Voyage au cœur du camion des ingénieurs
Accusant un poids de 35,5 tonnes sur la balance, le camion des
ingénieurs du Renault F1 Team est du genre impressionnant. C’est
une maison loin de la maison pour les membres de l’équipe, un
bureau roulant pouvant héberger une trentaine de personnes. C’est
ici, au sein de ce sanctuaire pour le débrief des pilotes, un
endroit silencieux qui permet aux ingénieurs de dépouiller les
données, que se prennent les décisions clé du week-end.
« Le camion est un quartier général lorsqu’il s’agit de
l’ingénierie de la voiture, » explique Mark Slade, ingénieur de
course de Vitaly Petrov. « Tout au long du week-end et jusqu’à la
course, c’est l’endroit vers lequel convergent toutes les
informations et dans lequel nous prenons toutes les décisions
importantes, surtout pendant les essais libres. Nous nous
concentrons alors sur les réglages de la voiture. »
Qui y prend place ? Chaque pilote dispose d’une équipe d’ingénieurs
qui surveille ses actions sur la piste. Celle-ci est composée d’un
ingénieur performance, d’un ingénieur systèmes, et de deux
ingénieurs moteur. L’ingénieur de course, lui, passe les séances
d’essais sur le muret des stands et dans le garage. Il revient
ensuite dans le camion échanger avec les autres. Afin de faire leur
travail convenablement, ils disposent d’une mosaïque d’écrans leur
permettant de suivre l’action.
« Chaque ingénieur utilise deux ordinateurs portables, simplement
parce que le nombre de logiciels à utiliser pour surveiller la
voiture est trop élevé pour une seule machine, » explique Jon
Marshall, ingénieur performance de Robert Kubica. «Nous disposons
donc de quatre moniteurs, deux par machine. Au-dessus, une autre
batterie d’écrans comprend la retransmission télé de la séance, la
page des chronos et celles des températures. Nous disposons aussi
d’une webcam dans le garage afin de surveiller la voiture sans
avoir à quitter le camion. Je pense qu’au total, ce dernier
comporte environ 60 écrans. »
Pendant les séances, les ingénieurs-système ont pour but de
s’assurer que tous les systèmes embarqués fonctionnent, tandis que
les ingénieurs-performance tentent d’extraire le maximum de ces
systèmes. S’ils détectent quoi que ce soit dans les données qui
pourrait améliorer la performance ou conduire à une panne, ils en
informent directement l’ingénieur de course par radio.
C’est par exemple leur analyse précoce qui a identifié la crevaison
lente de Vitaly Petrov à Silverstone. Ils ont immédiatement averti
le muret des stands et demandé de rappeler la voiture au garage
afin d’éviter une situation potentiellement dangereuse.
A la fin de chaque séance, les pilotes se rendent directement dans
le camion et ils débutent leur analyse des roulages. Avant même que
les ingénieurs ne commencent à dépouiller les données, ils écoutent
ce que les pilotes ont à dire car cela influencera leur travail
d’analyse.
« L’un des problèmes, lorsqu’il faut interpréter des chiffres et
des graphes, c’est que le pilote compense souvent les problèmes que
peut connaître sa voiture, » explique Mark Slade, « Du coup, les
données toutes seules ne suffisent parfois pas à mettre en avant
les problèmes rencontrés. Il faut savoir pourquoi un pilote est
passé de telle manière à tel endroit pour identifier les zones à
améliorer. »
Avec autant de données à analyser sur autant de tours bouclés, le
travail se rapproche-t-il de la recherche d’une aiguille dans une
botte de foin ? « Cela fait partie des astuces du métier », sourit
Jon Marshall. « Notre rôle consiste à se concentrer sur les
problèmes qui ont une réelle importance et sur les possibilités
d’amélioration. Nous disposons donc d’une liste qui nous permet de
balayer tous les systèmes majeurs de la voiture. »
Communiqué de presse Renault F1 Team.














