
Inauguré en 2024, l'e-building est un hall de 42 500
m² accolé au site historique. Sa façade claire, ses puits
de lumière et plus de 3 000 panneaux solaires tranchent avec
l'image classique de l'usine. À l'intérieur, une même ligne
assemble désormais la
Luce 100 % électrique, des hybrides comme la
F80 et des modèles thermiques V8
ou V12, en répartissant batteries, moteurs
électriques et blocs essence sur les mêmes postes.
Ferrari vise pour 2030 un mix de 40 % de modèles thermiques, 40 % hybrides et 20 % électriques, tout en continuant d'assembler ses voitures à Maranello.














