Isack Hadjar : le Français peut-il déjouer "la malédiction Red Bull" dès 2026 ?
Promu chez Red Bull aux côtés de Max Verstappen en 2026, Isack Hadjar sera-t-il en mesure de briser la "malédiction" qui pèse parfois sur les jeunes pousses de la F1 jetées trop tôt dans l'arène du taureau rouge ?
Avec le drapeau à damier
abattu sur la saison 2025, place déjà à la prochaine
campagne qui s'annonce ô combien cruciale pour la F1 dont le
bouleversement technologique, du look des
monoplaces aux caractéristiques des
groupe-propulseurs, va façonner son avenir
jusqu'au terme de la décennie.
Parmi les meilleurs débutants de 2025,
Isack Hadjar a d'ores et déjà réussi son
entrée dans le grand cirque. Désormais propulsé dans le baquet de
l'écurie-mère, le Français fait face à de nombreux défis pour
sa deuxième saison dans le championnat du monde. Alors,
cadeau du ciel ou calice
empoisonné ?
Isack Hadjar : quels atouts pour réussir chez Red Bull ?
Avec 51 points marqués sur 23 Grands Prix
disputés (moins l'Australie et sa sortie de piste
dans le tour de chauffe), Hadjar a
clôturé 2025 avec une moyenne de 2,2 unités par
course et la 12ème place au classement des
Pilotes, à seulement cinq points du top 10 complété par
Fernando Alonso.
Aux yeux de bon nombre d'observateurs, ses performances ont suffi à
faire d'Hadjar le "meilleur débutant" de la
saison, bien que, sur papier, ce titre honorifique
revienne à Kimi Antonelli, mieux classé (7ème)
avec 3 podiums et 150 points.
A la différence
que l'Italien pilotait une machine du top - avec,
il est vrai, la pression de défendre les couleurs d'une
écurie d'usine comme Mercedes - là où le Français a dû
batailler avec une Racing Bulls cantonnée
plutôt au second peloton.
Au-delà des chiffres, la pointe de vitesse et la
solidité d'Hadjar ont rapidement surpris le
paddock, sa cote d'amour auprès de Red Bull grimpant en
flèche en même temps que son compteur-points.
Désormais sur orbite à Milton Keynes au détriment de Yuki
Tsunoda, le jeune homme de 21 ans sera forcément
attendu au tournant. Mais là où la promotion-éclair du
pilote japonais à la place de Liam Lawson avait
tout du cadeau empoisonné, l'arrivée d'Hadjar à
l'aube d'une nouvelle réglementation peut jouer en sa
faveur.
D'abord parce que la F1 change de visage en 2026.
Et bien que les écuries travaillent d'arrache-pied
depuis des mois pour appréhender ces changements, bon nombre
d'inconnues subsistent encore sur comment les monoplaces
2026 seront, facilement, ou non, apprivoisables
par leurs titulaires en conditions réelles.
Autre possible atout : il débarque dans une
écurie Red Bull remaniée. Entre les
départs de plusieurs cadres-clés, l'arrivée de
Laurent Mekies, et le regain de confiance de
Verstappen, l'écurie anglo-autrichienne a entamé sa
mue, comme libéré du poids de
l'héritage bâti par les Newey, Horner et autre Marko,
annoncé partant après Abou
Dhabi.
Ce nouvel élan, Hadjar peut le transformer en
force pour mieux faire son trou dans un
organigramme encore inconnu, où les attentes seront
forcément élevées et les comparaisons établies. Mais l'entame de
ce nouveau chapitre peut lui donner ce
temps d'adaptation nécessaire que Tsunoda, Lawson,
et d'autres, n'ont guère eu sous l'ancienne hiérarchie.
Isack Hadjar : quels dangers le guettent au coin du vibreur ?
Pour rebondir sur le volet précédent, les bouleversement
techniques attendus en 2026 contient aussi leur lot de
défis. Comment Hadjar s'adaptera-t-il au comportement de la
future RB22 ? Les nouveaux pneus revus par
Pirelli lui conviendront-ils, tout comme le nouveau
système d'aérodynamique active ? Quid du
niveau de compétitivité affiché par le
premier moteur conçu par Red Bull
Powertrains en collaboration avec
Ford ?
Quoi qu'il arrive, sa jeune expérience de la F1 sera mise à
rude épreuve dans un team déterminé à entamer ce
nouveau cycle du bon pied. Ce qui nous amène au
deuxième "danger" qui le guette chez RB :
Verstappen, son nouvel équipier, certes, mais
aussi rival, point de référence, et,
inévitablement, de comparaison.
Car ils sont nombreux, ces dernières saisons, à avoir cru
en leur chance avant de finir "piétinés" par le
Néerlandais. Car le constat est là, implacable : à l'exception
peut-être de Daniel Ricciardo (qui a fait illusion
pendant deux saisons avant de marquer le coup en 2018)
et Sergio Pérez (non-membre de la filière Red
Bull, condamné à jouer les "porteurs d'eau" durant quatre ans de
hauts et de bas), tous ses équipiers promus depuis la
filière du taureau rouge s'y sont "cassés les dents", de
Carlos Sainz Jr. à Yuki Tsunoda en passant par Pierre Gasly, Alex
Albon et Liam Lawson.
Qu'en sera-il pour Isack Hadjar, propulsé sur
le terrain de Verstappen avec une unique saison dans les
pattes et dans un contexte encore inconnu
? L'avenir nous le dira, mais le Français a démontré posséder
quelques fameux atouts dans sa manche de
combinaison pour entamer ce nouveau défi.
A lui de les utiliser judicieusement et sans brûler les
étapes dans une écurie dont le nouveau
visage pourrait lui fournir le terreau
nécessaire pour un apprentissage plus serein, sans une
"épée de Damoclès" pesant sans cesse au-dessus du casque.















