Disparue depuis 15 ans, cette supercar britannique et son V10 de 600 ch reviennent… avec seulement cinq exemplaires
Quinze ans après la disparition de Bristol Cars, le spectaculaire Fighter et son V10 8,0 litres font leur retour. Seulement cinq châssis d’époque doivent être achevés.
On pensait le Bristol Fighter rangé pour de bon dans les garages de collectionneurs. Quinze ans après l’arrêt brutal de sa production, cette supercar V10 aux portes papillon s’offre pourtant un retour très discret, presque confidentiel, qui intrigue autant qu’il fascine les amateurs de belles mécaniques.
Pour marquer la nouvelle vie de Bristol Cars, son propriétaire Paul King a choisi ce modèle culte comme carte de visite. Quelques châssis restés en sommeil vont enfin être terminés, dans l’esprit d’origine, alors que la marque fête ses 80 ans. Reste une question : ce come-back sera-t-il un simple clin d’œil nostalgique ou le début d’une vraie renaissance ?
Bristol Fighter : de la disparition à la série ultra-limitée
Lancé au milieu des années 2000, le Bristol Fighter était déjà un OVNI : coupé à portes papillon, fabrication artisanale, positionnement très exclusif. Il a aussi été le dernier modèle produit avant que Bristol ne soit placé sous administration en 2011, dans le sillage de la crise financière. On estime qu’à peine une petite quinzaine d’exemplaires ont été construits, dont seulement neuf encore immatriculés au Royaume-Uni en 2026.
La relance passe par cinq voitures additionnelles, assemblées à partir de châssis restés inutilisés depuis l’époque. Les ingénieurs reprennent les plans et de nombreuses pièces d’origine pour reprendre la production exactement là où elle s’était arrêtée, avec une homologation individuelle (IVA) et une immatriculation correspondant à 2008, année où ces exemplaires sont techniquement considérés comme ayant été construits. Le premier exemplaire, noir avec intérieur tabac, doit être présenté à Salon Privé, les quatre autres étant proposés en conduite à droite ou à gauche, avec un niveau de personnalisation très poussé. À l’époque, un Fighter coûtait déjà autour de 235 000 £ (environ 273 000 €) ; les nouveaux devraient se négocier bien au-delà, auprès d’un cercle minuscule de collectionneurs.
Sous le capot du Bristol Fighter : un V10 à contre-courant
Derrière ce retour se cache un choix radical : conserver le gigantesque V10 8,0 litres d’origine Dodge Viper. La version standard développe 525 ch, une option porte la puissance à 600 ch, pour une vitesse de pointe annoncée à plus de 210 mph, soit plus de 330 km/h. Dans un paysage dominé par l’hybride et l’électrique, ce gros moteur atmosphérique fait figure d’anachronisme assumé, pensé pour le plaisir pur plutôt que pour les grammes de CO₂.
Le design reste fidèle aux inspirations aéronautiques de la marque Bristol, issue de la Bristol Aeroplane Company. Les lignes évoquent un avion de chasse, les portes papillon renforcent cette impression de cockpit, et l’habitacle reste fabriqué à la main. Un partenaire industriel britannique doit accompagner la construction, chaque client pouvant façonner sa voiture comme une pièce unique ; les cinq exemplaires ne se ressembleront probablement pas.
Qui orchestre le retour de Bristol Cars ?
Selon Paul King, propriétaire de la marque, "Relancer Bristol Cars, c'est bien plus que ranimer un nom ; il s'agit de faire revivre l'esprit d'une marque qui s'est toujours tenue à part. Bristol a une histoire remarquable, depuis ses racines dans l'aviation et l'ingénierie jusqu'aux voitures extraordinaires et exclusives qu'elle a créées. Nous voulons honorer cet héritage tout en offrant à Bristol un avenir tout aussi distinctif… C'est le début du retour de Bristol, et il y a encore beaucoup à venir." Le Fighter sert ainsi de pont entre ce passé singulier et une nouvelle gamme prévue pour les prochaines années.
La présidence a été confiée à Richard Hackett, qui avait travaillé aux côtés de l’emblématique patron Tony Crook. Il parle d’"un privilège immense", signe que l’équipe entend respecter l’ADN maison : petite structure, sélection rigoureuse des clients, voitures différentes de tout le reste du marché. Dans un contexte où les supercars de niche se vendent très bien à une poignée d’acheteurs fortunés, ce retour du Fighter vise autant à célébrer une légende qu’à tester l’appétit pour les futures Bristol prévues dans les prochaines années.














