GP d'Italie Présentation technique avec Pat Symonds
Monza est le seul circuit très rapide du championnat, puisque
Hockenheim a été largement modifié la saison dernière. Pour évoquer
ce circuit mythique et très particulier, c'est Pat Symonds,
Ingénieur en chef chez Renault, qui s'y colle !
"Quoi que l'on puisse en dire, Monza est et restera un circuit
privilégiant la puissance." confirme l'anglais. "C'est simple : 70
% du tour s'effectue à plein régime, 13,3 % en freinage et 16,7 %
en virage. Ces chiffres sont éloquents : ils prouvent combien il
est important d'être performant en ligne droite. Il faut beaucoup
de puissance et des réglages réduisant au minimum la traînée. La
semaine dernière, en ajustant notre package « faibles appuis »,
nous avons pu essayer nombre de combinaisons et nous avons
identifié celui que nous estimons être le meilleur compromis entre
une traînée basse, des appuis raisonnables et une bonne
stabilité."
"Ces chiffres démontrent également que l'on passe pratiquement
autant de temps en freinage qu'en virage. A Monza, on travaille
énormément sur les freins, et pas seulement parce que le circuit
est très exigeant dans ce domaine. Non, en fait, nous savons qu'il
y a des centièmes à y grappiller
"
"Pour garantir l'efficacité des freins, il y a un passage obligé :
le refroidissement. Mieux ils sont refroidis, plus le taux d'usure
est bas sur la longueur de la course. De cette façon, les freins
deviennent plus réguliers, ce qui multiplie vos chances de franchir
la ligne d'arrivée. Si améliorer le refroidissement signifie avoir
une moins bonne traînée, en élargissant un peu les conduites par
exemple, c'est un sacrifice que nous sommes prêts à faire."
"Pour ce qui est de la performance pure, les freins requièrent
beaucoup de mordant au début des freinages forts, et ce malgré les
refroidissements imposés par les longues lignes droites. Mais ils
doivent aussi conserver leur efficacité tout au long de la phase de
freinage, ne pas faiblir et préserver l'équilibre entre l'avant et
l'arrière. Si on emmène des appuis réduits, la stabilité au
freinage est absolument indispensable. En plus d'améliorer le temps
au tour, elle augmente les chances de boucler la course. Une bonne
stabilité est souvent synonyme de performance et les pilotes en ont
besoin pour enchaîner des tours rapides en course."
"Comme vous pourrez le comprendre, les compromis que réclame Monza
en font un circuit très compliqué au niveau des réglages, ce qui
est assez troublant pour un tracé en apparence si simple. Par
exemple, en entrée de courbe, il faut une bonne manoeuvrabilité.
C'est un facteur toujours très important, mais à Monza, c'est
doublement le cas. D'abord, la monoplace a très peu d'appuis, ce
qui la rend naturellement très instable. Ensuite, les phases de
freinage sont particulièrement violentes. Enfin, en plus de devoir
transférer les masses en souplesse malgré les conditions difficiles
pour faciliter le passage en courbe, la monoplace doit bien
franchir les vibreurs en entrée et en sortie de virage."
"Parce que les vibreurs sont de véritables juges de paix du tracé.
A Imola, nous avons senti la voiture un peu en dessous de ce que
l'on pensait sur le franchissement des vibreurs. Depuis lors, nous
avons beaucoup travaillé dans ce domaine. Les résultats sont plutôt
bons. Il reste certes pas mal de pain sur la planche, mais nous
avons effectué d'énormes progrès depuis le début de la saison."
"Bizarrement, alors que c'est un circuit à haute vitesse et à
traînée réduite, Monza ne favorise pas forcément les déplacements.
Il est même particulièrement facile de protéger sa position dans
les lignes droites. Dans la Parabolica, la deuxième partie de Lesmo
ou la portion finale de la chicane Ascari, il est presque
impossible de suivre une voiture de près pour tenter de la sauter
au virage suivant. Par le passé, on a même vu des voitures emmenant
des appuis élevés et des vitesses de pointe basses résister
farouchement à leurs poursuivants. Au bout du compte, le tracé
permet de privilégier une stratégie défensive et de bien s'en
sortir."
"Traditionnellement, Monza a toujours vu des courses à un seul
arrêt, le poids du combustible ne représentant pas un grand
handicap (dix kilos de combustible représentent 0,3s de perdus sur
le temps au tour)." conlut Symonds. "Cependant, avec la nouvelle
réglementation, c'est quasiment sûr que tout le monde passera à
deux.














