Juge de paix ou crève-coeur : comment les F1 2026 vont-elles se comporter à Spa ?
Spa-Francorchamps, hôte du Grand Prix de Belgique de F1, sera-t-il encore le fameux "juge de paix" que les pilotes trépignent d'impatience de dompter ? La réalité de 2026 pourrait en partie saper ces espoirs...
Presque chaque saison depuis 1950, et plus encore depuis sa reconfiguration à partir de 1979, Spa-Francorchamps fait partie de ces circuits à marquer d'une pierre blanche au calendrier. Le genre de tracé dont les défis "différencient les hommes des petits garçons" derrière le volant d'une monoplace de Formule 1, comme on disait dans le temps. Mais les nouvelles machines 2026 pourraient, comme sur d'autres circuits depuis l'entame du championnat, altérer quelque peu ce sentiment...
Spa 2026 : juge de paix ou crève-coeur ?
En cause : les nouveaux groupe-propulseurs, dont la répartition
d'énergie fixée à 50/50 (pour le moment) va logiquement limiter le
déploiement de puissance des monoplaces sur un tracé parmi les plus
rapides et demandeurs en chevaux de toute la saison.
L'équation est simple : sur les trois secteurs du circuit, deux se
franchissent quasiment à pleine charge des moteurs. En résumant
grossièrement, le premier s'étale entre le virage de la Source et
le freinage des Combes, et le troisième de la sortie du virage de
Stavelot au freinage appuyé de la chicane du Bus stop.
Entre les deux, le secteur 2 de la descente entre Malmedy et le
pif-paf des Fagnes demandera aux pilotes de régénérer l'énergie de
la batterie (fixée à 350 kWh) déployée dans la montée du Raidillon
de l'Eau Rouge et du Kemmel.
Autrement dit : le double-gauche du Pouhon, tant apprécié des
pilotes qui le passaient à fond ces dernières saisons, pourrait
être réduit à une "zone de recharge" afin de gaver à nouveau la
batterie du moteur, et ainsi s'assurer de disposer de suffisamment
de chevaux pour boucler le tour en minimisant le super
clipping dans la ligne droite de Blanchimont.
Spa 2026 : qu'en disent les pilotes ?
Interrogés sur le sujet en marge de la dixième manche de la
saison F1 2026, certains des titulaires ne se montrent guère
optimistes quant aux challenges de pilotage dont Spa est coutumier
depuis longtemps.
"Si l’on déploie les ailerons sur ces deux lignes droites
[Kemmel et Blanchimont, ndlr.], ce qui constitue le déploiement
optimal, il y a alors une minute sur le secteur 2 où il n’y a
absolument aucun déploiement", explique Fernando Alonso (Aston
Martin) dans des propos repris par The-Race. "Et sans aucun
déploiement, nous disposons d’une puissance nettement inférieure à
celle de l’année dernière, et inférieure à celle de la F2. C’est ce
qui se passe lorsque l’on réduit le déploiement."
Du côté
de Max Verstappen, le Belgo-néerlandais affirme toujours autant
"adorer Spa" mais "ce sera encore une épreuve difficile, ne
serait-ce que sur le plan de l'énergie déployée". Quant à
Oscar Piastri, le pilote McLaren va jusqu'à prédire que "Spa et
Monza vont être des courses tristes". Gageons qu'on en
saura plus après le premier roulage de ce vendredi sur le "toboggan
des Ardennes"...















