F1 - Red Bull et Ferrari décryptent les stratégies

Les stratégies de Ferrari et Red Bull ont été déterminantes à Barcelone. Retour sur des choix surprenants pour Daniel Ricciardo et Sebastian Vettel.
Red Bull et Ferrari ont adopté les mêmes stratégies pour leurs
pilotes au Grand Prix d'Espagne. Max Verstappen et Kimi Räikkönen
n'ont fait que deux arrêts, alors que Daniel Ricciardo et Sebastian
Vettel en ont prévu trois. Les deux premiers ont pris l'avantage
sur les deux derniers. Ricciardo et Vettel ont payé cette
stratégie puis qu'ils n'ont pas pu remonter.
Ferrari a été la première a décidé de faire trois arrêts, en
faisant faire son dernier arrêt assez tôt à Vettel. Cela lui a
permis de doubler Ricciardo, mais il n'a pas pu revenir sur
Verstappen et Räikkönen.
Comme pour l'erreur stratégique de Melbourne, la Scuderia
tente de minimiser son impact, en assurant que c'est surtout
l'incapacité à doubler Max Verstappen qui a fait perdre la
victoire.
« Le problème n'a pas été la stratégie, le problème a été,
comme en qualifications, que nous n'étions pas assez rapides dans
le dernier secteur de la piste, dans les virages lents, » a
assuré Maurizio Arrivabene à Autosport.
« C'est dans la dernière partie de la piste que la Red Bull
gagnait beaucoup de temps, et Kimi ne pouvait revenir sur lui qu'à
la fin de la ligne droite. Donc ce n'était pas une question de
stratégie. La question, c'est, comme en qualifications, "Pourquoi
étions nous très, très lents dans le dernier secteur de la
piste ?" »
Une meilleure sortie de la chicane n'aurait peut-être pas suffit.
La situation était inverse entre Ricciardo et Vettel, et
l'Australien n'a pas pu doubler son rival malgré son avantage dans
ce domaine.
Arrivabene ne pense pas qu'inverser les stratégies entre les
pilotes aurait eu un gros impact, puisque Vettel aurait eu les
mêmes difficultés que Räikkönen à doubler
Verstappen: « Si nous avions inversé les stratégies,
Sebastian aurait probablement été dans la position de Kimi, »
estime Arrivabene.
Vettel avait pourtant déjà doublé Verstappen, avec un deuxième
arrêt tôt, mais il n'aurait peut-être pas fait cet arrêt si tôt
s'il n'en avait pas eu un troisième de prévu.
Il sait que sa stratégie l'a privé d'une chance de victoire
: « C'est très probable, oui, » a estimé l'Allemand
sur le site officiel de la F1, qualifiant même ce choix
de « pire stratégie » en conférence de
presse. « Nous avons été surpris de voir à quel point la
stratégie à deux arrêts était meilleure, » a-t-il ajouté.
Il assume la responsabilité de cette stratégie: « Avec le
recul on est toujours plus intelligent ! Je ne critique pas
l'équipe. C'était moi qui voulait ce choix (trois arrêts) et
attaquer en fait. Nous l'avons fait, et ça n'a pas
marché. »
Red Bull a calqué la stratégie de Ricciardo sur celle de Vettel
La situation est différente chez Red Bull. L'équipe avait
l'avantage, avec Daniel Ricciardo en tête. Elle a choisi de calquer
sa stratégie sur celle de Sebastian Vettel. Elle considérait que
l'Allemand était la principale menace pour la victoire et c'est
pour cela que c'est Daniel Ricciardo, mieux placé, et pas Max
Verstappen qui a fait un troisième arrêt.
« Nous nous disions qu'avec le champs libre, Sebastian semblait
être le plus rapide en piste à ce moment là, donc nous nous sommes
dits "Comment allons-nous battre Vettel ?" » a expliqué
Christian Horner, le patron de l'équipe, à Autosport.
« Séparer les stratégies au sein de l'équipe nous offrait les
deux options. »
Red Bull a visiblement prévu très tôt de séparer les stratégies
entre ses pilotes : « Les Ferrari sont très rapides cette année et
pendant les essais libres (en simulation de course), » souligne
Horner. « Ca allait forcément être dur de les maintenir derrière
nous. Avec le champs libre, ils avaient un petit avantage sur nous
mais c'est dur de doubler ici. »
« C'est pour ça que nous avons choisi de séparer les
stratégies parce que dans la deuxième phase, ou après les premiers
arrêts, le choix le plus rapide n'était pas évident, entre trois ou
deux arrêts. »
Un choix dur à anticiper
Red Bull ne savait pas si Max Verstappen aurait l'avantage. Il
s'est retrouvé en tête mais avec le risque de voir ses pneus se
dégrader.
« Ce n'était pas totalement clair, » précise Christian Horner. «
Nous savions que faire deux arrêts nous mettrait sous une grosse
pression à la fin de la course, au niveau de la
dégradation. »
Avant la course, Pirelli avait prévenu que faire trois arrêts était
en théorie plus rapide mais que cela obligeait à être dans le trafic. C'est
exactement ce qui s'est passé pour Daniel Ricciardo, qui a en plus
buté sur Sebastian Vettel, peu performant en pneus médiums : « Nous
avons souffert en pneus médiums, » déplore le pilote Ferari.
« Tout l'après-midi, ça a été les pneus les plus lents pour
nous. »
Horner pense que Ricciardo aurait pu avoir une chance de victoire
s'il avait pu dépasser Vettel : « Si Daniel avait réussi
à doubler Sebastian un peu plus tôt, il aurait clairement eu un
gros avantage de performance sur les deux premières
voitures, » estime Horner.
Vettel a cependant constaté que la dégradation des pneus médiums
était faible, ce qui permettait à Verstappen et Räikkönen de garder
un bon rythme: « Quand j'ai débuté le dernier relais en pneus
médiums, j'ai senti, après quelques tours, que je n'étais pas
vraiment plus rapide que les voitures de devant donc j'ai pu
constater moi-même que la dégradation n'était pas énorme en pneus
médiums, » analyse-t-il.
Ricciardo a de son côté crevé dans l'avant-dernier tour, à
l'arrière-gauche, ce qui l'a obligé à faire un quatrième arrêt.
Ricciardo a été surpris par la décision
Daniel Ricciardo n'a pas compris la décision de Red Bull,
surtout avec un troisième arrêt si tardif, qui a permis à Sebastian
Vettel, déjà passé par les stands, de le doubler également.
« Nous menions et ça nous tendait les bras, » a déclaré
Ricciardo à Autosport. « Nous avions la course entre nos
mains. Nous avons choisi une stratégie à trois arrêts, et nous
l'avons fait trop tard aussi. Seb a pu nous passer
devant. »
« On sait que nous manquons de vitesse et que c'est une piste
où les dépassements sont difficiles. Ca n'avait aucun sens, tout
simplement. Au début, je pensais que nous le faisions parce que
tout le monde allait faire (trois arrêts) mais ça n'a pas été le
cas. »
« C'est frustrant parce que nous avons gâché la victoire. Je
ne comprends pas pourquoi je suis celui... normalement celui qui
mène a la meilleure stratégie mais ça n'a pas marché. »
« Je ne veux vraiment pas passer pour un mauvais perdant, Max
a gagné (...) sa première course pour l'équipe. Quoi qu'il se soit
passé en piste, il a vu l'arrivée en tête. C'est une grande journée
pour lui, donc bravo. C'est sûr, je suis un peu amer (...), pas
contre Max, pas du tout, juste à cause de la situation. »














