Bugatti EB110 Super Sport (1995) : ce modèle quasi neuf affole les enchères

Publié le 30 mai 2026 à 09:00
1995-bugatti-eb110-0-1602622730

Rarissime Bugatti EB110 Super Sport de 1995, quasi neuve, refait surface sur le marché international. Son histoire de voiture fantôme pourrait enflammer les enchères.

On ne croise pas tous les jours une Bugatti EB110 Super Sport de 1995 annoncée à vendre. Cette hypercar emblématique des années 90, produite à une trentaine d'exemplaires seulement, revient sur le marché dans une configuration de pur objet de collection, au moment où les supercars de cette époque affolent les enchères.

Bugatti EB110 Super Sport : la plus radicale des Bugatti des années 90

L'exemplaire concerné est resté quasiment neuf depuis sa sortie d'usine. Avec sa peinture Bleu de France, sa silhouette très basse et ses quatre turbos, il incarne l'affiche de chambre d'ado devenue mythe de salon. Reste une question qui titille autant les passionnées de belles mécaniques que les investisseurs avisés : jusqu'où les enchères grimperont pour s'offrir cette pièce d'histoire. Avant la Veyron produite à Molsheim, la renaissance moderne de Bugatti passe par l'EB110, dessinée et assemblée en Italie par Bugatti Automobili S.p.A. à Campogalliano. La version GT joue la carte grand tourisme, alors que la Super Sport en est la déclinaison radicale : environ 603 ch, soit une cinquantaine de plus, un aileron fixe au lieu de l'aileron actif et un allègement ciblé. Sur le plan technique, l'EB110 Super Sport aligne un V12 3,5 litres quadri-turbo, quatre roues motrices, une boîte manuelle à 6 rapports et une monocoque en carbone développée avec Aérospatiale. Le 0 à 100 km/h s'effectue en un peu plus de 3 secondes, pour une vitesse de pointe supérieure à 350 km/h. L'auto mise en vente, produite en 1995, combine cette fiche technique à une configuration Bleu de France, intérieur cuir Grigio Chiaro à surpiqûres en carré et la signature de Romano Artioli sur la carrosserie, avec seulement environ 670 km au compteur.

Bugatti EB110 Super Sport : parcours de voiture fantôme

Sur l'ensemble du programme EB110, les chiffres tournent autour de 130 à 140 voitures produites toutes versions confondues. La Super Sport reste la plus confidentielle, avec moins de 40 exemplaires assemblés entre 1992 et 1995, la plupart des sources évoquant 30 à 32 unités. La voiture aujourd'hui proposée correspond au châssis 39021, associé au VIN ZA9BB02E0RCD39021, issu de la toute dernière série construite avant la faillite. Ce châssis a longtemps eu un statut de fantôme. Utilisé comme véhicule de démonstration et de formation pour les fournisseurs, il se trouvait hors du site principal lorsque Bugatti Automobili S.p.A. a fait faillite en 1995. Non comptabilisé dans les inventaires, il a été considéré comme perdu pendant près de 25 ans. Il a finalement refait surface avant d'être pris en charge par B Engineering, structure créée par d'anciens ingénieurs Bugatti à proximité de Campogalliano, qui l'a restauré, documenté et présenté dans des concours de prestige comme The Quail ou Amelia Island.
L'EB110 Super Sport de 1995 châssis 39021 doit passer sous le marteau de Mecum Auctions lors de la vente Mecum Indy 2026, annoncée comme l'un des lots vedettes et proposée sans prix de réserve. En parallèle, la voiture apparaît au catalogue de Carrio Motor Cars, à Fort Lauderdale en Floride, via une place de marché spécialisée dans les supercars, ce qui lui offre une vitrine mondiale auprès des collectionneurs.

Sur les dernières années, les EB110 Super Sport se sont échangées entre 2,5 et 3,5 millions de dollars, soit à peu près 2,3 à 3,2 millions d'euros, avec un plancher observé autour de 1,9 million de dollars, environ 1,7 million d'euros, pour des exemplaires moins exceptionnels. Un modèle aussi complet et préservé que ce châssis, combinant série ultra limitée, histoire singulière et état concours, vise clairement le haut de cette fourchette, voire davantage, auprès de collectionneurs d'hypercars des années 90 ou de musées privés en quête d'un chaînon manquant entre EB110, Veyron et Chiron.

Nos marques populaires Voir tout

À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
Ses derniers articles
Sport Auto