Ferrari : immersion dans l’usine italienne où naissent toutes les voitures de la marque

Publié le 24 octobre 2026 à 09:00
Ferrari inaugure une nouvelle usine pour ses futurs modèles électriques

À Maranello, l’usine Ferrari façonne chaque V12, hybride et future électrique. Des ateliers secrets aux lignes mixtes, le mythe se réinvente...

Derrière le portail du cheval cabré, l'usine Ferrari de Maranello, dans le nord de l'Italie. C'est ici que naissent toutes les voitures de la marque, encore fabriquées sur un seul et même site. Un lieu discret, pensé autant comme outil industriel que comme vitrine de ce que Ferrari veut montrer au monde.

Maranello, village-usine au cœur de Ferrari

À l'intérieur, une Ferrari passe par la fonderie, les ateliers moteurs, la peinture, l'assemblage puis les contrôles sur banc. Les robots y travaillent aux côtés des mécaniciens en rouge, dans une chorégraphie qui laisse encore beaucoup à la main humaine. Depuis 2024, un bâtiment dédié aux modèles hybrides et électriques a rejoint le site, et batteries haute tension partagent désormais l'espace avec les V12 atmosphériques. L'usine s'est installée à Maranello en 1942, quand Ferrari a quitté le centre de Modène. Le site s'est depuis étendu sur environ 55 hectares et rassemble près de 3 000 personnes, entre ouvriers, ingénieurs, designers et équipes de la Scuderia. Le tout forme un campus au milieu de la Motor Valley italienne, avec circuit d'essai de Fiorano, bureaux de conception et Museo Ferrari à quelques mètres. Ferrari y fabrique volontairement peu de voitures pour un constructeur mondial : environ 13 640 exemplaires ont été expédiés l'an dernier, et le Purosangue ne doit pas dépasser 20 % de la production annuelle. Cette cadence maîtrisée permet de garder un haut niveau de personnalisation, mais aussi de soigner l'environnement de travail. Dans le cadre du programme Formula Uomo, les bâtiments signés par des architectes renommés laissent entrer la lumière, multiplient les espaces verts et misent sur des ateliers lumineux, silencieux, loin du cliché de l'usine sombre.

Dans les ateliers de Maranello : moteurs, carrosseries et assemblage

Un peu plus loin, on tombe sur les lignes moteurs : V6, V8 et V12 y sont assemblés largement à la main. Les robots interviennent surtout pour des opérations très précises, comme l'usinage des sièges de soupapes. Chaque bloc passe ensuite sur des bancs d'essai, et l'usine en sort environ 147 par jour, tous testés et tracés. Les carrosseries arrivent de l'usine Scaglietti de Modène, où l'aluminium est embouti et soudé avant d'être expédié. À Maranello, ces coques passent en peinture puis rejoignent la grande ligne d'assemblage. Des véhicules autoguidés transportent moteurs et sous-ensembles jusqu'aux postes, tandis que la sellerie, réalisée sur place avec des cuirs italiens, attend son tour avant le fameux mariage entre châssis et mécanique.
Inauguré en 2024, l'e-building est un hall de 42 500 m² accolé au site historique. Sa façade claire, ses puits de lumière et plus de 3 000 panneaux solaires tranchent avec l'image classique de l'usine. À l'intérieur, une même ligne assemble désormais la Luce 100 % électrique, des hybrides comme la F80 et des modèles thermiques V8 ou V12, en répartissant batteries, moteurs électriques et blocs essence sur les mêmes postes.

Ferrari vise pour 2030 un mix de 40 % de modèles thermiques, 40 % hybrides et 20 % électriques, tout en continuant d'assembler ses voitures à Maranello.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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