Supertest - Volkswagen Golf GTI Edition 50 : la meilleure des Golf sportives ? (+ images)

Publié le 7 septembre 2026 à 12:00
Supertest - Volkswagen Golf GTI Edition 50 : la meilleure des Golf sportives ?

Après un premier essai sous une pluie battante, Sport Auto attendait de retrouver cette fringante quinquagénaire sur nos bases habituelles du Val de Vienne. L’heure du Supertest a sonné : la Volkswagen GTI Edition 50 est-elle la meilleure des Golf sportives ?

Il faut saluer l’opiniâtreté de Volkswagen, qui s’acharne contre vents, marées, normes de CO2 et malus écologique à satisfaire les amateurs de petites sportives. Et pas qu’un peu, étant donné que le catalogue inclut à l’heure où j’écris ces lignes quatre versions énervées de la Golf : la GTI (265 ch), la GTI Clubsport (300 ch), la R (333 ch) et la GTI Edition 50 (325 ch) qui nous intéresse aujourd’hui.
Une persévérance qui ne date pas d’hier, puisque depuis la toute première GTI en 1976, toutes les générations de Golf ont eu leurs variantes dévergondées… même si ce label révéré a connu des hauts et des bas. Faut-il encore revenir sur l’affligeante Golf 4 GTI, reléguée au rang de simple finition livrable avec un insipide 1.8 turbo de 150 ch ou un… TDI ?
Heureusement, la Golf 5 avait redoré le blason, et les générations suivantes avaient tenu haut le flambeau des GTI… jusqu’à l’actuelle, et huitième du nom, qui n’a jamais totalement réussi à convaincre. Mais cette nouvelle version Edition 50 promet un niveau d’efficacité inédit, avec notamment un chrono de 7’46”125 sur le Nürburgring, le meilleur jamais signé par une Golf.
Tiendrait-on enfin la compacte sportive complète que l’on attendait depuis tout ce temps ? Pour ce Supertest, nous disposons d’une version identique à celle qui a « pété un temps » sur le Nürburgring, avec en particulier le pack GTI Performance optionnel (4 050 €), qui inclut des jantes forgées (réduisant de 20 % les masses non suspendues), un châssis rabaissé avec des ressorts affermis, un carrossage négatif accru et des cales élastiques plus rigides.

Volkswagen Golf GTI Edition 50 : marsouinage

Les choses sérieuses commencent ce mardi matin avec la visite habituelle chez les amis de DM Performance. Je me mets en route en choisissant le mode « Confort » en m’attendant à retrouver la polyvalence caractéristique des Golf GTI depuis des temps immémoriaux. Mais… qu’est-ce donc ? Je n’avais jamais remarqué ces ondulations sur l’autoroute A13 jusqu’à présent !
Me voilà en train de marsouiner comme un pilote de Formule 1… Heureusement, la position de conduite impeccable, les sièges confortables et la bonne insonorisation aident à faire passer la pilule, mais la surprise est totale. Je me rendrai compte plus tard que, de façon inexplicable, le mode Confort ne sélectionne pas le réglage le plus « soft » de l’amortissement piloté DCC : il reste encore trois crans plus souples ! Il faudra ainsi utiliser le mode « Individual » pour y accéder.
Incompréhensible, et d’autant plus regrettable qu’il n’y a qu’un seul mode paramétrable : il faudra se résoudre à choisir entre sport et confort… ou aller dans le sous-menu pour reconfigurer chaque fois. Chez DM Performance, Julien harnache la Golf au banc de puissance et lance la procédure. Tout de suite, l’auto rue dans les brancards, obligeant notre homme à resserrer les sangles à plusieurs reprises. C’est normal ? L’autobloquant mécanique est-il en cause ? « Ça fait souvent ça sur les tractions », me dit-il d’un air confiant.
De fait, après plusieurs tentatives de « tir », le verdict tombe : 333 ch, soit pile-poil la puissance de la Golf R. La GTI Edition 50 jouerait-elle les fausses modestes pour ne pas gêner sa grande sœur ? Les mesures réalisées la veille ont prouvé que si cette GTI affûtée se rapprochait dangereusement de la R – bien aidée par son quintal en moins sur la balance –, la hiérarchie de gamme était préservée grâce à la motricité supplémentaire apportée par la transmission intégrale.

