Dakar 2004 C'est parti
Avec le passage aux vérifications des écuries Mitsubishi, Nissan
et Schlesser-Ford en auto, et des équipes officielles KTM en moto,
le 26ème Telefonica Dakar a connu une veillée d'armes digne des
promesses annoncées. Si tout un chacun joue avec prudence et
lucidité la carte de la modestie et de l'humilité devant les grands
espaces africains, les rêves de podium dakarois sont cependant
clairement affichés chez la plupart des concurrents de pointe. Et
la règle non écrite qui veut que, chaque année, voitures, motos et
camions soient encore plus beaux et plus impressionnants n'a pas
connu d'exception. On n'attend plus désormais que de les voir en
action. Ce sera chose faite dès demain jeudi, à partir de midi,
avec le prologue tracé à quelques encablures de la Grande Halle
d'Auvergne.
Chez KTM, si tout le monde affiche (pour l'instant ?) une
décontraction évidente, elle ne s'exprime pas de façon identique.
Chez Richard Sainct (N°1), trois fois victorieux (1999-2000-2003),
c'est une prolixité à laquelle on est peu habitué, et qui
s'explique peut-être simplement par le fait que « je ne me sens pas
encore dedans. Mais dès demain, avec le prologue, ce sera
complètement différent
» Pour Fabrizio Meoni (N°3), c'est
carrément : « Moi je cours dans la catégorie vétérans (il fête
aujourd'hui ses 46 ans), les organisateurs devraient m'accorder une
1h1/2 d'avance ! »
Le double vainqueur (2001-2002) devient plus sérieux quand on
aborde le sujet de la KTM bicylindre, que l'Américain Paul Krause
(N°17) et lui-même sont les seuls à piloter cette année : « Ca
n'est pas vraiment que je la préfère à la mono. Elle est meilleure
ici, mais moins bonne là. C'est surtout que c'est ''ma'' moto. J'en
ai assuré tout le développement, et je ne trouverais pas logique
d'arrêter. Maintenant, il ne me reste qu'à espérer que le terrain
de ce Dakar lui sera favorable et que j'aurai de la chance
mais
ça, ce n'est pas moi qui en décide ! »
La synthèse la plus importante, c'est sans doute Cyril Després
(N°2), deuxième en 2003 et Champion du Monde des Rallyes
Tout-terrain en titre, qui la formule : « Ce qui est génial, c'est
que KTM nous laisse la bride sur le cou. Ils savent que la
compétition ne vaut que si elle est réelle, et notre statut de
super-favoris ne signifie nullement une absence de bagarre, bien au
contraire. »
En auto, la journée était placée sous le signe du rouge, Mitsubishi
et Nissan, les rivaux japonais, arborant des couleurs étonnamment
similaires. Les premiers, inamovibles tenants du titre depuis 2001,
font montre d'une sérénité éminemment ''zen'' : « L'auto est encore
mieux que l'an dernier, le moteur est plus puissant, commente
Stéphane Peterhansel (N°203), et, pour ma part, la déception de
2003 est oubliée. Je suis seulement encore plus motivé ! » Promue
assistance hyper-rapide au volant d'un Pajero ''non Evo2'', Andrea
Mayer (N°211) est ravie : « Il y a une super ambiance dans
l'équipe
et, comme je suis persuadée que ni ''Peter'', ni Masuoka,
ni Biasion ne connaîtront de problème mécanique, je crois que je
peux viser une belle place ! »
Chez Nissan, le Brésilien Ricardo Divila, ''project manager'',
explique que la voiture est très différente de celle de l'an
dernier, mais pas encore autant qu'il l'aurait voulu : « Nous
sommes présents sur tellement de fronts que le temps a manqué. Il y
a un an, l'auto se devait d'avoir un look identique au pick-up de
production. Nous avons réalisé qu'ainsi, il était illusoire
d'espérer rivaliser en vitesse de pointe avec les Mitsu Evo. La
nouvelle voiture est très différente, et nous avons notamment gagné
plus de 20 km/h, mais elle n'est pas aussi ''extrême'' que je
l'aurais souhaité. Ce qui m'intrigue, c'est que, dans le même temps
où nous avons jugé indispensable d'avoir un énorme aileron arrière,
Mitsubishi a remplacé le sien par un simple becquet ? »
Reste à savoir si le bleu des Schlesser-Ford, vedettes de la fin de
journée, sera à même d'occulter tout ce rouge. Ou encore le bleu
plus foncé de VW, voire le blanc de BMW. Tout petit début d'élément
de réponse dès aujourd'hui avec la première étape...
D'aprés un communiqué de presse














