F1 - Renault ne peut pas faire mieux cette année

Le rachat tardif de Lotus et le manque de moyens de l'équipe empêchent Renault de briller cette année. Le processus de restructuration prendra du temps.
Renault est en fond de classement depuis le début de la saison.
L'équipe n'a marqué des points qu'à Sotchi et elle se bat souvent
pour ne pas être éliminée en Q1. Le rachat tardif de Lotus, avec
une monoplace à la base prévue pour accueillir le moteur Mercedes,
empêche de faire mieux.
« Le châssis a été conçu pour le moteur Mercedes, avec le
poids du moteur Mercedes, l'équilibre du moteur Mercedes, le
système de refroidissement du moteur Mercedes, la distribution des
masses pour le Mercedes, la boîte de vitesses pour le Mercedes, et
nous étions déjà dans une lutte contre le temps (pour les essais
avant le début de la saison), » a expliqué Frédéric Vasseur,
le team manager de Renault, à Autosport.
« A un moment, il a fallu y mettre le (V6) Renault, nous
avions deux semaines pour le faire si nous voulions être à
Barcelone (pour les essais). Nous ne pouvons pas nous plaindre
aujourd'hui, nous savions très bien en reprenant l'entreprise fin
décembre que ça serait très dur. »
Renault a aussi payé le manque de moyens de Lotus : « Le
châssis était probablement très bon en janvier 2015, mais il n'a
pas été développé de toute la saison, parce qu'ils (Lotus)
n'avaient aucune ressource, » rappelle Vasseur.
« Et si on prend en compte que toutes les équipes progressent
de plus ou moins une seconde sur la saison, ça veut dire que nous
n'avons pas progressé durant la saison dernière, et nous n'avons
pas progressé durant l'hiver. Par rapport à janvier (2015), nous
avons perdu quelque chose comme 1,5sec. »
Les progrès prendront du temps
Depuis, les progrès dans les performances ont été peu visibles.
Renault doit d'abord restructurer l'usine d'Enstone pour avoir les
outils nécessaires.
« Nous connaissions parfaitement la situation en reprenant
l'entreprise (Lotus), le châssis est un processus à long terme,
parce qu'il faut d'abord investir dans l'entreprise, »
explique Vasseur. « Il ne faut pas oublier qu'Enstone a eu un
énorme manque d'investissement au cours des cinq dernières années.
Ca veut dire qu'avant de développer une chose et revenir, nous
devons faire ce genre d'investissements. »
« Nous pourrions nous concentrer sur la semaine prochaine,
nous pourrions tenter de décrocher le meilleur résultat, et pour
être sincère nous le tentons parce que nous voulons que tout le
monde reste sous pression, mais nous savions que la relance est un
processus très long, et ça ne sera pas avant 2017 ou 2018. C'est la
vie. »
Ce processus passe aussi par de nombreux recrutements. Jérôme
Stoll, le Président de Renault Sport F1 Team, a annoncé qu'une
centaine de personnes sera recrutée à Enstone cette année, et une
trentaine à Viry-Châtillon, l'usine moteurs.
Renault avait prévenu en début d'année qu'il n'y avait aucun
objectif sportif pour la saison actuelle. Les échéances fixées à
l'époque sont toujours en place et Stoll est certain que le
constructeur fait le nécessaire pour se battre à l'avant.
« Nous sommes engagés sur un programme de dépenses sur les
cinq prochaines années, et c'est suffisant pour faire de nous un
top team en Formule 1, » prévient-il.
« Notre annonce récente pour la fourniture de groupe
propulseurs à deux autres équipes de Formule 1 (Red Bull et Toro
Rosso) est bénéfique pour tous ceux impliqués. »
« L'an prochain, nous visons le top cinq au championnat des
constructeurs, l'année suivante nous voulons nous battre
régulièrement pour des podiums. D'ici 2020, nous voulons nous
battre pour le championnat avec le meilleur groupe propulseur et le
meilleur châssis du championnat. C'est ce que nous
visons. »