Volkswagen Golf GTI Edition 50 : force tranquille

En cette belle journée chaude et ensoleillée, je choisis de ne pas prendre la route la plus directe pour rallier le Vigeant. Je préfère emprunter l’A20 plein sud, autoroute que je quitte à hauteur de La Souterraine afin de m’enfoncer en direction du plateau de Millevaches et du lac de Vassivière. Dans cette région, les routes sont étroites et dégradées et n’offrent qu’une visibilité restreinte.
Un terrain de jeu pas idéal pour l’arsouille, mais qui révèle déjà plusieurs traits de caractère de notre Golf GTI Edition 50. Primo, une mécanique façon « force tranquille », pleine partout, qui limite le recours aux palettes de changement de rapport mais n’incite pas vraiment à aller titiller le rupteur. Secundo, les 15 niveaux (!) de fermeté de l’amortissement piloté auxquels on accède à l’aide du mode Individual n’ont rien d’un gadget : je trouve rapidement le réglage parfait pour ces routes bosselées, juste milieu entre contrôle du roulis et filtration des inégalités.
Tertio : ça va vite, ça passe fort partout, mais le train arrière reste obstinément rivé. J’ai beau le provoquer en freinant tard, en levant le pied en plein appui, rien n’y fait, la Golf ne veut pas esquisser le début du commencement d’une petite dérive. Cette GTI manque un peu d’humour ! Quarto : je n’aime pas le feeling de la pédale de frein. Je la trouve dure, inconsistante et pas facile à doser. Ce n’est pas une question d’efficacité, car le système répond toujours présent de façon fidèle, mais vraiment une question de sensations.

Volkswagen Golf GTI Edition 50 : se révélera-t-elle sur circuit ?

J’arrive au Vigeant un brin circonspect : cette GTI manque d’un peu de sel sur route. Se révélera-t-elle sur circuit ? Le lendemain, la journée s’annonçant encore une fois ensoleillée et très chaude (de fait, le mercure excédera les 35 °C dans l’après-midi), nous décidons d’appareiller l’auto illico afin d’attaquer les tours chrono le plus tôt possible, avant que la piste ne monte trop en température.
Christophe revient après trois tours lancés, non sans avoir signé un très joli 1’51”82 dès le premier. « Je savais bien qu’il fallait que je donne tout dans le premier tour, parce qu’après ça allait vite chauffer ! » explique-t-il. N’empêche, la GTI Edition 50 fait fort, en améliorant de carrément 2”5 le temps de la GTI Clubsport !
Elle laisse aussi la version R dans son sillage, à 1”37. Mais ce n’est pas tout : cette Golf se paie même le luxe de dépasser la Honda Civic Type R, pourtant référence de la catégorie, en lui mettant la bagatelle de 1”28 dans la vue ! Certes, la Volkswagen se chausse de semi-slicks (des Bridgestone Potenza Race) quand la Honda était en monte classique, mais tout de même, quelle surprise !

Volkswagen Golf GTI Edition 50 : tous les attributs de la "pistarde"

Lorsque vient mon tour d’enfiler le casque, je dois me rendre à l’évidence : cette GTI Edition 50 a tous les attributs de la pistarde. A mesure que je hausse le rythme, elle ne se désunit pas. Quoiqu’un poil légère, la direction précise permet de bien placer l’auto en entrée de virage, tandis que le train avant s’agrippe à la trajectoire comme si les pneus étaient en velcro.
Le différentiel autobloquant se charge pour sa part de neutraliser le sous-virage en sortie, sans non plus assaillir le conducteur de remontées de couple dans le volant. Le côté vissé du train arrière, un peu lassant sur route, se révèle ici un atout précieux, notamment dans les enchaînements rapides comme les « S » du sanglier. Et les freins ?
Autant leur texture me dérangeait sur route, autant elle ne me perturbe pas sur circuit. Mieux : tour après tour, et malgré les températures estivales, la voiture tient le choc, que ce soit du côté des pneus ou des freins, qui ne broncheront jamais. Il faut bien sûr prévoir un tour de refroidissement tous les trois ou quatre tours lancés, mais ça reste fort raisonnable pour une auto de ce genre.

