Interview exclusive de Vanina Ickx

Publié le 11 juin 2010 à 18:47
Mis à jour le 20 novembre 2020 à 20:11

Sportauto.fr : Avez-vous, sur cette course de 24 Heures, une préparation spécifique, physique et psychologique ?
Vanina Ickx : Je pense qu’on s’y prépare à travers toutes les courses que l’on peut faire en amont. Psychologiquement, c’est bien lorsque l’on a l’occasion de découvrir les gens, la voiture, les équipiers aux 8 heures du Castellet ou au 1000 Kms de Spa, je pense que c’est la meilleure préparation. Maintenant peut-être que les pilotes Peugeot, les pilotes de pointe ont un coaching particulier mental pour gérer cette course. Ce n’est pas mon cas. Ma préparation mentale, elle a lieu quand je me fais « mal » sur mon vélo à l’entrainement à la maison.
Sportauto.fr : C’est votre 6ème participation aux 24 Heures du Mans, vous avez encore des choses à apprendre de cette course ?
Vanina Ickx : J’ai l’impression qu’à chaque participation, c’est ma première fois. Evidemment ça se ressent moins au volant de la voiture, mais ça me fait toujours le même effet quand j’arrive au circuit le lundi matin, quand je fais un premier tour de piste de reconnaissance, que je croise mes collègues pilotes, que je rencontre les écuries, cela me fait toujours vibrer de la même façon. Evidemment je suis chaque fois plus riche d’une expérience, des pièges dans lesquels je suis tombé ou que j’ai pu éviter, mais l’approche est toujours la même, c’est toujours aussi magique.
Sportauto.fr : Un pilote a souvent un caractère fort, un peu égoïste, une équipe dédiée, comment se prépare t-on à une course d’équipe, comment fait-on naître la confiance avec les 2 pilotes avec lesquels vous allez partager le volant?
Vanina Ickx : J’ai la grande chance qu’en dehors de la voiture, Franck (Mailleux), Pierre (Ragues) et moi nous nous entendons bien, l’ambiance est vraiment très sympa, on se respecte les uns les autres, on a un bon sens de l’humour qui nous unit, c’est toujours assez amusant de voir que des gens qui n’ont pas forcement d’affinités au départ arrivent à mettre leur cause en commun le temps d’une course. On ne peut pas faire autrement car c’est une course d’équipe on se passe les relais à chaque fois que l’on change de pilotes on cout pour une course commune, pour un résultat commun et c’est étonnant de voir comme cela se passe bien avec des gens avec qui au départ on avait aucun atome crochu. Mais c’est très important pour moi de ne pas voir cette tendance d’égo démesuré. Si j’avais un défaut cela serait plutôt l’inverse, de ne pas en avoir assez, j’adore apporter ma pierre à l’édifice.
Sportauto.fr : Avec votre expérience du Mans, avez-vous un rôle de conseiller vis-à-vis de vos équipiers ?
Vanina Ickx : Non car mes équipiers sont au niveau, ils connaissent les pièges et sauront les éviter. S’ils me demandaient conseil, je leur dirai volontiers, mais ils n’en n’ont pas besoin.
Sportauto.fr : Il y a eu des petites modifications de règlements entre les moteurs diesel et essence, pensez vous qu’moteur essence puisse vaincre au Mans ?
Vanina Ickx : Vaincre, cela me semble vraiment difficile, il faudrait vraiment beaucoup de chance pour nous et de malchance pour eux pour que cela se produise, car outre le règlement dont on parle tout le temps qui favorise ou non les diesels, ils sont extrêmement bien préparés. Leur volonté a chacun, c’est de gagner, ils mettent les moyens qu’il faut, les ressources humaines, des équipes techniques, ce n’est pas le cas d’un structure privée, comme la nôtre, notamment. Même si nous avons une excellente qualité humaine dans cette équipe aussi, on n’a pas les moyens qu’ils ont pour rivaliser.
Sportauto.fr : Mais une structure privée se doit de faire de bons résultats pour perdurer
Vanina Ickx : Ah mais c’est le cas, nous ce que l’on vise c’est la place de premier des essences.
Sportauto.fr : Vos bons et moins bons souvenirs au Mans.
Vanina Ickx : Moins bon souvenir, c’est 2001 ma première participation, ou je me suis fais piéger par la pluie en partant en aquaplaning dans la ligne droite des Hunaudières, après le Tertre rouge. Pas de gros dégâts sur la voiture mais juste assez pour casser une biellette de suspension et ne pas pouvoir ramener la voiture au stand. Ca pour une première participation c’est un peu très frustrant et décevoir toute une équipe c’est vraiment un rôle que je n’aime pas jouer. Le très bon moment c’est l’arrivée en 2008 avec cette Pescarolo du team Rollcentre. C’est le sentiment de la mission accompli. Martin short est le premier à m’avoir donné cette chance en proto, car la porte ne s’ouvre pas facilement pour les femmes.
Sportauto.fr : C’était une 11ème place un joli résultat au Mans.
Vanina Ickx : Oui, ce qui est curieux c’est qu’on fait une course parfaite, et l’année précédente avec une course comme celle là, on aurait finit 4ème ou 5ème, cette année 2008 personne n’a abandonné, mais indépendamment de la place, c’est un très très bon souvenir.
Sportauto.fr : Ressent-on la présence du public ? Est-ce une force supplémentaire notamment la nuit dans certains virages moins rapides ou quelque soit les conditions climatiques de voir la foule qui reste massée ?
Vanina Ickx : C’est galvanisant, on les sent tout au long de la semaine. On les croise la première fois sur la place des Jacobins au contrôle technique et puis on les voit arriver au fur et à mesure de la semaine aux premiers essais, on les verra encore vendredi à la parade des pilotes. C’est vraiment particulier au Mans qu’il y ait autant de contacts, de passionnés, d’échanges entre pilotes, Team et spectateurs. C’est vrai que lorsque l’on est sur la piste on sent qu’on est regardé, que l’on est sous feux des projecteurs. C’est d’autant plus chouette que les courses d’endurance ont tendance à être un peu délaissé. On tombe rarement devant autant d’yeux.
Sportauto.fr : Y-a-t-il des endroits du circuit que vous affectionnez et d’autres ou vous êtes moins a l’aise ?
Vanina Ickx : Je crois qu’il faut de toute façon pas mal de temps pour être à l’aise sur ce circuit, car comme je disais il ne permet l’erreur, donc ça se construit. J’adore la partie après Mulsanne vers Indianapolis jusqu'à Arnage, je trouve ça très sympa, J’aime bien le « s » de la Chapelle vers le Tertre rouge, j’aime beaucoup moins les chicanes dans les Hunaudières, qui n’apportent rien et je ne suis pas bien non plus dans le freinage de la courbe Dunlop, c’est encore un truc que ne me vas pas, pour lequel je ne suis pas encore au point.
Sportauto.fr : Ultime question, votre futur proche après le Mans ?
Vanina Ickx : C’est un point d’interrogation, sinon celui de continuer la fin du Le Mans Series avec l’équipe Signature.
Propos recueillis par Christophe Alba

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