Grosjean, vainqueur moral à Hockenheim
Après deux mois sans aucun podium, Romain Grosjean est arrivé à
Hockenheim avec l'espoir de signer de belles performances. Il
connaissait bien ce circuit, pour y avoir disputé quatre courses en
F3 Euro Series, l'an dernier. "Je n'ai pas tardé à trouver mes
marques même si en GP2 les repères sont un peu différents de ceux
de la F3 Euro Series" confirme le pilote de l'Equipe de France FFSA
Circuit. "Les essais libres se sont très bien passés et il nous
manquait un petit rien pour décrocher la pole position."
Grosjean était deuxième sur la grille, et il semblait parti pour
terminer également deuxième: il était le seul à pouvoir suivre
Giorgio Pantano, mais l'écart était trop important pour pouvoir
l'attaquer: "Nous étions très nettement au-dessus du lot avec
Giorgio. Je suis revenu sur lui mais mes pneus arrière se
dégradaient rapidement et j'ai dû lever le pied après la mi-course.
A 10 tours de l'arrivée j'avais abdiqué et j'étais très heureux
d'avoir le podium en ligne de mire après plusieurs désillusions à
Monaco, Magny-Cours et Silverstone."
Mais dans les derniers tours, la pluie a fait son apparition et
Romain Grosjean s'est montré beaucoup plus rapide que Giorgio
Pantano dans ces conditions: "J'ai jaugé son grip sous la pluie,
j'ai vu qu'il commettait plusieurs fautes alors que la pluie
redoublait : les conditions que je préfère ! Je me suis servi de ma
connaissance d'Hockenheim. Ce n'est pas un avantage en termes de
performance mais je me sentais très fort mentalement."
"Je savais quelles trajectoires prendre et où tenter un
dépassement. Porter une attaque à l'épingle était risqué, il valait
mieux attendre le stadium où la perte d'appuis est plus marquée et
où l'on peut faire la différence sur une piste humide. Les derniers
tours ? Je n'arrêtais pas de me dire “Surtout reste sur la piste,
fais attention aux flaques”. A la fin j'étais totalement vidé mais
tellement heureux !"
Vainqueur à l'arrivée, mais déclassé quelques heures plus tard. Le
Franco-Suisse a reçu une pénalité de 25 secondes pour avoir pris un
tour à Marko Asmer sous drapeau jaune, alors que tout dépassement
était interdit. "C'est dur après une victoire si chèrement acquise
en piste" déplore Grosjean. "Mais c'est l'application stricte du
règlement et je n'ai rien à y opposer même si je n'ai gagné aucune
place avec ce dépassement."
Le pilote d'essais de Renault en F1 était septième sur la grille de
la deuxième course, et il a été tassé par Alvaro Parente au départ:
"Il m'a poussé une fois, deux fois, trois fois ! Je suis allé voir
la direction de course après coup pour savoir pourquoi et comment
Alvaro s'en était tiré sans une réprimande…" Il n'était que dixième
après le premier virage, mais il a réussi une belle remontée
jusqu'au quatrième rang. "Le barge board, des ailettes et la
planche avant étaient durement touchés. Il ne servait à rien de se
laisser envahir par de mauvais sentiments."
"Je me suis appliqué à remonter dans les points et à montrer qu'on
avait le potentiel pour jouer à nouveau la gagne. Mais avec une
voiture déséquilibrée mes pneus étaient détruits et ma voiture
avait perdu de son efficacité. Dans ces conditions, marquer les
points de la quatrième place est une grande satisfaction."
Bilan d'Hockenheim ? "11 points ! Ça faisait longtemps qu'on
n'avait pas marqué autant de points. Je suis 3è au championnat et
on a surtout démontré qu'on était capable de se battre pour la pole
position et pour les deux victoires. En Hongrie il faudra passer à
la vitesse supérieure et gagner !"
D'après un communiqué de presse Equipe de France FFSA.