Volkswagen Golf GTI Edition 50 : des reproches ?

J’en vois deux : le manque de maintien des sièges dans ces circonstances ainsi que des messages intempestifs des aides à la conduite. Une fois les photos terminées, Christophe m’emmène pour un tour de manège en passager. J’essaie de faire mon intéressant en lui faisant part d’une impression : « Pourquoi elle devient plus mobile de l’arrière quand les pneus chauffent ? » La réponse du pilote ne se fait pas attendre : « Alors ça, c’est parce que tu ne vas pas assez vite ! »
Tandis que je ravale ma fierté, il précise : « Il y a beaucoup de voitures en pneus slicks sur la piste aujourd’hui (nous partageons effectivement le circuit avec des Ligier, BMW M1 Procar, Porsche 911 RSR et même… une F1 des années 90, NDLR), du coup tu ramasses leurs boulettes de gomme, mais elles restent collées à tes pneus. » Ah, c’était donc pour ça !
« Bah oui, regarde, avec moi, elle ne glisse pas ! » lance-t-il au moment où j’ai le museau écrasé contre la vitre latérale. C.Q.F.D. Arrivé au bout de la ligne droite opposée, le compteur indique 230 km/h. Heu, on ne vient pas de passer le panneau 100 m là ? Moi, je freine à 150 m, alors que Christophe « plante » les freins à 80 m puis jette l’auto dans le double droit du Buisson… et tandis que je nous voyais déjà dans le bac à gravier, ça passe (presque) large ! « Elle est étonnante, cette voiture, non ? » Et comment !

L'avis de Vincent Desmonts : 5/5

Cette Golf GTI Edition 50 manque d’un soupçon d’humour, avec son moteur qui charbonne et son train arrière collé par terre. Il n’empêche : entre ses performances musclées, son châssis rivé au sol et son freinage puissant, elle se révèle être une pistarde de la meilleure extraction !

Volkswagen Golf GTI Edition 50 : sa fiche technique

  • Moteur : 4 en ligne, turbo, 16 S
  • Position : AV, transversale
  • Cylindrée : 1 984 cm 3
  • Alésage x course : 82 x 93 mm
  • Rapport volumétrique : 9,3
  • Régime maxi : 6 700 tr/mn
  • Puissance maxi : 325 ch à 6 500 tr/mn
  • Puissance au litre : 164 ch/l
  • Couple maxi : 42,8 mkg à 2 000 tr/mn
  • Couple au litre : 21,6 mkg/l
  • Transmission : roues AV, 7 rapports à double embrayage
  • Autobloquant : de série, électromécanique
  • Antipatinage : de série, déconnectable
  • Suspension AV/AR : MacPherson, barre antiroulis/ essieu multibras, barre antiroulis
  • Direction : crémaillère, assistance électrique variable
  • Tours de volant/diamètre de braquage : 2,1/12 m
  • Freins AV/AR : disques ventilés et étriers flottants (2 pistons/monopiston)
  • Antiblocage : de série SCx/Cx : 0,731/0,329
  • Poids constructeur/contrôlé : 1 395/1 449 kg
  • Répartition AV/AR : 63/37 %
  • Rapport poids/puissance : 4,35 kg/ch
  • L - l - h : 4 728 - 1 984 - 1 354 mm
  • Empattement : 2 629 mm
  • Voies AV/AR : 1 545/1 519 mm
  • Réservoir : 50 l
  • Pneus : 235/35 R 19 (Bridgestone Potenza Race)
  • Prix de base : 57 100 €
  • Options/malus : 7 965/28 413 €
  • Prix du modèle essayé : 93 478 € (malus compris)

Retrouvez notre Supertest de la Volkswagen Golf GTI Edition 50 dans le Sport Auto n°775 du 31/07/2026.

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